Comment parler de son précédent employeur en entretien d'embauche

Publié le 01 septembre 2003 Sylvia Di Pasquale

Parler de son "ex" à son "futur" est toujours une question épineuse. Dans tous les cas et surtout quand l'histoire a été douloureuse. Le secret ? Du sang-froid et de la modération.

A son seul souvenir, vous perdez vos moyens. Un florilège de reproches sont les seules pensées que vous inspirent votre ex-employeur. Du calme. Quelles que soient les bonnes raisons d'en vouloir à votre ancien patron - hormis des délits qui doivent se régler en justice et qu'il est impensable de cacher - il s'agit de faire son deuil du passé. Et de garder son sang froid lorsque, immanquablement lors d'un entretien d'embauche, votre interlocuteur lâchera la question fatidique : « Parlez-moi de votre ancien employeur. »

 

Ne pas dénigrer ni encenser



Pas question de dénigrer son « ex » sous prétexte qu'il vous volait vos idées, vous dévaluait auprès de vos collaborateurs ou était d'une humeur massacrante tous les lundis matins. Evoquer son environnement professionnel en termes peu flatteurs est souvent assimilé à de l'autodénigrement. Si vous méprisez votre ancienne boîte, c'est que vous méprisez votre propre travail. De plus, vous dérogez à votre devoir de confidentialité qui vous lie moralement à votre ancien employeur. Lorsqu'un jour vous quitterez l'entreprise, se dit le recruteur qui vous reçoit, vous déverserez votre bile de la même manière au premier interlocuteur venu et lui direz tout le mal que vous pensez d'elle. Résultat ? Le processus de recrutement en reste généralement à ce premier entretien. Même punition dans le cas inverse.
Il est en effet inutile de couvrir son ex-boss de lauriers trop grossièrement tressés. Car dans un cas comme dans l'autre, vous vous verrez affublé d'une étiquette encombrante : celle d'un profil trop affectif, l'une des pires tares dans le monde de l'entreprise où sang froid, recul et pondération ont bien plus la cote.

 

Des faits, rien que des faits



A bannir donc les épanchements intempestifs pour en rester à des analyses factuelles. Votre ex-employeur ? Il a organisé son affaire de telle manière et fait tel chiffres d'affaires. Son style de management ? Il privilégie les résultats immédiats et a opté pour des méthodes d'encadrement très directives qui donnent de bons résultats à court terme. Evidemment, le recruteur qui vous asticote connaît la vie de l'entreprise et ne manquera pas de vous demander pourquoi vous quittez une boîte aussi parfaite. Là encore, il s'agit d'éviter l'évocation de « conflits personnels » pour leur préférer les « impasses d'évolution ». Vous cherchez à « réorienter votre carrière » et non à fuir un « boss aux méthodes dépassées ».

 

Un tel exercice réclame un certain sang froid, surtout si vous gardez des séquelles de votre précédente expérience professionnelle. Comme tout traumatisme, celui-ci doit être verbalisé. Mais plutôt que de traiter votre ancien patron de noms d'oiseaux auprès d'un nouveau DRH, faîtes-le face à vos proches. Ils risquent peut-être de s'en lasser, mais, au moins, ils ne vous feront pas passer à côté du job dont vous rêvez.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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