Comment les recruteurs testent votre anglais en entretien d'embauche

Publié le 07 septembre 2015 Céline Chaudeau

Les Français affichent volontiers un niveau d’anglais courant, voire plus, sur leur CV. Sauf que c’est souvent loin de leurs véritables compétences linguistiques. Les recruteurs ne sont pas dupes : ils ont leurs trucs pour tester les candidats. Ready ?
Comment les recruteurs testent votre anglais en entretien d'embauche

« Tell me a little about you »

En anglais, on dirait du "small talk". Quand il s’agit de vérifier la pratique de la langue de Shakespeare, Grégory Lachmany commence de façon "light". « On a deux niveaux de test, explique ce recruteur, directeur associé chez Walters People. On commence avec une question banale comme "Tell me a little about you" (Parlez-moi un peu de vous) pour tester l’aisance du candidat et valider sa capacité à converser un minimum en anglais. » Si l’anglais est régulièrement exigé, le niveau demandé varie souvent d’un poste à un autre. « Mais même quand un niveau intermédiaire suffit, on vérifie toujours les compétences affichées dans le CV. Il n’y a pas de piège : on va demander au candidat de raconter son parcours professionnel, des expériences personnelles qu'il a pu vivre ou de parler de ses loisirs. »

« What is your greatest achievement ? »

Mais les recruteurs passent vite à la vitesse supérieure. « Je préviens les candidats en début d'entretien que je vais "switcher" à un moment donné pour pouvoir juger sur pièces, confie Judith Tripard, consultante senior pour le cabinet Clémentine. Je pose alors des questions très précises sur leur plus grande réussite ("What is your greatest achievement ?"), ou sur ce que les gens disent d’eux en général ("What do people usually say about you ?"). » Cette experte privilégie les sujets que les candidats n’auront pas répétés à la maison. « Je leur demande de présenter un point de vue et de pouvoir le défendre. C’est efficace car j’ai déjà vu des candidats se présenter comme "fluent" répondre de façon catastrophique. »

« What is the last movie you saw ? »

« Nos conseillers clientèle doivent absolument parler anglais », affirme Laurent Potel, cofondateur de la start-up Reezocar. Pour s’assurer du niveau des candidats, ce dernier préfère poser des questions sans rapport avec le parcours du candidat. « Je leur demande par exemple quel est le dernier film qu’ils ont vu ("What is the last movie you saw ?") et de me le raconter en anglais. C’est déjà un bon indice. Ensuite, on s’oriente vers des questions plus professionnelles pour tester le vocabulaire technique. » « J’aime aussi profiter d’un moment plus détendu de l’échange où l’on parle de ses passe-temps, abonde Stéphane Boukris, cofondateur du cabinet de recrutement Ametix, spécialisé dans les profils digitaux. Si un candidat pratique le tennis, je vais soudain lui poser une question en anglais sur sa pratique ou un récent tournoi. »

« What are your financial skills ? »

« Une fois que l’on a validé l’aisance générale du candidat, on l’oriente vers des questions plus techniques pour tester son vocabulaire professionnel », poursuit Grégory Lachmany. Exemple : "What are your financial skills ?". « Pour un poste dans la finance, on va leur demander leurs compétences en espérant qu’ils citent spontanément des termes comme "forecast" (prévisions) ou "cut off" (clôture) pour évoquer un exercice comptable. Sinon, on les prononce nous pour en vérifier la maîtrise. »

« Do you say Ci charpe ou C dièse ? »

Que les candidats soient rassurés : leur accent n’a en général pas grande importance. Enfin, à quelques nuances près… « Je connais plein de dirigeants qui parlent couramment l’anglais avec un très fort accent français et c’est d’autant moins grave que l’on converse souvent avec d’autres étrangers », assure Stéphane Boukris. Malgré tout, ce recruteur saura tendre l’oreille sur certains mots.  « Si un candidat évoque le langage de programmation Python en prononçant le mot à la française, je saurais qu’il n’a jamais échangé avec des étrangers. De même s’il prononce C dièse pour le langage C# plutôt que Ci charpe en anglais. Ce sont des choses qui s’apprennent. Mais en attendant, ces erreurs peuvent trahir un manque d’expérience. »

Et un petit QCM pour la route…

Bref, difficile de tricher. « Surtout que certains recruteurs font aussi passer d’autres tests de compréhension, précise Judith Tripard. On ne vous fait pas parler mais on vous soumet des exercices de compréhension écrite et orale. On lit une phrase qui peut être prononcée en réunion et le candidat doit choisir sa signification parmi cinq propositions. » « L’enjeu est parfois tel que l’on propose aux candidats des QCM linguistiques inspirés de certains grands tests de langue comme le TOEFL ou le TOEIC. L’idée est de situer le candidat le plus objectivement possible dans un niveau intermédiaire, courant ou fluent. » Good luck !

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Céline Chaudeau
Céline Chaudeau

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