Code vestimentaire en entreprise

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Si vous pensez pouvoir vous habiller comme vous le souhaitez pour aller travailler, vous faites fausse route, surtout avec un statut de cadre. La représentation d’un encadrant est importante pour être écouté et respecté. Mais que dit la loi en matière d’imposition de dress code en entreprise ? Est-ce légal ? Quelles sont les limites de l’employeur ? Ce dernier peut-il vous licencier pour non-respect du code vestimentaire ? Éléments de réponse.
Code vestimentaire entreprise

Qu’est-ce qu’un dress code professionnel ?

Un dress code professionnel désigne le code vestimentaire de l’entreprise, la tenue de travail à adopter. Vous n’allez pas voir un match de foot en robe de soirée, n’est-ce pas ? Pas plus que vous ne participez à un mariage en claquettes chaussettes. De même, vous devrez appliquer un dress code sur votre lieu de travail. Si un manutentionnaire peut généralement s’habiller comme il le souhaite, un cadre doit porter un certain type de vêtements.

Dress code en entreprise : que dit la loi ?

Quels sont les droits de l’employeur ?

Certes, le choix des vêtements relève de la liberté individuelle de l’employé. Toutefois, le Code du travail précise que "nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché" (article L1121-1).

En clair, l’employeur peut imposer un dress code en entreprise à condition que celui-ci s’explique par une nécessité. Imposer le costume cravate pour un poste de déménageur ne serait pas justifiable.

À noter que lorsqu’une tenue spécifique est imposée, l’employeur doit pendre en charge son entretien (mise à disposition, prime, remboursement de frais).

Quelles sont les obligations de l’employé ?

Le code vestimentaire à respecter peut être inscrit dans le contrat de travail ou le règlement intérieur que le salarié a lui-même signé. Mais le dress code applicable peut également être mentionné sans ratification du collaborateur. En effet, il peut être défini par une note de la direction, un code de l’entreprise ou une convention collective. C’est notamment le cas lorsque le métier en question nécessite des protections en matière d’hygiène ou de sécurité : blouse pour un infirmier en hôpital, casque sur un chantier… Par ailleurs, même si aucune mention ne précise les règles en matière vestimentaire, un employé a pour obligation de se vêtir de façon décente. Les minishorts, décolletés plongeants, débardeurs et vêtements transparents peuvent être exclus. Et lorsque le salarié est au contact de la clientèle ou du public, une tenue dite correcte est exigée. Bermudas et survêtements sont alors à éviter.

Exemples de métiers et secteurs d’activité soumis à un dress code professionnel

Une grande partie des employés doivent adopter le dress code de l’entreprise, qui peut être plus ou moins strict. Par exemple, certains employés doivent porter un bleu de travail, une veste ou un uniforme au nom de l’entreprise. C’est le cas pour les caissières, les mécaniciens, les vendeurs, ou encore les agents immobiliers de grandes chaînes. Dans le monde de la restauration, plusieurs codes vestimentaires peuvent être imposés dans la même entreprise. Tablier et toque pour le chef, et costume-cravate ou tailleur noir et blanc pour les serveurs et serveuses d’un restaurant gastronomique. Les commerciaux et vendeurs, notamment dans le secteur du luxe, se voient souvent imposer le port du costume-cravate. Et pour prendre un exemple qui a récemment fait débat, le port de la veste est désormais obligatoire pour les députés à l’Assemblée nationale. La cravate, elle, est recommandée.

Peut-on être licencié pour un dress code non respecté ?

Si la faute est ponctuelle, le port de vêtements ne correspondant pas au code vestimentaire de l’entreprise ne doit pas conduire à un licenciement. En revanche, lorsqu’une personne persiste à ne pas respecter le dress code professionnel, elle peut être licenciée. Toutefois, l’employeur doit justifier le port d’une tenue de travail particulière, et doit l’avoir annoncé explicitement.

Quels sont les différents dress codes ?

On peut distinguer 5 styles différents de codes vestimentaires, classés selon un formalisme croissant :

  • Baseline casual : c’est le style de tous les jours, qui peut être admis pour pratiquer certains métiers. Il s’agit par exemple de l’ensemble jean, tee-shirt, baskets.
  • Mainstream casual : on reste dans le passe-partout, mais avec un effort supplémentaire. On évite ici le streetwear. On troque par exemple le sweatshirt à capuche contre un pull.
  • Executive casual : ce style s’adresse davantage aux cadres dont le poste nécessite un certain formalisme. La veste remplace le pull, et les chaussures cirées remplacent les bottines, par exemple.
  • Business attire : il est temps d’enfiler son costume ou son tailleur. Il faut éviter la faute de goût et rester très classique.
  • Boardroom attire : c’est le niveau ultime du formalisme vestimentaire. Pour les hommes, ce sera costume haut de gamme sombre (noir, bleu marine, gris foncé), chemise blanche et cravate discrète, idéalement assortie au costume. Pour les femmes, un tailleur chemisier haut de gamme s’impose.

Comment demander le dress code de son entreprise ?

L’application du dress code en entreprise fait partie des questions que l’on peut poser à l’occasion d’un mail à envoyer à son nouvel employeur avant une prise de poste.

Lors d’un entretien d’embauche, on ne se focalise pas sur tous les détails. On cherche avant tout à convaincre. Il est donc prudent, quelques jours avant d’intégrer une nouvelle équipe, de s’enquérir des horaires de travail, de rappeler sa motivation, et donc de demander des précisions sur le code vestimentaire.

Dans certains cas, le dress code est évident, et poser cette question pourrait amener l’employeur à s’interroger sur votre recrutement.

Dress code en entreprise : 5 points à retenir

  • Le dress code imposé par l’employeur doit être justifié.
  • L’employé doit être vêtu d’une tenue décente, quel que soit son métier.
  • Un employeur peut licencier un salarié pour non-respect du code vestimentaire seulement si l’employé refuse de s’y plier de façon répétée.
  • 5 styles permettent de préciser quel est le niveau de formalisme du dress code attendu par l’employeur.
  • Il est possible de demander le code vestimentaire à adopter avant une prise de poste, par mail.
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