Le parcours des candidats s'allonge

Publié le 01 septembre 2007 Sylvia Di Pasquale

La tendance est à la multiplication des entretiens. Il n'est pas rare que les candidats soient aujourd'hui convoqués six fois avant d'être embauchés, ou pas. Résultat : la durée moyenne des recrutements s'étire pour atteindre parfois trois mois. Un parcours deux fois plus long qu'il y a quelques années. Un phénomène lié à la peur de se tromper.

La recherche d'un emploi a toujours été un sport de combat, mais depuis quelques temps, elle se double d'une course d'obstacles. Les entretiens se multiplient et les délais s'allongent. C'est qu'auparavant, tout était (relativement) simple. Un premier entretien avait lieu en présence du consultant, si un cabinet était chargé du recrutement. Puis, le candidat était scruté par un responsable RH, avant d'être ausculté par un opérationnel. Tout ce petit monde se réunissait pour discuter. Et le contrat était signé. Ou pas. Mais depuis quelques temps, et malgré la pénurie de candidats qu'éprouvent certains secteurs, le nombre d'entretiens a tendance à enfler, pour atteindre parfois six entrevues par job.

Douze entretiens pour une embauche

Il ne s'agit bien sûr que d'un chiffre médian puisque certains candidats font état de 12 allers-retours entre leur petit chez eux, le cabinet de recrutement et l'entreprise. C'est que, dans le monde du recrutement comme ailleurs, la peur règne. Sur le marché de l'emploi, c'est la peur de se tromper qui gouverne. Car tous les professionnels le concèdent, un recrutement coûte cher. A fortiori lorsqu'on l'on tombe dans l'erreur du casting. Pour se rassurer, les recruteurs tentent de faire valider leurs choix par leurs supérieurs. Résultat : le nombre d'entretiens double. Le consultant en cabinet présente les candidats à son boss. Dans l'entreprise, le chargé de recrutement refile le bébé au DRH. Quant à l'opérationnel, futur N+1 du nouvel embauché, il souhaite avoir l'avis du N+2. Etc.

Trois mois de patience

Conséquence de ces entretiens à répétition : la durée moyenne d'un recrutement, entre l'acte de candidature et la signature du contrat s'allonge considérablement. D'autant qu'à chaque étape de ce défilé de candidats, les différents interviewers doivent réfléchir, et trouver une petite place dans leurs agendas respectifs pour programmer des réunions destinées à valider leurs choix. Du coup, il n'est pas rare que la durée d'une telle opération atteigne trois mois. Et que les candidats, jeunes diplômés ou pas, se voient obligés d'agrafer une nouvelle qualité à leur veste déjà chargée : la patience. Ce qu'ils font à la condition expresse que le job en vaille vraiment la chandelle.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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