Comment surmonter le syndrome de l'imposteur au travail ?

Publié le 28 juillet 2020 Mathilde Palfroy

Vous êtes souvent angoissé au travail ? Vous avez l’impression de faire moins bien que vos collègues, voire de ne pas mériter votre poste ? Si vous doutez régulièrement de vos capacités professionnelles, il se peut que vous soyez victime du syndrome de l’imposteur. Le manque de confiance en soi est fréquent, mais difficile à vivre. En appliquant quelques mesures simples, il est pourtant possible de se rassurer et de se protéger d’une anxiété envahissante. Dans cet article, nous vous proposons quelques pistes pour savoir comment surmonter le syndrome de l’imposteur au travail.
Comment surmonter le syndrome de l'imposteur au travail ?

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur au travail ?

Certains salariés, bien que compétents, ont tendance à manquer de confiance en eux. On parle de syndrome de l’imposteur lorsqu’une personne doute fortement de ses qualités professionnelles, au point d’avoir le sentiment de ne pas mériter ses fonctions, son statut ou ses qualifications. Il s’agit d’une forme de dévalorisation excessive, qui peut être temporaire ou durer dans le temps. 

Exemples : un salarié qui occupe une bonne place dans son entreprise peut se dire qu’il a eu de la chance plutôt que de regarder objectivement son parcours et ses compétences ; un salarié, complimenté pour un dossier important, pense que ses supérieurs veulent lui faire plaisir et le rassurer ; un personne embauchée à un poste intéressant se dit qu’ils n’avaient personne d’autre sans quoi elle n’aurait pas été prise ; etc.

Les salariés qui éprouvent le syndrome de l’imposteur attribuent leur réussite professionnelle ou ce qui peut apparaître positif dans leur carrière à des causes extérieures et indépendantes de leurs qualités professionnelles. Ils ont le sentiment de tromper leurs supérieurs ou leurs collègues concernant la réalité de leurs compétences. Ils angoissent à l’idée de pouvoir être « démasqués ». En général, ces personnes sont introverties et perfectionnistes qui réalisent du bon travail.  

Bon à savoir : le syndrome de l’imposteur n’est pas une maladie. Le manque de confiance en soi concerne de très nombreux salariés, avec plus ou moins d’intensité. Il est très fréquent de traverser une période de manque de confiance transitoire en début de carrière ou dans des phases de vie s’accompagnant de changements difficiles ou importants (nouveau poste, naissance, rupture, etc.). Cependant, le syndrome de l’imposteur peut avoir des conséquences graves, par exemple de mener un salarié au burn-out.  

Êtes-vous concerné par le syndrome de l'imposteur ?

Il vous arrive de douter de vos compétences ? Savoir se remettre en question et désirer progresser, c’est essentiel. Vérifiez ce pendant que vous savez vous analyser avec recul et lucidité.  

Voici quelques situations professionnelles qui peuvent laisser penser que vous manquez de confiance, que vous êtes dur(e) avec vous-même, et que vous êtes concerné(e) par le syndrome de l’imposteur au travail : 

  • Vous ne comprenez pas pourquoi vous avez obtenu votre poste, ou votre promotion, vous pensez avoir eu de la chance, car vous ne vous jugez pas à la hauteur.
  • Lorsque vous réussissez quelque chose, vous avez du mal à vous en estimer responsable, à être satisfait de votre travail et à vous féliciter.
  • Vous avez souvent peur de ne pas réussir à accomplir correctement les tâches les plus importantes, même si elles ne sont pas nouvelles pour vous et même si vous les avez déjà réussies. Vous vous mettez systématiquement la pression par peur d’échouer.
  • Lorsque vous recevez des compliments, vous avez le sentiment qu’on cherche à vous valoriser ou à vous faire plaisir, et vous doutez de la sincérité de votre interlocuteur.
  • Vous n’osez pas demander de l’aide quand vous en auriez besoin, vous avez peur d’être jugé(e) incompétent(e).
  • En cas de remarque concernant votre travail, même suggestive, vous y pensez et repensez longtemps, cela vous « travaille ». Vous vous en voulez de ne pas avoir été parfait(e).
  • Vous avez peur que vos supérieurs ou vos collègues découvrent que vous n’êtes pas aussi compétent(e) qu’ils le pensent. Vous faites le maximum pour ne commettre aucune erreur, et restez en retrait pour ne prendre aucun risque.
  • Vous pensez que votre travail n’est jamais assez bon, même lorsque vous avez énormément travaillé et parfaitement réussi vos challenges. 
  • Vous trouvez que vos collègues sont plus compétents que vous, même si vous exercez des fonctions équivalentes.

