1. Accueil >
  2. Conseils >
  3. Conseils carrière >
  4. 4 situations qui mènent au bore-out

4 situations qui mènent au bore-out

4-situations-qui-menent-au-bore-out

Ingrid Falquy

Le bore-out, ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, peut toucher n’importe qui. Certaines situations sont cependant plus à risque que d’autres. En voici 4 à surveiller.

1 – L’absence de travail

Les carnets de commandes s’amenuisent. Le rythme de travail ralentit peu à peu. Et un beau jour, le salarié se rend compte qu’il ne vient au bureau que pour compter les heures. En période de crise économique, toute la chaîne de production est concernée. C’est ce que Valérie Cappronnier, chargée de mission hygiène, sécurité et sûreté constate au sein de l’entreprise où elle travaille. Et comme les chances de trouver un autre emploi sont moindres, le risque de bore-out est élevé.

2 – Des tâches ennuyeuses

« Certains métiers sont intrinsèquement porteurs de bore-out », explique Jean-Claude Delgènes, fondateur du cabinet spécialisé en prévention des risques psychosociaux Technologia. Par exemple : agent de sécurité, hôte d’accueil… Soit les tâches sont répétitives, soit les journées sont peu rythmées. Il faut être fait pour ce travail, car celui qui effectue ses tâches par défaut risque de vite défaillir.

3 - La surqualification

Le salarié occupe une fonction qui ne correspond pas à ses compétences. Il boucle ses dossiers en quelques heures et n’est pas assez stimulé. « Cela se produit beaucoup dans la fonction publique », explique Jean-Claude Delgènes, qui cite l’exemple d’un employé territorial de classe C agrégé de philosophie. Les concours d’entrée sont difficiles et hyper-sélectifs, mais les tâches à effectuer redondantes et mécaniques. Il y a cinq ans déjà, l’auteure du livre Absolument dé-bor-dée !, employée territoriale avouait au Figaro avoir raconté son histoire « pour échapper à l'ulcère et à la dépression, mais aussi pour ne pas périr d'ennui ».

4 – L’isolement, la mise au placard ou le manque de reconnaissance

Ce sont toutes les situations dans lesquelles le collaborateur se sent inutile parce qu’il n’est pas reconnu. On parle d’isolement quand les contacts avec sa hiérarchie, mais aussi ses collègues, s’amenuisent. Il ne peut plus échanger sur ses performances, est mis à l’écart lorsque le travail se fait en équipe. Jean-Claude Delgènes cite l’exemple d’un cadre qui s’était retrouvé avec des collègues issus d’une école concurrente de la sienne, et qui le mettait volontairement à l’écart. « Même à la cantine, il était seul. » La mise au placard concerne le cadre en fin de carrière, à qui l’on fait comprendre qu’il est temps de partir en ne lui confiant plus de mission. Au fur et à mesure, il n’a plus rien à faire quand il arrive au bureau. Et de manière générale, le manque de reconnaissance est l'absence de félicitations et remerciements de la part du manager. Cela peut faire perdre toute envie de se dépasser, le collaborateur finit par aller travailler « parce qu'il le faut. »

Pour aller plus loin : ce que l'on sait de ce nouveau syndrome

15

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

titi75

26/01/2016

à 11:38

Sujet très intéressant. Les causes sont multiples mais il semble que cela soit très lié au droit du travail français :
- l'organisation du travail et la productivité évoluent vite dans le tertiaire (informatique, internet) et la rigidité du code du travail ne permet pas aux entreprises de s'adapter au même rythme.
- le CDI ou le statut de fonctionnaire sont tellement protégés en France que les salariés n'osent plus prendre le risque de démissionner et de perdre ces "avantages", quitte à déprimer d'ennui.

Et bien évidemment les situations de sureffectifs massifs dans le secteur public (collectivités locales) encouragés par les élus, par clientélisme ou pour diminuer artificiellement les chiffres du chômage.

