Comment (bien) quitter son entreprise ?

Publié le 12 mai 2012 Aurélie Tachot

Mutation, licenciement ou démission… Rares sont les cadres qui ne connaîtront pas de ruptures professionnelles dans leur carrière. Qu’ils soient volontaires ou imposés, les départs ne doivent pas être pris à la légère. Les conseils de Rosa Rossignol, auteure de l’ouvrage « Gérer efficacement un départ », pour mieux appréhender ces changements de cap.
  1. Outre les obligations juridiques, quels sont les points délicats à gérer lorsque l’on quitte son entreprise ?
  2. Comment l’entreprise peut-elle accompagner son collaborateur ?
  3. Faut-il obligatoirement dire au-revoir à ses collègues ?

Outre les obligations juridiques, quels sont les points délicats à gérer lorsque l’on quitte son entreprise ?

L’un des principaux enjeux est de rester professionnel et de ne pas jouer de son pouvoir de nuisance auprès de son équipe. Plutôt que de tomber dans une spirale négative et de se désintéresser des missions de l’entreprise, le salarié a tout intérêt à mettre en place une stratégie de communication à destination des équipes internes et externes. À l’occasion d’un entretien avec son N+1, il peut peaufiner la manière dont il souhaite expliquer les raisons de sa mobilité, choisir un vecteur de communication approprié et décider de la date d’annonce de son départ. En cas de démission, il est parfois conseillé de discuter de sa démarche en amont avant l'envoi de la lettre de démission en vue de ne pas surprendre en interne.

L’intérêt, pour le salarié, est d’éviter les malentendus, de rester en bons termes dans le cadre d’une démission et d’être soutenu dans le cadre d’un licenciement.

Comment l’entreprise peut-elle accompagner son collaborateur ?

L’entreprise ne doit pas se cantonner à la seule procédure légale. À sa prise de poste, le salarié bénéficie d’un parcours d’intégration. De façon symétrique, il doit également pouvoir jouir d’un parcours de départ individuel s’il le quitte. Cet accompagnement, à l’initiative des ressources humaines, permet non seulement de faire le point sur la passation des dossiers du salarié mais aussi de s’assurer que les informations fournies dans le cadre de la prise de référence des futurs employeurs seront positives. Par ailleurs, cette étape permet de prouver aux équipes en place que l’entreprise est en mesure de gérer les mobilités de ses salariés de manière intelligente et humaine. L’enjeu est important : le départ d’un collaborateur peut susciter des interrogations ou causer une perte de repères dans l’équipe de travail. Lorsqu’un salarié part, ce sont tous les autres collaborateurs qui se projettent dans ce cas de figure. D’où l’intérêt, pour l’entreprise, d’être le plus transparent possible.

Faut-il obligatoirement dire au-revoir à ses collègues ?

Il arrive, dans certains cas extrêmes, que les salariés n’aient d’autre choix que de quitter leurs fonctions dans le silence le plus absolu. Si ce parti-pris est compréhensible, il laisse la plupart du temps des traces émotionnelles dans le parcours de la personne. Par conséquent, plutôt que de partir en catimini, mieux vaut acter son départ et formaliser un « au-revoir », par exemple à l’occasion d’un pot de départ. Savoir prendre congé est un acte qu’il ne faut pas négliger. Il permet de marquer le coup et, à la manière d’un rituel, de faciliter la transition professionnelle du salarié. L’idéal est, là aussi, de rester positif, de remercier son équipe et de laisser ses coordonnées à ses collègues. Et de garder en tête qu’il s’agit de tourner une page professionnelle et non de régler ses comptes…

Aurélie Tachot
Aurélie Tachot

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