Si vous vous retrouvez dans quelques-unes de ces situations, tenez compte de nos conseils ci-dessous pour réussir à dépasser le syndrome de l’imposteur au travail.

Syndrome de l’imposteur et travail

Pour surmonter le syndrome de l’imposteur au travail, un petit travail d’auto-coaching s’impose.

Voici quelques conseils simples à appliquer et qui pourront vous aider à inverser la tendance de votre manque de confiance en vous au travail.

Acceptez votre profil professionnel

Regardez votre profil professionnel en face et dégagez objectivement  ses grandes lignes. Vous devez parvenir à identifier :

  • Vos points forts, ce que vous avez l’habitude de réaliser ou ce pour quoi vous pouvez vous considérer compétent(e).
  • Vos éventuels points faibles. Réfléchissez à la façon de les combler si ces points faibles vous gênent : formation ? Aide de vos collègues ? Entraînement ?

Libérez-vous de pensées négatives

Demandez-vous quelles sont les tâches, les missions ou les situations qui vous angoissent, et essayez de cerner pour quelle(s) raison(s) vous éprouvez ces craintes.  Vous verrez certainement apparaître certaines pensées négatives récurrentes.  

Exemples : « s’il voit que je ne sais pas utiliser ce logiciel, il va penser que je suis nul(le) », « je n’y arriverais jamais », « si je me plante c’est fichu », « je suis le/la plus mauvais(e) de l’équipe », etc. 

Vous devez apprendre à taire ces pensées, et à vous parler à vous-même avec bienveillance. Transformez les pensées négatives en pensées positives. 

Exemples : « une fois qu’il m’aura expliqué comment utiliser ce logiciel, je serai en mesure de me débrouiller seul(e) », « cela ne va pas être facile et c’est angoissant, mais je vais faire mon max pour m’en sortir », « ce projet a des enjeux importants, je vais  le préparer avec soin », « il n’y a pas de raison que je sois inférieur aux autres, j’ai mes points forts et mes points faibles comme toute autre personne », etc.  

Apprenez à lâcher prise au travail. Vous n’y arriverez pas parfaitement au début, mais l’essentiel est d’éviter de céder à l’anxiété, et de renforcer votre confiance en vous, progressivement. Pour vous aider à vous détendre, vous pouvez adopter certaines techniques de lutte contre le stress (sieste, méditation, relaxation). 

Fixez-vous des objectifs

Dans le cadre d’un projet professionnel important, ou si vous vous avez besoin de vous prouver des choses, fixez-vous des objectifs. Il peut s’agir de programmer les différentes étapes de réalisation d’un dossier, afin de vous rassurer par votre propre guidage, ou d’entreprendre une formation ou des actions pour renforcer vos compétences.  

L’idée, c’est que vous teniez les rênes, que vous preniez les décisions, et que vous puissiez vous attribuer sans aucun doute possible vos actions et réussites. 

Légitimez vos réussites pour gagner en assurance

Apprenez à regarder ce que vous faites de bien, et félicitez-vous pour cela. Cela n’implique pas de ne pas voir ce qui aurait pu être mieux, mais de savoir mieux considérer ce qui a été réussi. En effet, n’essayez pas de lutter contre votre envie de perfection, ou contre votre besoin de réussite. Vous n’y parviendrez pas. Acceptez ces objectifs, et détenez-vous, en admettant justement que ce ne sont que des objectifs.  

Portez votre attention sur ce qui est concret et positif : ce qui a été réussi, ce que vous avez appris, ce qui vous permet de progresser…

Mathilde Palfroy
Mathilde Palfroy

Éditrice et rédactrice juridique, Mathilde Palfroy s’intéresse à tous les sujets pratiques du quotidien. Elle rédige pour Cadremploi des articles sur des thématiques liées à l’emploi et à la carrière. En plus de ses collaborations avec différents éditeurs spécialisés, elle assure également le suivi d’ouvrages de littérature générale aux éditions de la Rémanence dont elle est la fondatrice.

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