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Votre conjoint au chômage ? Comment vous pouvez l'aider

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Sylvie Laidet

Du jour au lendemain, votre conjoint se retrouve à la maison, désœuvré, souvent avec une piètre estime de soi, pour peu que son départ ait été un peu tumultueux et/ou brutal. Nos conseils et pistes de réflexion pour l’aider à affronter cette transition professionnelle… sans que votre couple n’y laisse trop de plumes.

Ne le jugez pas

"Tu n’as envoyé que 4 candidatures aujourd’hui ?", "moi à ta place", "tu aurais dû, tu devrais, etc", autant de phrases qui indiquent que vous êtes dans le jugement, que vous vous placez en posture haute par rapport à votre conjoint en recherche d’emploi. « Vous devez au contraire rester dans une relation bienveillante de couple et pas dans un binôme tuteur et tutoré », insiste vivement Pierre Denier, dirigeant et fondateur du cabinet HLC Conseils. C’est à la maison qu’il (ou elle) devrait se sentir le mieux, le plus soutenu, et ce n’est pas toujours le cas. « En effet, le chômage n’impacte pas que celui qui a perdu son poste, mais toute la famille, conjoint, parents et enfants compris », précise-t-il. Même si vous aussi êtes aussi stressé par la situation, le (ou la) juger revient à écorner encore davantage son estime de soi, souvent déjà bien entamée.

 

Écoutez sa déception

Votre conjoint vient d’essuyer un énième refus ? Bannissez toute phrase du genre "un de perdu, dix de retrouvés". Ou "ce n’est pas grave, tu vas retrouver bientôt". Évidemment que pour lui (ou elle), ce refus est grave et la pilule dure à avaler. « Accueillez sa déception par une phrase du genre "je comprends que tu sois déçu car ce poste te plaisait vraiment. Est-ce qu’ils t’ont expliqué pourquoi tu n’étais pas retenu ? Qu’en penses-tu ?", illustre Anne-Laurence Duroselle, coach et consultante en accompagnement du changement. C’est à ce moment là que vous pouvez lui rappeler que cet échec ne remet pas en cause ses capacités à faire et qu’il conserve ses qualités intrinsèques. « Le conjoint a souvent un meilleur souvenir du candidat que le candidat lui-même. Il doit l’aider à se refaire le film de sa réussite. Par exemple en lui reparlant d’un prix remporté haut la main, d’un séminaire ou d’un projet rondement mené à bien… L’idée est de l’aider à se remettre dans l’action », recommande Ana Fernandez, dirigeante du cabinet Energycocaching

 

Jouez les facilitateurs

Il est tentant d’activer son réseau et de faire circuler le CV de votre conjoint, mais attention. « Si la demande ne vient pas du chercheur d’emploi, je crois que c’est une idée délicate que le conjoint prenne à ce point les choses en main. C’est le meilleur moyen de l’infantiliser et donc de le remettre dans une situation d’incapacité à faire les choses », prévient Pierre Denier. Donc plutôt que de vous imposer, demandez-lui comment vous pouvez lui être utile. Donnez-lui les contacts de personnes susceptibles de l’aider dans sa recherche d’emploi. Mais n’appelez pas à sa place. Laissez-le s’organiser et caler ses propres rendez-vous.

>>Dans un autre genre, la version cash de Benjamin Fabre : Comment mettre son conjoint au service de sa carrière

 

Déculpabilisez-le (ou la)

Ce n’est pas parce qu’il (ou elle) se retrouve au chômage qu’il doit tout faire à la maison. On oublie les phrases du genre "toi qui a maintenant le temps, va chercher les affaires au pressing !", "penses au cours de tennis des enfants et aux courses chez le primeur". « Le pire serait de l’enfermer dans un rôle domestique. Avec quelques ajustements bien sûr, le mieux est de conserver l’équilibre d’avant », conseille Anne-Laurence Duroselle. En tout cas, de ne pas tout lui coller sur le dos au prétexte qu’il aurait plus de temps. Cherchez un emploi, c’est un job à plein temps. Mettez-vous d’accord sur le fonctionnement de la maison pendant cette période transitoire. « Vous devez aussi accepter l’idée que votre conjoint dispose de 2 ou 3 heures par semaine pour se faire du bien et recharger les batteries. Le tout sans qu’il culpabilise », prévient Pierre Denier. Donc validez ensemble un planning (sportif, culturel, etc…) qui convienne à tout le monde. Vos rapports n’en seront que plus apaisés.