> Répondre

bore_out_man

21/01/2016

à 19:29

Je suis victime de bore-out.
J'exerce un poste de chef de projet dans la fonction publique.
Mon quotidien est devenu un calvaire, une horreur, une abomination.
Je me lève le matin pour aller travailler en sachant que ma journée sera vide.
Ce n'est pas toujours comme cela, mais mon activité représente 10% de mon temps de travail.
La cause ? Une réorganisation et une redistribution des missions.
Passer ses journées à ne rien faire n'est pas un plaisir.
On se sent décontenancé, inutile, arrive le manque de confiance en soi, on se dit que l'on ne vaut rien et que l'on est pas estimé.
Le pire c'est de regarder son planning, rien, aucune réunion, ça en dit long...
Sur les missions qui me sont affectées, il s'agit essentiellement de copier/coller ou de forward de mail.
Bref un travail de secrétaire pour un chef de projet.
Certains collègues ont plus de chances et ont des projets intéressants.
On se sent inférieurs à eux, on éprouve de la méfiance.
C'est insupportable quand vous les voyez parler avec les managers.
Vous vous sentez en dehors, comme un incapable.
J'en ai déjà parler à mes supérieurs, mais ça n'a rien changé.
Je ne suis pas seul dans ce cas.
J'ai essayé de postuler ailleurs, mais rien que des refus, les temps sont durs et malheureusement on doit s'accrocher.
Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir.
Il m'arrive parfois de m'isoler dans les toilettes pour essayer de me reprendre, de me calmer.
J'apporte mon soutien à tous ces personnes en espérant que leur quotidien s'améliora.

> Répondre

En réponse à bore_out_man

GIRARD Béatrice - BETSY

08/11/2018

à 14:14

Bonjour à tous
De directrice, je suis passée à agent administratif dans un service municipal qui n'a strictement rien à voir avec les secteurs dans lesquels j'ai exercé... pendant 30 ans !
Le bore-out, voilà trois années que je vis avec. Je commence à perdre pied. Deux sentiments prédominent : l'inutilité et la révolte. L'un et l'autre sont destructeurs.
Je comprends ce que vous décrivez. Je le vis au quotidien. Cela réconforte un peu de savoir que d'autres partagent cette punition, infligée sans raison. Cette société est vraiment injuste. Courage à tous ceux qui connaissent cette situation.

> Répondre

En réponse à bore_out_man

chouchou44

15/10/2017

à 11:44

bonjour

je me reconnis completement dans votre temoignage. J occuppe le meme poste que vous dans la fonction publique depuis 7 ans. disons 4 ans sur ce poste. le projet est interessant et existe bien. Il y a afaire et mon travail me plait. Le probleme c est que je travaille dans le vide n ayant aucune validation de ma hierarchie. De plus je fais face a un management a 2 vitesses: une prtie du service doit bosser et saisir les donnees l autre partie est soutenue dans son oisivete par la cheffe et directrice, avec lesquelles il y a des moments de convivialite recuurents et exageres quant a leur duree. Une cheffe qui promet toujours de valider mes travaux sans jamais honorer ses promesses. j ai realise que je travaillais dans le vide et c est horrible. je me suis ecroulee ce vendredi mon medecin m a arretee et je luiai dit que je ne pourrai pas y retourner. je n y ai plus ma place. Mon medecin, tres comprehensif a bien compris que je ne m arretais pas pour oisivete, mais parce que j etais epuisee professionnellement, il m a d ailleurs dit qu il pourrait me prolonger le temps qu il faut. je penses que l on voulais me faire degager. je dois me reconstruire et rechercher autre chose

> Répondre

Jacques71

28/07/2015

à 15:15

'Chacun est maître de sa vie '.
Ce n'est pas toujours facile quand on s'adresse à l'Anpe (à l'époque) et qui ne propose aucun emploi, ni aucune formation.
Dans ces conditions, on ne maîtrise pas sa vie, on essaye de survivre.

> Répondre

Jacques71

28/07/2015

à 15:04

Le bore out existe depuis toujours , comme le burn out.
On en parle aujourd 'hui parce que , je pense que cela se répand .

C'est un moyen de se débarrasser d'un salarié , car les lois empêchent de renvoyer un salarié sans motif valable.
On espère que le salarié finira par démissionner ou tout simplement, ne reviendra plus dans l'entreprise.

