Entretien : comment parler d’un licenciement ?

Publié le 12 juillet 2013 Sylvie Laidet

Lors d’un entretien d’embauche, le candidat doit-il parler de son licenciement ou attendre que le recruteur l’interroge sur ses conditions de départ ? Comment aborder le sujet ? Nos réponses aux questions des internautes.

Licenciement : laissez le recruteur aborder le sujet

Vous n’avez aucun intérêt à parler de votre licenciement le premier. « Laissez le recruteur vous interroger sur les circonstances de votre départ », insiste Jean-Yves Paquier, directeur de l’activité management des carrières chez Right Management (Manpower Group).

Candidat et licencié : éviter le mensonge

Mentir sur les raisons de votre départ est la pire des stratégies. « En général, le recruteur découvre rapidement la vérité, par exemple lors du contrôle de références. Donc, soyez transparent », conseille Manuela Das Neves, responsable projet au sein de Sodie (groupe Alpha). Par contre, mieux vaut rester évasif sur la raison de votre licenciement si, évidemment, vous avez été licencié pour faute grave ou lourde.

Ne pas s’étendre sur le poste précédent

Vous avez quitté l’entreprise car votre profil n’était plus en phase avec la nouvelle stratégie de l’entreprise ? Dites-le en ces termes. Idem si vous avez été licencié pour raisons économiques ou parce que votre métier n’avait plus cours dans la société. Le tout sans ressenti ni dénigrement de votre ancien employeur. « Pour ne pas teinter son discours d’émotion risquant d’alerter le recruteur, il convient d’avoir fait le deuil de son précédent poste. Le futur recruteur doit avoir le sentiment que le salarié ne s’inscrit plus dans sa précédente activité mais est en capacité de se projeter dans la nouvelle. C’est essentiel », argumente Manuela Das Neves.

Assumer un licenciement

Vous n’avez pas à avoir honte de votre parcours. Compte tenu du contexte économique et des stratégies changeantes des entreprises, être passé par la case licenciement n’est plus exceptionnel dans une carrière. Mais assumez les faits sans vous dédouaner de vos responsabilités. « Dans le cas d’un licenciement contraint, par exemple pour motifs économiques, expliquez que vous en faites au final une opportunité pour évoluer dans un autre type de structure, un autre secteur ou sur un autre métier», formule notre expert en reclassement.

Expliquez vos zones de confort et d’inconfort

Afin de rassurer le recruteur, précisez que cet épisode est derrière vous, faites sentir que vous avez déjà tiré les conclusions éventuelles de ce dernier. Et que vous vous concentrez sur les opportunités à venir. « N'hésitez à préciser vos zones de confort et le type de situation dans lequel vous êtes peut-être un peu moins à l’aise. Votre clairvoyance sur votre personnalité, vos compétences et vos capacités à mener des projets sera appréciée », conclut Jean-Yves Paquier.

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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