 

Ne jouez pas le coach

Contrairement à ce que vous pouvez peut-être penser, vous n’êtes sans doute pas le mieux placé pour l’aider dans sa recherche d’emploi. « En tout cas, le conjoint ne doit pas considérer qu’il est la seule personne capable de l’aider. Ne construisez pas de stratégie de recherche d’emploi dans le couple car, à un moment, viendra nécessairement l’heure des comptes. Encouragez-le (ou la) à travailler avec un tiers sur le sujet », conseille Pierre Denier. Un coach, une association d’aide au retour à l’emploi, le club emploi d’un réseau professionnel…

 

Racontez votre journée

Effectivement la vie familiale a changé mais votre vie à vous ne s’est pas arrêtée pour autant. « Continuez à raconter vos journées de travail. Il (ou elle) verra ainsi que tout ne s’est pas écroulé autour de lui (ou d’elle) », plaide Ana Fernandez.

 

Déclinez de petites attentions

Cela peut paraître un peu fleur bleue, mais c’est dans ces moments-là que l’autre doit se sentir le plus soutenu et aimé. « Le matin avant de partir, lui laissez des post-it souhaitant "bonne journée", ou "j’ai confiance en toi", et même une carte avec une citation positive. L’air de rien, ces petites attentions dopent l’estime de soi », argumente Pierre Denier. Montrez-lui au quotidien, que vous êtes à ses côtés.

 

Vous avez déjà vécu cette situation ? Racontez-nous en commentaires quelles ont été vos difficultés et comment vous les avez surmontées.

16

commentaires

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Alex

03/05/2017

à 22:12

J'adhère à 100 % à ces conseils !! Mon conjoint l'a compris peu à peu car je réagissais mal à ses tentatives d'aide par les conseils qui pourtant étaient avisés.

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Kortes

03/05/2017

à 10:54

Bonjour , cela fait la 3 ème fois que je suis en recherche d emploi et c est vrai que cela n est pas évident pour sois et pour les autres car on a l impression de ne pas être à la hauteur donc tout soutient est bon à prendre .. et au delà de ça si il n y a que le travail qui compte entre un couplé alors vaux mieux pas continuer ...

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so

31/01/2017

à 15:10

Bonjour

je réagis un peu tard mais souhaiterais faire part de mon experience
Je m'implique depuis peu dans l'associatif et je considère que c'est vraiment une aventure gagnant gagnant
D'abord parce que les associations ont besoin de benevoles et que lorsque nous sommes en activité , cette implication n'est pas simple.
Le bénévolat me pousse a sortir de chez moi, a structurer mon emploi du temps, a rencontrer des personnes a me sentir utile à decouvrir des secteurs d'activités ...
Ces personnes que je rencontre me permettent aussi de faire evoluer mon reseau professionnel, de prendre d'autres contacts dans d'autres contextes...
Aujourd'hui j'interviens aupres d'enfants en difficultés scolaires, mais beaucoup de possibilités parfois en lien avec nos competences peuvent s'offrir dans cet investissement dans l'associatif...
Pour ma part, c'est un cercle vertueux...

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Delphine

22/06/2017

à 14:36

certes, mais on peut parfois avoir besoin de deux salaires pour faire vivre la famille...

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cyril

15/12/2016

à 00:25

bonjour,
je conseille l'association Solidarités Nouvelles contre le Chômage (SNC) qui m'a bien aidé. Elle propose un suivi et des conseils par un binôme. Ce sont des personnes en activité avec beaucoup d'expérience ou en retraite depuis peu. Il faut prendre RDZ sur le site internet de SNC.

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yannick1383

14/12/2016

à 12:38

Tout cela est bien entendu fort juste mais dans la réalité, tout se complique très rapidement, aussi rapidement que les aides financières permettant de survivre ou que les amis.
Après avoir épuisé les deux ..., je me suis retrouvé totalement démuni, aussi bien financièrement que psychologiquement. Mon conjoint, tout aussi extraordinaire soit-elle, a pu sauver notre couple et nos enfants mais elle n'était pas psy+recruteur+employeur+amie+banquier...
Le soutien extérieur est indispensable et en l'occurrence, c'est une association de chômeurs extraordinaire qui m'a littéralement sauvé, juste par l'écoute et l'échange.

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AF

14/12/2016

à 19:34

Merci pour votre témoignage.
Mon mari a perdu son emploi.
Pouvez-vous SVP me donner les coordonnées de cette association qui vous a tant aidé.
Je vous en remercie par avance.

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yannick1383

16/12/2016

à 13:36

Bien sur: Solidarités Nouvelles contre le Chômage (SNC). J'ai bénéficié de leur soutien via l'antenne d'Aix-en-Provence mais ils sont présents nationalement. Rien que la première rencontre avec eux m'a fait beaucoup de bien. Un soutien extérieur de qualité est indispensable pour ne pas faire porter au conjoint (et aux enfants) l'impossible poids de la situation.

