Ces slasheurs cumulent un job passion et un job raison

5 juillet 2016 Jeanne Ably

Marier le besoin et l’envie, en joignant l'utile à l'agréable. Tel est le pari de certains audacieux qui s'activent entre leur métier alimentaire et leur passion, sans crainte du burn-out.
Ces slasheurs cumulent un job passion et un job raison
  1. Deux boulots sinon rien
  2. En quête de sens et de bien-être
  3. Des disciplines qui communiquent entre elles

Ces hyperactifs ne comptent pas les heures, et leur double casquette leur permet de mener une carrière sans transiger sur leur rêve. Objectif : maintenir l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ou mieux, garder les pieds sur terre avec la tête dans les étoiles. Ils témoignent.

Deux boulots sinon rien

DRH à temps plein au sein d’un conservatoire et passionnée d’environnement, Mélanie Heurtaux a fondé parallèlement, avec son conjoint, l'association Ökotop, qui préconise des méthodes douces et respectueuses de la biodiversité pour l'entretien des espaces verts. « Il nous arrive de travailler durant nos pauses déjeuner et tard le soir et il m’a déjà fallu affronter sur la même période des problèmes importants au boulot, un gros appel d’offre et des travaux de rénovation mais il n’a jamais été question pour moi de quitter mon job de DRH. Non seulement il me passionne, mais tout lâcher à deux serait trop risqué. »  Idem pour Guilhem Julia, maître de conférences en droit à Paris XIII et… magicien ! « Malgré parfois une petite frustration dû au sentiment de ne faire qu’à moitié chacune de mes deux activités, pour rien au monde je ne renoncerais à l’une d’elles. Les deux me plaisent, et, à coup sûr, si je faisais de la magie - que je pratique depuis l’enfance – ma seule source de revenus, elle perdrait pour moi son caractère sacré de passion pour se réduire au rang de simple travail. Par ailleurs, la perspective de passer d’une discipline à l'autre au cours de la même journée me stimule au point de me rendre plus efficace. »

 

En quête de sens et de bien-être

Moins portés sur l'enrichissement financier que sur un épanouissement personnel, tous sont unanimes : œuvrer dans des domaines distincts, voire hétéroclites, est le meilleur moyen d’atteindre à une qualité de vie supérieure. « Au-delà du sentiment de liberté  que procure l’exercice de deux activités, je suis fière d’agir de manière concrète pour préserver la nature. De plus, ce projet m’a non seulement mise en relation avec des gens d’horizons très divers, mais il a aussi bouleversé ma façon de voir les choses, en me propulsant d’une vie citadine à un quotidien rural. Cette rupture n’a pas de prix à mes yeux, surtout quand je vois ma fille jouer à la bergère parmi les moutons », assure Mélanie Heurtaux.  Même enthousiasme chez Sophie Chiaramonte, professeur de lettres, à qui son emploi du temps laisse le temps de se consacrer aussi bien à ses projets musicaux qu’à son autre passion : la mode. « Si le  web shop de vêtements vintage que j’ai fondé avec ma sœur est l’occasion de nous retrouver pour dénicher la pièce rare, la musique me permet à la fois de communier avec les autres et de me sentir en harmonie avec moi-même. De mieux vivre, en somme. Même si mon tempérament perfectionniste me laisse parfois un goût de trop peu dans chacun de mes projets, je suis persuadée que l’action qu'on mène dans un certain domaine est un "booster" d’énergie qui se répercute dans les autres compartiments de la vie. »

 

Des disciplines qui communiquent entre elles

Vivre la multiplicité des savoir-faire comme un moyen de s’élever, telle est l’ambition de ces travailleurs pluriels dont les différentes disciplines, parfois contradictoires au premier abord, viennent se nourrir l'une l'autre : « Tout comme le droit, la magie exige précision, rigueur, ainsi qu’une bonne dose de concentration et un certain isolement lors de la phase de préparation. Puis vient la rencontre avec le public : j'entre dans mon amphithéâtre comme je monte en scène, non sans une certaine excitation à l’idée de me retrouver face à un auditoire dont il s’agit, dans un cas comme dans l'autre, de gagner l’attention. Les recettes du magicien pour captiver et convaincre me servent beaucoup pour imposer mes raisonnements juridiques devant mes étudiants. Réciproquement, mon savoir législatif m’a permis de mieux connaître mes droits en tant qu’artiste, et de réfléchir à la protection juridique du tour de magie dans le droit de la propriété intellectuelle et artistique », souligne Guilhem Julia qui a d'ailleurs consacré sa thèse de doctorat à cette question. Fascinée par l’art depuis toujours, Sophie Chiaramonte a pu, quant à elle, assouvir son besoin de s’exprimer dans ce domaine grâce à la musique : « Si toutes mes activités se rattachent d’une certaine manière à la créativité, le métier de prof n'envisage l’art que moyennant la seule démarche analytique. Or, j’avais envie de passer de l’analyse à une forme active d’expression, notamment en me produisant sur scène. »

 

Jeanne Ably
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