Un « Coup de pouce » pour les jeunes dip au chômage

Publié le 30 mars 2009 Tiphaine Réto

Pour la deuxième année consécutive, le Syntec Recrutement, syndicat du conseil en recrutement, a organisé, mardi 24 mars, son opération Coup de pouce. Durant toute une journée, près d'un millier de jeunes diplômés ont pu obtenir conseils et orientations de professionnels du recrutement afin d'optimiser leurs recherches d'emplois. Seuls impératifs : avoir un bac + 4 ou plus et être au chômage depuis au moins six mois. Si 77 % des jeunes diplômés trouvent habituellement un emploi dans l'année suivant leur sortie d'école, en temps de crise, ils sont parmi les premiers touchés par le ralentissement économique. Portraits de participants.

Khadidja Konaté, 24 ans, Master 2 Maketing et Stratégie

Tenue impeccable et tête haute, Khadidja n'a rien d'une novice en entretien d'embauche. La jeune femme sait se vendre et sait ce qu'elle veut. Après un DUT en Techniques de commercialisation, elle passe sans faute tous les échelons universitaires pour décrocher un Master 2 en marketing et stratégie. « Je voulais pouvoir décrocher un bon poste en entreprise, sans avoir de barrière, alors j'ai poussé mes études le plus loin possible. »
Des études, des stages et CDD en France et en Angleterre, Khadidja aligne déjà les atouts sur son CV de jeune diplômée. Pourtant, depuis octobre 2008, rien de concret. « J'ai répondu à beaucoup d'annonces, mais je n'ai quasiment aucun retour. En six mois, j'ai passé trois entretiens. »
La jeune femme revoit ses ambitions. « Je cherchais un poste de chef de produit. J'élargis aux annonces d'assistante. » Pas d'exigences de salaire ou de durée de contrat. « CDD ou CDI, pour moi, c'est pareil : je veux juste travailler. Tout le monde le sait : les entreprises préfèrent débaucher les gens en poste plutôt que d'embaucher un chômeur. »
Pour autant, cette junior volontaire ne tombe pas dans le fatalisme. « Je reste positive : il y a beaucoup de personnes dans ma situation. Je sais que ça ne vient pas forcément de moi, mais du marché. »
C'est aussi son optimisme et sa volonté qui l'ont conduite à l'opération Coup de pouce. « J'avais besoin d'un retour sur mon CV et sur ma façon de mener un entretien. Connaître réellement mes forces et mes faiblesses pour améliorer ma recherche d'emploi. »

Antoine de Lachapelle, 24 ans, diplômé de l'école de Management de Grenoble

Sorti il y a six mois de l'école de Management de Grenoble, Antoine, le geste un peu maladroit et le verbe pas toujours très assuré, reconnaît chercher encore un peu sa voie. Un stage d'un an à la Barclay's lui a donné sa première expérience en finance de marché. Mais pas la vocation. « D'autant plus que c'est le secteur à oublier en ce moment. Même un stage est devenu difficile à trouver. »
Le jeune homme change son fusil d'épaule et se tourne vers la finance d'entreprises. Sans plus de succès. « Aujourd'hui, je cherche dans tous les domaines, je ne me focalise plus sur un métier et je réponds même à des offres qui ne me correspondent pas. Je ratisse large pour rencontrer un maximum de personnes. »
Il se sait victime de la crise et ne veut pas se laisser aller. Pourtant, il reconnaît : « Six mois de chômage, c'est long et dur. Je veux vraiment trouver quelque chose pour remplir le vide sur mon CV et capitaliser tout ce que j'ai appris pendant ma formation. »
C'est aussi la raison pour laquelle il s'est inscrit à l'opération Coup de pouce. « Tout est bon à prendre quand on veut trouver un travail. » Pas de déception, donc, en sortant de l'entretien : « On m'a dit des choses dont j'étais conscient, mais qu'il est bon d'entendre dire par des professionnels. Et puis... c'est intéressant de voir l'autre côté du miroir ! »

Edwige de Prunele, 26 ans, double cursus en droit et école de commerce

Pour Edwige, l'opération Coup de Pouce est déjà de l'histoire ancienne. Candidate de la première édition, elle a eu le temps de mesurer le chemin parcouru depuis son entretien.
Une maîtrise en droit renforcée d'un cursus à Audencia, l'école de commerce de Nantes, devait assurer à la jeune fille un avenir professionnel tout tracé dans les Ressources humaines. « En sortant de mes études, j'étais très formatée. Pour moi, je devais faire comme tout le monde et intégrer le secteur privé. »
Pas si facile que ça pourtant. Par relation, Edwige entend parler de l'opération coup de pouce et décide de tenter l'expérience. « J'ai été reçue par un consultant au cabinet Bouttier & Co et par le DRH de la Française des Jeux. » Les deux professionnels s'appuient sur son CV pour révéler bien plus de la jeune diplômée que son seul parcours universitaire. Car Edwige n'a pas perdu son temps. « J'avais beaucoup d'activités sociales et caritatives. Mais pour moi, c'était un à côté. » L'entretien la chamboule : « Ils m'ont donné plein d'autres idées de métiers, dans les ONG notamment. Ce n'était pas ça que j'avais envie d'entendre... Mais ça m'a fait réfléchir. Ils ont mis des mots sur des choses que je n'avais pas analysé chez moi. »
Quelques mois plus tard, Edwige est embauchée à Médecins du Monde. Six mois de CDD aux Ressources humaines. Une première expérience bénéfique même si la jeune femme reste lucide : « Le marché de l'emploi est aujourd'hui encore plus difficile que l'année dernière. C'est encore plus difficile de décrocher un entretien. »

> Lire la suite : C'est mon recruteur qui me l'a dit...

Tiphaine Réto
Tiphaine Réto

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