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En réponse à AF

yannick1383

16/12/2016

à 09:16

Bien sur: Solidarités Nouvelles contre le Chômage (SNC). J'ai bénéficié de leur soutien via l'antenne d'Aix-en-Provence mais ils sont présents nationalement. Rien que la première rencontre avec eux m'a fait beaucoup de bien. Un soutien extérieur de qualité est indispensable pour ne pas faire porter au conjoint (et aux enfants) l'impossible poids de la situation.

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Isabelle54

13/12/2016

à 18:06

Je suis d'accord avec ces propos, et il est vrai qu'en plus de chercher du travail , il faut savoir indiquer à la famille que chercher un travail, c'est un vrai métier, et qu'il prend beaucoup de temps voire plus que d'aller travailler. Quelle énergie il faut ! J'espère que nombres de conjoints salariés pourront lire votre article et comprendre les difficultés que cela génère.

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frederic moll

13/12/2016

à 15:44

Une situation comme celle-ci, effectivement, est loin d'être facile. Quoi que l'on dise, ou que l'on pense, le regard des autres ( famille ou amis ) finis par devenir lourd et accusateur ou réprobateur.
On en arrive à penser que les échecs ou les refus sont de notre faute et ce, malgré les efforts que l'on peut faite.
Les candidatures envoyées sans qu'aucunes reponses ( positive ou négative ) ne soit données ne sont pas là pour améliorer les choses.

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Gege

13/12/2016

à 15:19

Ces commentaires sont supers
On oublie souvent sur les forums et échanges à quel point le soutien de l'entourage est important , on évoque le chômage , les difficultés , les diffferents moyens pour s'en sortir mais on parle rarement du précieux soutien des proches et grâce à ce soutien on peut s'en sortir , trouver un sens , trouver du positif et ne pas s'enfoncer .

> Répondre

Titus

13/12/2016

à 14:25

Tout cela est bien vrai car lorsqu'une personne est au chômage, toute la famille soufre.
Pour ma part, j'étais le seul à simultanément rechercher un nouvel emploi, à me remettre en cause et à refaire le bilan de nouvelles actions et à "encaisser" les reproches de mon conjoint, tout aussi déboussolée que moi. Elle fonctionnaire, et tranquille à vie sur ce point, ne comprenait pas pourquoi je ne retrouvais pas un "boulot" aussi facilement qu'elle le croyais.

La crise économique frappant, le temps est passé inlassablement: aujourd'hui, j'ai divorcé car ne pouvant plus supporter l'incompréhension de mon ex-conjointe. Les personnels compétents sur le sujet étaient tous de mon avis et m'ont aidé à me repositionner.

Aujourd'hui, après 7 ans de recherches inlassables, seul, familialement parlant, et aidés par des coaches, les opportunités arrivent enfin. Mais, qu'elle épopée........! Quel gâchis!

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En réponse à Titus

Esthera

14/12/2016

à 12:48

Un très bon article sur le périple du chercheur d'emploi qui se transforme souvent en chemin de croix. Je remercie et encourage donc Cadremploi à continuer à écrire des articles sur les difficultés que nous rencontrons. Et aux auteurs des commentaires, mes plus sincères soutiens et marques de sympathie (empathie aussi), tenez bon malgré les refus... Titus, je croise les doigts et j'espère que ces opportunités se concrétiseront par un nouveau départ vers une jolie aventure pleine de réussites. Je suis moi-même seule et en recherche d'emploi depuis plus de 6 ans malgré une carrière sans accrocs de 20 ans. J'ai passé un entretien hier et j'ai été appelée ce matin pour commencer le 2 janvier. Comme quoi il faut garder confiance en soi et en les autres. Bonne chance à toutes et tous !

> Répondre

En réponse à Esthera

Titus

30/01/2017

à 09:32

Merci, Esthera, pour votre soutien.

Comme quoi, des "étrangers" à ma famille comprennent et peuvent soutenir. Rechercher un emploi doit, selon les contextes personnels, coûter quelque fois bien plus que l'on pense...

Bon courage pour votre reprise.

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En réponse à Titus

Esthera

14/12/2016

à 11:58

Un très bon article sur le périple du chercheur d'emploi qui se transforme souvent en chemin de croix. Je remercie et encourage donc Cadremploi à continuer à écrire des articles sur les difficultés que nous rencontrons. Et aux auteurs des commentaires, mes plus sincères soutiens et marques de sympathie (empathie aussi), tenez bon malgré les refus... Titus, je croise les doigts et j'espère que ces opportunités se concrétiseront par un nouveau départ vers une jolie aventure pleine de réussites. Je suis moi-même seule et en recherche d'emploi depuis plus de 6 ans malgré une carrière sans accrocs de 20 ans. J'ai passé un entretien hier et j'ai été appelée ce matin pour commencer le 2 janvier. Comme quoi il faut garder confiance en soi et en les autres. Bonne chance à toutes et tous !

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