Entretien d'embauche qui dérape ? Comment se rattraper face au recruteur

Publié le 05 octobre 2015 Sylvie Laidet

Tout avait bien commencé. Et d’un coup, vous répondez à côté de la plaque, vous restez sans voix, le recruteur devient désagréable ou il se désintéresse de vos propos. Bref, l’entretien vire au cauchemar. Nos conseils pour se sortir de situations pourtant bien mal engagées.
Entretien d'embauche qui dérape ? Comment se rattraper face au recruteur

Situation 1 : excédé, le recruteur lève les yeux au ciel

Bon visiblement, vos propos ne satisfont pas votre interlocuteur. Donc, arrêtez immédiatement les frais avec une phrase du genre "j’ai le sentiment que ma réponse ne correspond pas à vos attentes. Préférez-vous que je sois plus précis sur cette expérience ?". « Vous montrez ainsi que vous êtes dans l’écoute active, flexible et prêt à vous adapter. Bref, agile », recommande Evelyne Catherineau, directrice du département transition de carrières chez Right Management.

 

Situation 2 : et soudain, c’est le blanc !

Vous ne savez honnêtement pas quoi répondre au recruteur. Pas de panique. « Parfois en disant "je ne sais pas", on gagne en crédibilité. Le recruteur se dit qu’il a enfin en face de lui un candidat qui ne le baratine pas », argumente Yves Gautier, coach emploi et animateur de entretienembauche.tv. Donc, si vous séchez sur une question d’ordre technique, pourquoi ne pas étayer votre propos en déclarant par exemple "je ne sais pas (ou je n’ai pas eu l’occasion de travailler sur ce sujet) mais à mon sens, il serait logique qu’on y trouve (que cela se déroule, que cela débouche sur…)". « Si vous n’êtes pas vraiment à jour sur un logiciel, dites  "j’ai étudié ça en 2013, il y a évidemment de nouvelles versions. Et je vous l’avoue, je ne suis pas à jour de ces évolutions. Mais j’ai pour objectif de me former dans les semaines à venir car je suis conscient que cette compétence est indispensable sur ce marché", illustre concrètement Evelyne Catherineau.

 

Situation 3 : il pianote sur son smartphone pendant que vous parlez

Au fil des minutes, vous sentez que le recruteur est passé à autre chose. Il s’est reculé sur son siège, checke ses emails voire envoie des SMS. Bref, vous l’avez perdu. « Surtout, ne lui faites pas remarquer que d’un coup, il semble moins attentif à vos propos. Il s’agit parfois d’une tactique de recruteur pour juger si vous baissez rapidement les bras ou pas », prévient cette experte. Donc, avec le sourire, terminez votre propos et laissez un temps mort en attendant la relance. Si elle ne vient pas, à vous de jouer. « Utilisez le nom de votre interlocuteur pour le remettre sur les rails. Dites par exemple. « Tout à l’heure, M. Maréchal, vous me parliez du projet de regrouper deux sites. À quelle échéance est-ce prévu ? », conseille Yves Gautier. Servez-vous aussi des infos glanées sur son profil LinkedIn ou autres pour le remettre en selle. Il se sentira valorisé et devrait se remobiliser.

 

Situation 4 : vous venez de faire une boulette

En citant un concurrent du recruteur ou en vous trompant sur le nom de l’entreprise. Alors, passez la seconde. « Pour faire oublier votre bourde, enchaînez immédiatement avec une anecdote ou une illustration concrète. Une phrase du genre "à ce propos, j’ai une anecdote qui me revient en tête. Lorsque j’ai rencontré M. Durand sur le salon, il… " peut faire l’affaire. Parlez plus vite et avec enthousiasme. L’objectif est de faire oublier rapidement votre erreur », recommande Yves Gautier.

 

Situation 5 : le recruteur vous balance des réflexions désagréables

"Je ne vous sens pas motivé pour le poste. Selon moi, vous n’avez pas les compétences requises… ". Bref, vous ne seriez pas l’homme (ou la femme) de la situation. Là, deux stratégies cohabitent. La première consiste à relancer avec une question comme "pour quelles raisons dites-vous que je ne suis pas motivé et quelles sont les compétences précises attendues pour ce poste ?". « Ce questionnement permet à la fois de glaner des informations capitales mais aussi de gagner du temps pour reformuler une réponse plus appropriée », précise Evelyne Catherineau du cabinet Right Management. Deuxième option : lever l’objection en ne lâchant rien. "Sur ce point M. Durand, je ne peux pas être d’accord avec vous. (Mini pause). Je ne peux pas être d’accord avec vous pour deux raisons. (Mini pause). La première, je connais personnellement 5 grossistes en confiserie et je sais précisément ce qu’ils attendent d’une entreprise comme la vôtre. La seconde, j’ai créé de toutes pièces une cellule de marketing direct… Je suis donc prêt à relever des challenges dans votre entreprise, laissez-moi faire mes preuves". « Pour montrer qu’il est déjà dans l’action, le candidat peut même sortir son téléphone et faire mine d’appeler en direct l’un des contacts mentionnés », recommande Yves Gautier. Tant que vous êtes sur le ring, le combat n’est pas perdu. Donc n’enlevez pas les gants avant la fin.

 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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