> Répondre

atoinette

20/04/2015

à 13:47

certains employeurs agissent exprès pour obtenir une démission en sous-chargeant une personne abusivement, quantitativement ou qualitativement : il s'agit d'ne manœuvre assimilée à un harcèlement moral et peut être poursuivie comme telle : voir La prévention du harcèlement moral au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=403

> Répondre

atoinette

20/04/2015

à 10:12

certains employeurs agissent exprès pour obtenir une démission en sous-chargeant une personne abusivement, quantitativement ou qualitativement : il s'agit d'ne manœuvre assimilée à un harcèlement moral et peut être poursuivie comme telle : voir La prévention du harcèlement moral au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=403

> Répondre

ID

07/04/2015

à 13:45

Un agrégé de philosophie est quelqu'un qui a été reçu au concours de l'agrégation et a donc rang de professeur et ressort de la fonction publique d'état, ce n'est en aucun cas un diplôme. On ne voit pas vraiment ce qu'il irait faire dans la territoriale où il doit d'une part passer un concours spécifique et d'autre part chercher un employeur (et oui c'est ça la territoriale, rien à voire avec la fonction publique d'état).

Donner des exemples c'est bien, mais qu'ils soient au moins crédibles.

> Répondre

zouloumango

04/04/2015

à 00:23

réponse dans l'article lui même "Les concours d’entrée sont difficiles et hyper-sélectifs, mais les tâches à effectuer redondantes et mécaniques. "...c'est le système ubuesque qui veut ça, rien à voir avec le candidat....

> Répondre

ShivaLinoa

01/04/2015

à 14:01

Sans le savoir, j'ai connu une période "bore-out".
J'ai travaillé en tant que secrétaire au sein d'une association d'écoles de musique sur Paris. Quand j'ai débuté le travail, les 5 premiers mois ont été plutôt intenses, du fait de la découverte du poste et de l'organisation. D'autant que je suis arrivée au moment de la préparation de la rentrée suivante (pré-rentrée en juin avec les préinscriptions, puis la rentrée en septembre avec les inscriptions, etc).
En fait, de juin à octobre, c'est la période pendant il y a le plus d'activité. En septembre on nous faisait faire du 45h, du lundi au samedi. Durant cette période, on ne faisait que de recevoir les dossiers d'inscription, les traiter, les saisir sur informatique, les classer.....en septembre il fallait recevoir les gens pour les inscriptions, le choix de horaires de cours...

Les tâches étaient ennuyeuses, redondantes, mécaniques : du matin au soir on ne faisait que de la saisie sur l'intranet puis du copier-coller sur Excel. Ça devenait lassant, des tâches bêtes. Et de répondre au téléphone qui ne cessait pas.

Puis venait le temps de l’absence de travail de novembre à juin, les journées étaient longues et déprimantes. Et comme je déteste rester à ne rien faire, à attendre que l'heure tourne, je me sentais mal. De plus en plus mal au fil des jours.
Bien entendu, je recherchais un poste en parallèle, sans trouver...

Travailler, pour moi est un besoin psychologique, j'ai besoin d'être occupée mais occupée intelligemment, à mettre mes compétences en pratique, de réfléchir... alors faire des tâches bêtes du matin au soir sans mobiliser un tant soit peu mes capacités intellectuelles et mes compétences en bureautique, j'ai craqué. J'étais très mal. D'autant qu'au niveau de l'ambiance ce n'était pas trop ça. Je me suis sentie un peu isolée, trahie par mes collègues.

Pourquoi me suis-je sentie trahie ? sans me vanter, j'étais plus rapide que mes collègues, on ne m'avais confié qu'une petite école avec peu d'inscrits donc peu de dossier à traiter, peu de problèmes à résoudre, alors que chacune elles avaient deux écoles (avec un grand nombre d'élèves). Il s'est trouvé que je terminais mes saisies avant elles, un jour une de mes collègues est allée dire à l'adjointe de son directeur, avec qui je n'avais aucune relation hiérarchique (organisation un peu particulière : deux directeurs, chacun avec ses écoles. Le directeur qui n'était pas le mien avait une adjointe) que je n'avais plus rien alors que c'était faux, je venais de terminer mes saisies et j'allais faire des vérifications. Cette adjointe est allée voir mon directeur en disant que je "traînais" les couloirs ! ce qui était faux, la collègue avec qui je collaborais étroitement (nous travaillons pour le même directeur) était deux bureaux plus loin et je devais donc me déplacer pour aller la voir quand j'avais besoin de lui parler d'un cas ou lui proposer mon aide. Cette adjointe avait aussi donner l'ordre à ses 2 secrétaires de ne plus répondre au téléphone, que je n'avais qu'à le faire.... mon autre collègue ne répondait pas non plus, j'étais la seule à répondre, avec 2 téléphones et en non-stop. J'avais à peine raccrocher que ça résonnait et je devais reprendre la personne que j'avais déjà mis en attente. Et quand c'était des personnes de leur arrondissement, je devais leur transmettre l'appel quand elles étaient plu sà même de répondre aux interrogations de leurs clients, elles ne me répondaient pas....
En associant tout ceci, j'ai fini par craqué après avoir tenu 1 an et demi.

