Je passe un test de grapho : comment s'en sortir?

Publié le 29 mars 2013 Elodie Buzaud

Vous devez rédiger une lettre dans le cadre d’un test graphologique. Pas de panique. Voici les conseils de spécialistes.

[Article réactualisé en mars 2013]

A priori, pas de raison de refuser. Le Code du travail ne fait pas mention de la graphologie. Tout juste précise-t-il que « les méthodes et techniques d'aide au recrutement ou d'évaluation des candidats à un emploi doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie » (article l. 1221-8). La graphologie n’est donc pas illégale. Rien ne vous oblige non plus à l’accepter… mais on l’imagine bien, ce peut-être délicat en entretien. Si vous craignez un abus, parlez-en plutôt avec le recruteur.

Munissez-vous de votre stylo habituel. Si vous acceptez le test, pas la peine de sortir le stylo-plume ou le feutre. « Tout se ressent dans l’écriture », estime la graphologue Catherine Bottiau. Ecrire avec un outil graphique dont vous n’avez pas l’habitude, c’est un peu comme aller en entretien d’embauche déguisé.

Soignez la présentation. Ecrivez sur une feuille blanche, format A4. « Cela va de soi, estime la graphologue Corine Blanc. C’est la norme ». De même, il vous incombe de respecter les normes de présentation de la lettre de motivation et d’être le plus « propre » possible (dans la disposition des éléments notamment).

Soyez naturel. « Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise écriture. Il est évidemment recommandé d'être le plus naturel possible, enthousiaste et confiant pour rédiger sa lettre. Cet état d'esprit devrait se ressentir dans la lettre », abonde Flore Ozane dans son livre « Etre recruté et recruter » (éd. Eyrolles). Et rappelez-vous : « ce n’est pas parce qu’une écriture est ‘’moche’’ qu’elle révèle des travers », rassure Corine Blanc. « Certaines écritures divulguent d’ailleurs très peu d’informations », ajoute-t-elle.

Pensez à demander les résultats du test au recruteur. Libre à lui de vous les fournir par oral ou par écrit dans un délai raisonnable. À défaut de réponse, vous pouvez faire un recours auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

Les écritures qui font peur aux recruteurs

Certains éléments d’écriture font davantage « peur » aux recruteurs que d’autres, sans véritable raison. C’est en tout cas ce qu’a pu constater Corine Blanc. En voici quelques exemples :

- Une écriture pas soignée : avec des débordements dans les marges, des lignes peu stables et des « ratures ».

- Une écriture lancée, comme écrite dans la précipitation ou l’exaspération.

- Des personnalisations agressives : avec des acérassions, des lancements, très appuyée, très anguleuse.

- Le choix de la couleur rouge. Symbole de danger, mais aussi de passion, c’est une couleur ambigüe et quoi qu’il en soit déplacée pour une lettre de motivation.

 

Ce que révèlerait votre écriture

Grande : extériorisation amplifiée, un besoin de s'affirmer, de prendre de la place.

- Petite : manque de confiance en soi ou minutie intellectuelle.

- Arrondie : charme, séduction, douceur, générosité.

- En guirlande : écoute, faculté d’adaptation.

- Alternant calligraphie et typographie : façon intelligente de s'adapter ou signe d’indécision.

- Haute (au-dessus de la « ligne ») : idéalisme, grande ambition.

- Basse (qui plonge vers le bas) : besoin de puiser dans ses réserves, de se ressourcer.

- En lignes ascendantes : enthousiasme passager, tendance à s'exalter.

- En lignes descendantes : découragement passager, fatigue.

- Rapide : spontanéité, dynamisme.

- Lente : recherche esthétique ou laisser-aller.

- Très appuyée : énergie, une forte personnalité, une volonté puissante.

- Très peu appuyée : délicatesse, discrétion ou manque de tempérament.

- Penchée à droite : ouverture sur le présent et l'avenir sur les autres, besoin d'aller de l'avant.

- Penchée à gauche : tourné vers son passé, difficulté à se projeter vers l'avenir.

Elodie Buzaud © Cadremploi.fr

Elodie Buzaud
Elodie Buzaud

Le travail et l’écologie sont mes thématiques de prédilection. En tant que journaliste indépendante, je cherche notamment à répondre aux questions que posent ces deux sujets pour mieux comprendre comment le travail, et les travailleurs, peuvent contribuer à la transition écologique.

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