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Comment parler politique au boulot ?

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Sylvie Laidet © Cadremploi.fr

Après les conversations sur les patrons, la famille et l’argent, la politique est l’un des sujets de discussion favoris des salariés français. En pleines élections municipales, comment aborder concrètement le sujet au boulot ? Peut-on tout dire ? Comment réagir face à un collègue hyper militant ? Face à un candidat ?

Parler politique au boulot n’est pas tabou

Selon un sondage Cadremploi/Ifop paru le 17 mars dernier, 47% des salariés parlent politique avec leurs collègues. Et, n’en déplaise à certains censeurs, ce sujet de discussion est tout à fait légal. Car comme ailleurs, en entreprise, la liberté d’expression prévaut, la seule limite étant évidemment l’abus. « En la matière, il n’existe pas de liste pré établie d’abus. C’est à l’employeur de le caractériser et c’est ensuite laissé à l’appréciation des juges », argumente Me Eric Rocheblave. Il y aurait par exemple abus si l’un des salariés fait du prosélytisme acharné et que son entourage professionnel s’en plaint ouvertement. Si cela ne dérange personne : pas de problème.

Toutefois, certains employeurs peuvent encadrer cette liberté d’expression par des clauses dans le contrat de travail ou le règlement intérieur. Donc vérifiez le contenu de ces deux documents avant de vous épancher sur votre couleur politique. « Il faut dédramatiser et désacraliser la politique en entreprise. Moins le sujet politique est tabou, moins il y a de crispations », constate Arnaud Lacheret, enseignant chercheur et docteur en science politique à l’Idrac Business School.

 

Face à un militant qui en fait trop

L’un de vos collègues affiche la photo et le programme du candidat de son cœur sur les murs de son bureau ? A la machine à café, il ne parle que de ça ? Bref, il vit pleinement (et ce n’est rien de le dire) la campagne : prenez le parti d’en rire. « En agissant de la sorte, cette personne cherche à se démarquer et à se faire remarquer. Si c’est un militant pur et dur, il y a peu de chances qu’il soit très ouvert à la discussion, donc autant se moquer et gardant le plus de légèreté possible dans les propos », conseille Arnaud Lacheret. Une phrase du genre « tu sais, untel ou untel, cela ne changera pas la face du monde ». Mais attention à ne pas être humiliant, rendez au contraire la « critique fraîche ». « Si on n’a pas les mêmes opinions, entamer un débat de fond avec cette personne est le meilleur moyen de créer des inimitiés professionnelles et d’instaurer des clans », observe-t-il. 

Un collègue est candidat sur une liste

Face à un collègue candidat, entrez dans le vif du sujet. Que vous soyez d’accord ou pas avec elle, en se présentant, cette personne prend un risque (celui d’être la risée de tous en cas de défaite), elle va jusqu’au bout de son engagement, donc respect. « Avec un candidat, on peut parler du fond des projets car il a des idées, maitrise en général son sujet et est formé pour en parler », ajoute Arnaud Lacheret. Profitez de la pause déjeuner ou des pauses cafés pour engager le débat. Ca changera des résultats sportifs et de la santé du petit dernier.  

Et après la proclamation des résultats ? Mathématiquement, il y a davantage de candidats que d’élus, donc si votre collègue est dans le clan des perdants, il faut le « ramasser » le lundi suivant la proclamation des résultats. « Allez vers lui avec des mots sympas et aidez-le à relativiser. Remettez-vous tous au travail rapidement. Lui donner un dossier à gérer différent de d’habitude peut éventuellement l’aider à passer à autre chose », conclut notre docteur en science politique. 

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