De plus, on me reprochait de boire trop de café et de thé ! v'là l'ambiance alors quand on entend dire que tout ne dépend que des individus, c'est faux. Cela dépend aussi de l'enteprise !

Concernant le fait d'assumer ses choix, de choisir un travail qui correspond à ses aspirations, ce n'est pas toujours aussi facile surtout aux vues de la conjoncture actuelle. Quand on a besoin de travailler et que l'on veut travailler, il arrive que l'on accepte un travail que ne nous correspond pas à 100%, on fait des concessions pour pouvoir travailler.

> Répondre

futur retraité

01/04/2015

à 11:03

La fonction publique embauche de plus en plus des agents sous contrat
Les employés sont surqualifiés pour les tâches proposées et s'ennuient

" Pourquoi prenez vous la place d'un bachelier ?? Pourquoi ne tentez vous votre chance à l'étranger ou bien comme auto entrepreneur ?? .................... "

> Répondre

FrèreGrégo

01/04/2015

à 09:38

@ novanova,
Ton discours est typiquement celui du manager qui génère les situations que l'article dénonce. Il n'est pas question d'un cocooning exacerbé mais d'une responsabilité d'employeur (obligation de résultat en matière de santé physique et psychique).
Il n'est pas question de féliciter un salarié défaillant mais au contraire, d'être capable, de façon objective et au regard des attendus, sous réserve qu'ils aient été partagés, de réaliser un point, d'exiger des résultats voire un changement de positionnement, bref, de faire du management.
Un des grands principe du management peut se résumer par le biais d'un adage quelque peu caricatural :"qui ne sait pas punir, ne sait pas récompenser".
Oui ces situations existent, non elles ne sont pas du fait du salarié.
Oui l'entreprise peut subir des aléas qui la désorganisent, non les salariés n'en sont pas responsables.
C'est parce que la crise actuelle est dure que les salariés sont de plus en plus nombreux en Bore-out et aussi parce qu'ils sont responsables. Ils ont une famille à nourrir et ils acceptent de souffrir en silence et durablement car ils perçoivent un salaire. Et c'est humainement et intellectuellement très dur de penser ne pas mériter sa rémunération.
Chacun est maître de sa vie, mais certains le sont plus que d'autres.
Salutations.

> Répondre

novanova

31/03/2015

à 12:15

Alors, faudra-t-il demain féliciter un collaborateur qui est défaillant dans son travail pour ne pas le décourager et pendant combien de temps? N'est-il pas de la responsabilité personnelle de chacun de chercher un job qui lui correspond? Le bac +4 qui fait des tâches répétitives dans l'administration a fait un choix: il a choisi la sécurité de l'emploi dans la fonction publique au détriment de ses aspirations. Faut qu'il assume. Jusqu'à où on ira pour culpabiliser la société, l'entreprise, etc. et à déresponsabiliser les individus? Chacun est maître de sa vie, qu'il assume ses choix.

> Répondre

Business Punk

31/03/2015

à 11:15

Ces 4 raisons sont d'ordre technique et évidentes. Je pense qu'il y a un "fond" à tout cela, bien en amont de la vie EN entreprise. En effet, un salarié est aussi un citoyen et un consommateur, il faut donc considérer son "état" dans son écosystème global d'influence. Ce salarié vit dans un monde qui change vite, très vite et de plus en plus vite. Il contribue dans sa vie privée à ce changement. A-t-il l'impression de le faire dans sa vie professionnelle ? A-t-il l'impression que son entreprise est acteur de cette mutation sociétale et économique ou qu'elle est en retard ? Dans ce contexte, son employeur a-t-il une vision inspirante et fédératrice ? Donc au-delà de ces 4 raisons évoquées dans l'article, je pense que l'entreprise a le devoir de raconter une histoire inspirante à ses collaborateurs, de les rassurer sur le fait qu'elle a une belle vision pour le groupe, qu'elle sait où elle va, pourquoi elle y va et qu'elle compte sur tout le monde pour y arriver ! Le contraire de ENNUI c'est MOTIVATION, avant même de parler de surqualification, isolement etc.

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte