10 signes qu'on vous ment au boulot

Publié le 17 mai 2013 Céline Chaudeau

Savoir si un collègue nous ment ? On peut en être quasi sûr selon Eric Goulard, expert et formateur en communication comportementale, à condition d’identifier plusieurs signes en même temps. Ok, mais lesquels ?

[Article réactualisé le 04/10/2013]

1 - Il se gratte le nez

Le mensonge se voit-il « comme le nez au milieu de la figure » ? « C’est un peu plus compliqué que cela, indique Eric Goulard, auteur de Comment détecter les mensonges (éd. Leduc). Mais si votre interlocuteur se frotte souvent le nez avant de répondre, c’est qu’il cherche à se rassurer et qu’il est embarrassé par quelque chose, dans son discours. » Ces « autocontacts » sont à surveiller. Ils peuvent prendre une forme variée : se toucher le lobe de l’oreille ou se caresser la nuque par exemple…

2 - Il hausse une épaule

« Le haussement très léger d’une épaule marque souvent le désaccord du sujet. » Selon notre expert, c’est un réflexe incontrôlable, généré par le système limbique du cerveau qui gère nos émotions. « Ce signe est la version courte d’une réaction de fuite. »

3 - Il croise les bras

Attention aux conclusions hâtives ! « Il croise peut-être les bras parce qu’il a froid ! », plaisante Eric Goulard. Cependant, les bras servent aussi à souligner un discours. « Alors si un collègue croise les bras à plusieurs reprises pendant un échange, c’est peut-être, aussi, pour prendre de la distance avec ce qu’il dit. »

4 - Il croise les doigts

« Les mains, selon qu’elles sont ouvertes ou fermées, sont des indices importants du discours », poursuit-il. Une paume vers le bas suggère un comportement de domination comme un pouce caché dans le la main indique du stress. Et que cachent des mains et des doigts entrelacés, formant comme une ceinture autour de l’abdomen ? « Il y a là une probabilité pour que la personne n’exprime pas ce qu’elle pense… »

5 - Il décroise les jambes

Les jambes croisées sont associées à des situations de confort alors que les pieds ancrés au sol soulignent une posture de sécurité, voire de contrôle. « Si une personne décroise soudain les jambes, c’est peut-être pour une raison de confort, relativise le formateur. Mais il est toujours intéressant de relever le moment du discours où ce changement apparaît. »

6 - Sa carotide se gonfle

Le rappel est utile : pour le commun des mortels et des collègues, c’est une épreuve de mentir… « On constate alors souvent une accélération du rythme cardiaque qui pousse du sang vers le cerveau. Et même si l'on essaie de se maîtriser, on est souvent trahi par sa carotide… »

7 - Il vous coupe la parole… avec une voix aiguë

Un collègue répond à une question embarrassante avant que vous ayez fini de la poser ? C’est peut-être un indice de tromperie. « Quelqu’un qui a bien préparé son mensonge a hâte de s’en débarrasser, analyse notre expert. Mais sous l’effet du stress, il arrive que les cordes vocales vibrent trop et poussent la voix dans les aigus… »

8 - Il cligne très rapidement des yeux

Là encore, il peut s’agir d’une « déconnexion neurologique ». Dur, dur de mentir. « Le menteur potentiel a peut-être trop d’informations à gérer et, en quelque sorte, perd les pédales pendant quelques secondes. »

9 - Il enlève une poussière imaginaire

Parmi les gestes d’ « autoconfort » évidents pour masquer une gêne : balayer des poussières imaginaires sur sa veste, par exemple. Autre variantes : votre interlocuteur réajuste sa cravate, relève une manche déjà retroussée ou joue un peu trop avec son téléphone…

10 - Et lorsqu'il ne montre… rien ?

« Les bons menteurs savent qu’ils doivent freiner les autocontacts, les gestes inutiles et les regards fuyants », concède Eric Goulard. Mais... une absence flagrante de gestes spontanés peut aussi vous interpeller. « Les gens naturels changent naturellement de posture au cours d’un entretien. Les autres se trahissent aussi par leur rigidité. »

  

Quelques précautions utiles

Vous soupçonnez un collègue de vous mentir ? Attention à la première impression ! « Avant de juger, mieux vaut laisser passer 8 à 10 minutes de conversation pour mettre son interlocuteur à l’aise, dans un cadre le plus neutre possible, autour d’un café par exemple, conseille Eric Goulard. Mais pas de précipitation : vous devez baser vos conclusions sur un faisceau d’indices et surtout les mettre en relation avec les propos tenus au même moment. Aucun des indices cités ne saurait, de façon isolée, trahir à lui seul un mensonge. » Il faut se rappeler que les gestes traduisent l'émotion, un état d'être de l'interlocuteur, plus que le mensonge. Pour être sûr de votre interprétation, des preuves tangibles par ailleurs restent évidemment indispensables.

Céline Chaudeau © Cadremploi.fr

Céline Chaudeau
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