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Ces profils pour qui travailler en start-up est un enfer

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Farah Sadallah

Les comportements et mode de travail que beaucoup connaissent dans de moyennes ou grandes entreprises n’ont rien à avoir avec ceux des start-up. Cadremploi vous propose le portrait-robot des candidats qui risquent de ne pas s’épanouir dans ces jeunes pousses.

 

« En start-up, on ne prend plus par la main, mais on se prend en main », affirme Annabelle Bignon, CEO de Lion, une école qui aide des collaborateurs à intégrer des start-up. Bien que cela puisse en rebuter quelques-uns, travailler dans une start-up implique parfois de tout faire par soi-même, qu’on ait les compétences ou pas, qu’on ait le temps ou pas. Il faut être pragmatique. « On va te demander de faire du motion design. Tu n’as aucune idée de comment faire, mais il va falloir sortir quelque chose », donne comme exemple Lou*, une ancienne employée d’une start-up spécialisée dans les nouvelles méthodes en ressources humaines. Licenciée à la fin de sa période d’essai, son profil ne collait pas aux exigences de la start-up. Et vous, avez-vous le profil ?

Un accompagnement managérial plus léger

Dans une start-up les patrons ou les managers -s’ils existent- n’ont pas toujours le temps de vous accompagner. Ce management a manqué à Lou. Anciennement à la tête du pôle événementiel d’une start-up, elle regrette : « je ne rendais de comptes à personne, je ne savais pas si j’allais dans la bonne direction. J’avais simplement droit à un "c’est cool", de temps en temps ». Désormais, Lou travaille dans un cabinet de conseil en RH, et l’effort managérial est incomparable. « J’ai un mentor à mon écoute, il me conseille, m’oriente, et si je n’ai pas les armes pour faire, je peux le dire. On ne me laisse pas seule », avoue-t-elle.

Pas toujours assez de temps pour se former

En plus du management, le besoin d’apprendre des autres et surtout des plus expérimentés sera difficilement réalisable en start-up. Les employés, jeunes pour la plupart, n’ont pas le temps de vous former. Il faut faire et faire vite. Même si tout le monde est prêt à travailler en équipe et à partager ses compétences pour avancer tous ensemble. À son arrivée chez MyGoldenNetwork, spécialisée dans l’édition et la gestion de projets, Marie * alors rédactrice web, n’a bénéficié d’aucune procédure d’intégration et de formation. « Un collègue nous a quand même expliqué comment fonctionnait le site, mais on voyait bien que cela l’agaçait », raconte-t-elle.

Lire aussi : Jeunes diplômés : postuler dans une start-up, ça change quoi ?

À l’inverse dans certaines start-up, comme Bankin’, une application de gestion de comptes bancaires, un parcours d’intégration est prévu pour les nouveaux arrivants. Ils rencontrent leurs futurs coéquipiers, et sont mis en situation. Ils ont donc une meilleure idée du fonctionnement de l’entreprise.

Obtenir de la reconnaissance

Le manque de reconnaissance est un sujet qui touche tous les types d’entreprises. Toutefois, selon Brigitte Aubine, DRH à temps partagé pour des PME et TPE au sein du réseau Finaxim, on viendra rarement vous remercier pour votre personnalité, votre capacité à apprendre et à progresser, comme on peut le faire dans certaines sociétés plus structurées. En start-up, la seule reconnaissance qu’on vous accorde, relève de votre capacité à faire croître l’activité de l’entreprise. Mais au final, peu importe l’entreprise dans laquelle vous travaillez, les managers ont dû mal à faire des feedbacks.

Lire aussi : Le feedback : comment bien maîtriser cet outil de management

Devenir expert dans son métier

Se spécialiser, monter en compétences et devenir expert dans son domaine, n’est pas donné à tout le monde dans une start-up. Au contraire, la polyvalence est vivement conseillée. « Si vous êtes responsable des ressources humaines dans une start-up, vous serez aussi amené à faire de la comptabilité, du contrôle de gestion. Il faut faire de tout, et vous pouvez même passer d’un métier à un autre », explique Brigitte Aubine. À l’inverse d’une grande entreprise où les experts sont plus prisés que les généralistes. C’est d’ailleurs le cas sur le marché de l’emploi, notamment dans les domaines du marketing et du digital.

