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Cadres en France : quel est leur quotidien professionnel ?

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Sylvie Laidet

Qu’est-ce qui différencie les salariés au statut cadre des autres employés ? Cadremploi a mené l’enquête pour mieux révéler le quotidien des cadres français. Vous reconnaîtrez-vous ?

Cadremploi a voulu mené l’enquête derrière les chiffres des cadres pour en savoir plus sur leur quotidien professionnel. Et si le salaire et les avantages sont bien au rendez-vous, certains cadres semblent être enfermés dans leur statut.

 

Les cadres n’encadrent pas forcément

Les temps changent. Si dans les années 60-70, les cadres étaient assimilés aux chefs, ce n’est évidemment plus le cas. Les cadres n’encadrent plus forcément des collaborateurs. « Ce sont plutôt des experts d’un sujet ou d’une fonction qui passent un temps fou à "recentraliser" des informations afin de redonner du sens à leur mission », observe Bénédicte Geffroy, professeur en management des organisations et du numérique à l’IMT-Atlantique. Conscients qu’ils n’auront sans doute pas le temps ni les moyens d’encadrer correctement leurs équipes, certains cadres vont même jusqu’à refuser de manager. « Le management à distance, par messagerie, mail ou autre, ne les intéresse pas. Ils voudraient pouvoir échanger physiquement avec leurs équipes, or ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Pour eux c’est une souffrance », ajoute-t-elle.

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Un statut qui compte encore dans l’entreprise

« Les cadres redemandent du temps pour instruire leurs dossiers. Sauf qu’aujourd’hui, pour beaucoup, travailler, c’est être en réunion », constate Bénédicte Geffroy. Du coup, pour redonner du sens à leur travail, ils déportent leur activité en dehors des heures de travail. Donc le soir et/ou le week-end chez eux. Ultra connectés, ils n’en sont pas moins coupés (en vrai) de leurs équipes.

Lire aussi : Droit à la déconnexion : comment les entreprises l’appliquent-elles ?

 

On le voit les cadres ne sont plus nécessairement les rois du pétrole. Beaucoup se plaignent de cette dégradation de leurs conditions de travail. « Malgré tout, ce statut compte encore. Dans les organisations, on est toujours très soucieux de savoir qui est cadre ou pas », constate Gaëtan Flocco. Cette ambivalence trouve sans doute une explication du côté des rémunérations et d’avantages divers. Les grilles salariales sont par exemple toujours à la faveur des cadres.

 

Des cadres qui ne profitent pas toujours de leur autonomie

Quand on les interroge sur la spécificité de leur statut, les cadres mettent d’emblée en avant leur autonomie dans leur organisation et leur temps de travail. « Dire "je n’ai pas mon chef en permanence sur le dos. Je lui rends des comptes de temps en temps", participe du prestige du cadre », analyse Gaëtan Flocco, sociologue au Centre Pierre Neuville de l’Université Evry Paris Saclay. Derrière ce critère, il y aurait, pour ce chercheur, une forme d’illusion et de mensonge à soi-même. « Oui les cadres ont une liberté potentielle mais elle n’est pas effective », constate-t-il. Effectivement, sur le papier, ils gèrent leur emploi du temps comme ils veulent. Et peuvent se rendre chez le médecin, à l’école, etc… en pleine journée. Sauf que sur le terrain, ils ne le font pas. « Leur organisation de travail est dépendante du tempo de l’arrivée des mails et consorts. Ils ont perdu la maîtrise de leur agenda », souligne Bénédicte Geffroy. « Ils ont un fil à la patte permanent vis à vis de leurs objectifs, de leurs clients, de leurs fournisseurs, des nouvelles technologies de l’information, etc », renchérit le sociologue. « Ils sont davantage dans la disponibilité sans borne et en temps réel que dans l’autonomie. Ils pensent qu’un cadre efficace est celui qui réagit de suite au risque d’être taxés de non engagés », précise la coauteure de E-bureaucratie : le travail emmailé des cadres (Presses des Mines). Heureusement, certains cadres déconstruisent cette définition de l’autonomie.

 

Le travail, un épanouissement pour les cadres ?

« Déclarer qu’au delà du gain financier, le travail apporte une source d’épanouissement intellectuel, de créativité, etc, bref que le travail leur permet de se réaliser, est un réflexe largement entretenu par les cadres », observe Gaëtan Flocco. Or sur le terrain, la réalité n’est pas toujours aussi rose. Il suffit de voir le nombre de cadres qui déclarent avoir des « bullshit jobs » ou qui tombent en burn out pour comprendre que leur travail n’est pas toujours source d’épanouissement.

 

Un nouveau statut cadre ?

Reprendont, reprendont pas ? Les négociations entre partenaires sociaux (syndicats de salariés et de patrons) visant à redéfinir le statut cadre, sont pour l’heure au point mort. Avec la fusion au 1er janvier 2019 des régimes de retraite Agirc (cadres) et Arrco (salariés), les cotisations retraite ne seront plus un signe d’appartenance à la catégorie cadre. Aux partenaires sociaux de tomber d’accord sur les nouveaux critères d’éligibilité à ce statut. Faut-il élargir ou pas l’accès au statut ? En fonction d’un taux de cotisation prévoyance ? Pour l’heure, rien n’est joué. Mais des millions de cadres s’interrogent. Et pour cause, de leur statut découlent certains avantages. Par exemple, le niveau de rémunération bien sûr, la durée de préavis, parfois le niveau des indemnités de licenciement.

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