5 astuces de fayot pour devenir le roi de l’open space

Publié le 15 octobre 2013 La rédaction Cadremploi

Travailler d’arrache-pied est-il vraiment le meilleur moyen de réussir sa vie professionnelle ? Et bien non. Benjamin Fabre, auteur de l’hilarant « comment devenir un parfait fayot au bureau » (éd. Tut-Tut), nous démontre qu’il faut au contraire en faire le moins possible et se consacrer au cirage de pompes pour devenir le roi de l’open space. Ce diplômé de l’ESSEC passé par le consulting nous dévoile, dans cette tribune libre, les secrets de l’art du fayotage en 5 points.

On s’imagine souvent que pour grimper dans un organigramme, il faut être doué dans son job et ardent à la tâche. Comment expliquer, dans cette hypothèse, que les hiérarchies soient peuplées d’incapables et de tire-au-flanc ? Eh bien parce que. Parce que la véritable recette de la réussite, qu’on se le tienne pour dit, ce n’est pas d’accumuler des diplômes ou de travailler d’arrache-pied, mais de se faire aimer de sa hiérarchie. C’est-à-dire, pour parler clair, de savoir fayoter. Mais le fayotage demande énormément de doigté. C’est une science pointue, qui requiert de la finesse et une véritable intelligence des situations.

Voici quelques conseils pratiques :

1. Éviter les procédés trop voyants

Le mauvais fayot aime la flagornerie. Avec sa bouche de canard et ses compliments cousus de fil blanc, il ne fait illusion auprès de personne. Tout le monde a envie de lui donner des gifles. Même ses chefs. Tournez le dos à cette méthode. Si vous avez un compliment à faire à votre boss, débrouillez-vous pour qu’il lui tombe dans l’oreille par ricochet, comme s’il n’était pas supposé l’entendre. Mettez-vous à sa place : imaginez que vous surpreniez, à travers une porte, une conversation où l’on dirait de vous que vous êtes drôle, intelligent et incroyablement doué au lit. Vous le croiriez immédiatement, non ? Nigaud.

  

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2. Établir des connexions profondes

Votre chef a des goûts. Des hobbies. Des angoisses existentielles. Trouvez-les. Apprenez à utiliser les « drivers » profonds de son caractère. Il admire Mylène Farmer ? Laissez, en évidence sur votre bureau, une petite statuette rouquine (latex autorisé). Il est du genre passéiste ? Parlez-lui du Front Populaire, de Joseph Haydn et des méfaits du rap. Il adore l’alpinisme ? Faites-lui croire que vous êtes né à Chamonix et que votre père a perdu des doigts lors d’une ascension au Népal. Ce n’est pas si compliqué, bon sang.

3. Ne pas se tromper d’heure

La joie du cadre en entreprise s’accroît à mesure qu’approche la fin de la journée. Gardez cela en tête pour programmer vos interventions fayotes. Vingt heures est le moment idéal pour aller lécher des bottes. À l’inverse, tenter une approche fayote le lundi à neuf heures est tout simplement stupide. Pensez aussi à lancer vos offensives lors de ces moments à haute densité émotionnelle, comme les séminaires festifs, les dîners de départ et les entretiens de fin de période d’essai.

4. Impliquer son N+1

Votre chef vous demande de pondre un rapport. Vous avez envie de lui rendre un travail qui l’enchante ? Eh bien, donnez-lui l’illusion qu’il en est le papa. Votre document peut être vide, bourré d’erreurs et de croquis affreux, cela n’est absolument pas grave. La seule chose importante, c’est qu’il le regarde comme si c’était son bébé. Ne bossez pas dans votre coin. Rendez votre N+1 partie prenante de la rédaction, étape par étape, en incorporant la totalité de ses suggestions.

5. Mettre la morale aux oubliettes

La vie professionnelle est sans pitié. L’homme est un loup pour l’homme et puisque personne ne vous fera jamais de cadeau, au diable la charité. Imaginez que votre voisin d’open space poursuive votre boss aux prud’hommes (harcèlement). Allez voir votre cher collègue. Dites-lui que vous le soutenez. Tapotez-lui la main. Mais si votre chef vous fait venir dans son bureau et sollicite votre opinion sur le sujet, tirez à boulets rouges sur votre collègue. Dites qu’il est un ingrat. Un traître. Que ces façons de faire vous dégoûtent. Repartez en crachant.

Pour en savoir plus : Comment devenir un parfait fayot au bureau (Editions Tut-Tut, 239 p., 13 €).

La rédaction Cadremploi
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