L'art et la manière de conclure un entretien

Publié le 26 janvier 2011 Tiphaine Réto

Ce sont les secondes les plus décisives de votre échange avec le recruteur. La fin de l'entretien ne s'aborde pas à la légère. Olivier de Clermont-Tonnerre, co-auteur de « Dîtes... Ne dîtes pas. Entretiens de recrutement. » vous livre ses conseils pour conclure en beauté.

 

Comment sait-on qu'on arrive à la fin d'un entretien ?

Pour un cadre, un entretien d'embauche dure en général une heure. C'est bien évidemment une durée variable suivant les enjeux du poste. Plusieurs signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille pour vous signifier que l'on arrive à la fin de l'entretien. Cela peut-être de l'ordre du verbal lorsque le recruteur vous demande si, d'après vous, tous les points importants ont été évoqués pendant l'échange. Il y a aussi des signes plus discrets comme un regard sur une pendule, un stylo reposé sur la table, un bloc-notes que l'on ferme... ou lorsque le recruteur se bascule vers l'arrière. Le candidat doit être attentif à ces petits signaux qui peuvent lui dire aussi « Attention ! Vous êtes trop bavard. ».

 

Que répondre à la traditionnelle « Avez-vous des questions à poser ? » de fin d'entretien ?

Quand on vient de parler pendant une heure d'un poste, ce n'est pas toujours évident d'avoir une question supplémentaire... Dans ce cas, je conseille d'évoquer l'entreprise elle-même, surtout si vous êtes face à un recruteur externe. Demandez-lui s'il connaît bien l'entreprise, s'il a des détails à donner en plus sur la société. Autre roue de secours : interrogez votre interlocuteur sur le processus de recrutement. Et si franchement, aucune question ne vous vient, soyez honnête ! Mieux vaut expliquer qu'après une heure d'entretien, vous n'avez pas de questions à chaud, mais que vous en aurez certainement un peu plus tard à envoyer par mail. C'est toujours mieux que de se griller en demandant si l'entreprise fait le pont de l'Ascension.

 

Que dire lorsqu'un recruteur vous demande ce que vous avez pensé de l'entretien ?

C'est un truc utilisé par les recruteurs pour se rassurer sur un candidat. Votre réponse pourra vraiment faire pencher la balance dans un sens comme dans un autre. Soyez synthétique et pertinent. Revenez sur un point précis de l'entretien : « Ce qui m'intéresse plus particulièrement dans ce que vous m'avez dit, c'est tel aspect. » Ce type de réponse est plus constructif qu'un « ce poste m'intéresse », car il permet de donner une info supplémentaire sur votre personnalité.

 

Qui clôt l'entretien ?

Il est beaucoup plus judicieux de laisser le recruteur boucler l'échange. Par contre, ne le quittez pas sans avoir clarifié avec lui la suite de l'entretien : qui recontacte qui, sous quelle forme et dans quels délais ?

 

Quel est le piège de fin d'entretien ?

Le relâchement ! Bien des candidats considèrent que l'entretien est terminé lorsque le recruteur se lève. Or, l'échange continue jusqu'à ce que les deux interlocuteurs se séparent et certaines questions pièges arrivent devant la porte de l'ascenseur. Restez concentré jusqu'au bout. Jusqu'à ce que vous ayez atteint le parking de l'entreprise. Une hôtesse d'accueil ou un collègue croisé dans les couloirs sont autant de témoins de votre attitude.

 

Si on sent qu'on a raté son entretien, y a-t-il un moyen de se rattraper ?

Personnellement, un candidat qui ose me dire « J'ai le sentiment d'être passé à côté de cet échange et que nous n'avons pas été totalement en phase dans nos discussions. Avez-vous le même ressenti ? », je trouve ça... très fort. Et je pense que j'aurais envie de laisser une seconde chance à la personne. Bien sûr, ce n'est pas évident de le dire à chaud, en achevant l'entretien. Dans ce cas, envoyez un mail juste et sans jugement.

Tiphaine Réto
Tiphaine Réto

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