Prendre le temps de faire les choses

Tout va très vite dans une start-up. Les strates hiérarchiques étant moins nombreuses, les décisions sont prises rapidement et permettent de faire éclore les projets plus vite. « On n’a pas le temps d’aller plus loin, il faut avoir un retour rapide du marché », explique Annabelle Bignon. Alors si vous avez l’habitude que votre travail murisse doucement tout en attendant la validation de toute la hiérarchie, l’univers start-up n’est pas fait pour vous.

En recherche de stabilité

Dans le cas où le projet n’est pas un succès et qu’il fait baisser le chiffre d’affaires, la start-up doit réfléchir à un changement de business model, ce qu’on appelle un pivot, et donc une nouvelle direction qui ne sera peut-être pas à votre goût, licencier ou, dans le pire des cas mettre la clé sous la porte.  « Tous les candidats ne sont pas prêts à assumer ces risques, il vaut ainsi mieux éviter de postuler dans une start-up », lance la CEO de Lion. Il faut être réactif et ne pas hésiter à proposer un nouveau projet dans la foulée. « Cette violence opérationnelle peut en déboussoler plus d’un », renchérit Annabelle Bignon.

Lire aussi : 7 qualités à faire valoir pour passer d’une start-up à un grand groupe

Garder un équilibre entre vie pro et vie perso

Comme déjà évoqué précédemment, les start-up courent après le temps. « J’arrivais à 8h du matin et je finissais à minuit », témoigne Lou. À passer autant de temps en entreprise, les collègues finissent par devenir des amis. Et la frontière entre vie privée et vie professionnelle devient poreuse. Mais certains ont besoin de garder un équilibre entre les deux. Marie témoigne : « Quand ton patron te prend pour son pote un jour et que le lendemain il te passe un savon, ça fait bizarre ». Annabelle Bignon n’est pas du même avis : « Quand on est autant engagé que les autres dans son travail et qu’on y trouve du sens, on peut tout mélanger ».

Cette porosité entre vie pro et vie perso est aussi une réalité dans les grands groupes. Tout comme les heures de travail interminables qui sont monnaie courante dans les cabinets d’audit par exemple. Mais peu importe Marie ne retravaillera plus jamais dans une start-up, elle compte passer les concours de la fonction publique pour devenir attachée territoriale et retrouver un cadre de travail plus structuré.

*Les prénoms ont été changés

Une start-up c’est quoi ?

Selon Annabelle Bignon, une start-up est une entreprise temporaire et débutante à la recherche de son business model. À terme, ces structures deviennent le plus souvent des entreprises numériques. 

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commentaires

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DD29

03/07/2018

à 14:22

Un belge m'a enseigné il y a 30 ans:3 profils pour 3 types d'entreprise.
La start up
La PME
Le grand groupe
vous êtes adapté à l'un de ces profils, vous ne pouvez pas travailler dans l'netreprise qui ne corresponfd pas à votre profil sans être malheureux.

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En réponse à DD29

RMTC

08/07/2018

à 09:22

Nos envies et ambitions changent tout au long de notre parcours professionnel en fonction également de notre vie perso. Nous pouvons être adaptés à chaque type d'entreprise à des moments différents de notre vie.

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Philippe

29/06/2018

à 09:31

Oui, c'est bien vu comme article ... Cela pose la question de comment on crée du travail structuré et bien encadré ... Ce n'est malheureusement plus un acquis pour le plus grand nombre ...

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En réponse à Philippe

Sandy

02/07/2018

à 15:17

Très bon article qui permet aux candidats de comparer start-up vs entreprise traditionnelle pour un choix final judicieux.

> Répondre

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