Apprendre à coder sans être informaticien : ces cadres l’ont fait

Sylvie Laidet

Il n’y a pas d’âge pour apprendre à coder. A côté des écoles de code pour enfants, se développe tout un business pour les adultes n’ayant jamais codé de leur vie. Pourquoi apprennent-ils à programmer ? Que savent-ils faire à l’issue de leur formation ? Est-ce utile pour trouver un job ? Décodage.
Apprendre à coder sans être informaticien : ces cadres l’ont fait

A 25 ans, Mehdi Zatar en est déjà à son deuxième bootcamp consacré à la programmation informatique. Le dernier en date : 3 mois de formation intensive au sein de La Capsule alors que ce jeune chef de produit – aujourd’hui en poste à Munich chez Rocket Internet – était en recherche d’emploi. « Pour moi, le code informatique est un sujet d’intérêt général et ce stage m’a permis de démystifier la chose. Formé notamment en Javascript, je suis aujourd’hui capable de réaliser un site et une appli avec des fonctionnalités avancées, » explique-t-il. Autre bénéfice relationnel : « Je parle désormais le même langage que les développeurs avec lesquels je travaille. Cela facilite nos échanges »

Oui, le code est accessible à tous

Comme Mehdi Zatar, des centaines de cadres non informaticiens se lancent dans ce type de démarche, souvent à leur frais. « Plus de la moitié des 1300 personnes ayant suivi notre journée Coding Days sont des salariés en poste, Alexandre Zana, fondateur de ce bootcamp. Parmi eux, des chefs de projets, des pros du business developpement, de la communication, du marketing mais aussi des dirigeants. Leurs objectifs sont variés. Pour certains, il s’agit de s’acculturer à cet univers digital et d’en comprendre les grands enjeux. Pour d’autres, cette formation de premier niveau va leur permettre de formuler des besoins plus précis à une équipe de développeurs  », détaille Alexandre Zana, fondateur de Coding Days.

Grâce à cette formation, Jean-Maurice Bamare-Krong, 52 ans, chef de projet dans un groupe informatique, « gagne un temps précieux ». « Je peux moi-même corriger certaines erreurs dans des applications mais aussi estimer au mieux le temps nécessaire à tel ou tel développement. Je ne me fais plus « rouler » par les développeurs », argumente-t-il. Julia Lugovskaja, 28 ans, consultante dans un cabinet de conseil également passée par Coding Days, y voit pour sa part un moyen de développer son employabilité. « Actuellement je suis salariée mais si un jour, je souhaite monter un projet, je serai capable de coder une page internet et une appli », apprécie-t-elle.

Coder à tout prix

En fonction des écoles de code, ces formations spéciales « bras cassés de la programmation » durent de 1 journée (Coding Days) d’initiation pure, mais avec beaucoup de pratique, à plusieurs mois (9 semaines chez Le Wagon, 10 semaines à La Capsule, etc). Les prix varient donc eux-aussi. Comptez 99 euros pour la journée Coding Days, 5500 euros les 45 jours au Wagon, ou encore 4900 euros les 3 mois à La Capsule Paris (3900 euros à Lyon). « Ces formations sont finançables via le CPF, via Pôle emploi, les Régions et les Opca », précise Romain Paillard, chargé de communication chez Le Wagon. Quelle que soit la durée du stage, la promesse est la même pour tous : comprendre le fonctionnement d’un site ou d’une appli et être capable de faire des modifications de premier niveau. Evidemment, plus la formation est longue, plus vous serez à même de programmer des sites, des pages et des applis élaborées.

Ajouter une ligne de code à son CV

Sans envisager de se reconvertir en développeur, ce type de compétences peut être un plus dans un processus de recrutement. Donc n’hésitez pas à le mentionner sur votre CV ou, comme Jean-Maurice Bamare-Krong, indiquez-le sur vos profils Viadeo et LinkedIn. « Grâce à ces 2 bootcamps dédiés à l’apprentissage du code, j’estime avoir un niveau Bac+2/3 donc les compétences d’un développeur junior. Je l’ai évidemment indiqué dans mes candidatures et j’ai eu une question technique de la part du recruteur. Connaître l’envers du décor pour la fonction de product manager n’était pas indispensable mais cela a été un plus », illustre Mehdi Zatar.

Alexandre Zana raconte également volontiers l’expérience de ce jeune diplômé d’une école de commerce qui lors d’un entretien a mis en avant son initiation au code. « Le recruteur lui a alors demandé de modifier en live une info sur un site. Il a ainsi montré son ouverture d’esprit et sa capacité à se débrouiller », conclut-il. Mais attention dans le code, comme à chaque fois dans les nouvelles technologies, une innovation en chasse une autre. Ainsi, certains annoncent déjà la fin du code au profit de l’intelligence artificielle. à quand les formations pour donner les bonnes consignes orales à nos ordinateurs ? 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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