Préparez votre entretien d’embauche comme votre mariage

Publié le 08 décembre 2015 Benjamin Fabre

Le meilleur entretien du monde, c’est celui où il se passe quelque chose. Quelque chose d’intense. De prenant. D’inoubliable. Un peu comme pour un mariage, finalement... Alors, comment s’inspirer du plus beau jour de votre vie pour que le recruteur vous dise OUI ? La réponse de Benjamin Fabre, auteur de la chronique # FYI (for your information).
Préparez votre entretien d’embauche comme votre mariage

Avez-vous déjà fait passer un entretien d’embauche ? Croyez-moi, c’est une des épreuves les plus assommantes du monde moderne. Les regards constipés des candidats… Leur langage "corporate"… Leurs récits soporifiques… À côté, mes cours de fiscalité et de latin-grec étaient des divertissements fabuleux. Je n’aurai qu’un conseil : si vous voulez appâter votre recruteur, faites en sorte d’enchanter un peu l’événement. Vous avez su le faire pour votre mariage ? Vous saurez le faire pour votre entretien :

Critère de réussite Application à l'entretien d'embauche
La tenue

La préoccupation n°1 des futures mariées. En moyenne, elles consacrent 17,2 heures à la recherche de leur robe blanche. Pourquoi ne pas apporter le même soin à celle de votre tenue d’entretien ? Et le même budget ? Des talons choisis, un bustier renversant, et la première manche serait déjà gagnée… Bien sûr, si ce conseil sexiste vous offusque, vous êtes libre de continuer à sillonner les agences Pôle emploi avec vos souliers plats et vos collants imprimés.

Pour les messieurs : un costume bleu marine (le seul possible) + un petit détail fou (un reflet rose sur vos chaussures, une pochette turquoise, une touche de mascara…). Comme dirait Anna Wintour, « Si tu ne peux pas être mieux que la concurrence, tu peux déjà mieux t’habiller. »

Le lieu

Là encore, sus aux usages. Les tentes, châteaux et abbayes commencent à taper sérieusement sur le système des noceurs (alors qu’un théâtre, un chalet d’altitude…). Il en va de même pour l’entretien : au lieu de l’habituel siège social, proposez un endroit cool et divertissant (bar de musée, bar d’hôtel, bar à vins…). Le type sera un peu désarçonné, mais se souviendra de vous pour l’éternité. 

La bouffe

Là, en revanche, aucun parallèle possible... Ça tombe bien, car malgré les efforts du chef, personne ne se souvient jamais du menu après un mariage (sauf si c’était brûlé). 

Les happenings

Une manière efficace d’épicer les festivités : discours (désopilants) des témoins, chansons de groupe, feux d’artifice… Eh bien, le recruteur aussi aime qu’on le divertisse, figurez-vous. Montrez-lui une vidéo sur votre tablette tactile. Lisez-lui une page de Flaubert. Chantez-lui une chanson… Bon Dieu, les gens paient 600 € pour un concert de Bono ou un but de Zlatan, le frisson ne sera jamais votre ennemi. 

Le psychodrame famillial

Indispensable. C’est pour cela, au fond, qu’on fait le déplacement : pour assister au pétage de plombs de la belle-mère, au règlement de comptes de la fratrie ou au craquage de la mariée sur le perron de l’église… N’est-ce pas la seule chose dont vous vous rappellerez ? Avez-vous déjà raconté un mariage en disant « La mariée était belle, la musique géniale et le champagne excellent » sans percevoir dans votre auditoire une profonde déception ? C’est pareil pour l’embauche : pendant votre entretien, il vous faut un heurt. Un rebondissement. Un moment où les gorges vont se serrer, le sang courir plus vite... Narrez le burn-out de votre ancien boss. Versez une larme au sujet de votre ancien collègue (décédé bêtement dans un accident de voiturettes de golf). Il doit se PASSER QUELQUE CHOSE.

Un moment de communion 

Vers la fin de la soirée, il y a toujours ce moment où ne restent que les meilleurs, ceux qui sautent tous ensemble / tous ensemble sur Johnny ou les Black Eyed Peas (ou Les lacs du Connemara, pour les anciens de Jouy-en-Josas). Vous aussi, communiez avec votre recruteur. Débusquez-vous une passion commune (ou inventez-la). Un ami commun. Un(e) ex commun(e)… Bref, quelque chose qui vous rapproche. On s’en fout pas mal des compétences techniques. Le contrôle de gestion s’apprend en une semaine. Vibrez à l’unisson avec le gusse. Prenez-le dans vos bras. Parce que désormais, c’est votre N+1. 

 

 

Benjamin Fabre
Benjamin Fabre

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