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Comment travaillent les slasheurs 2.0, pros du web ?

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Jeanne Ably

Ouverts à tout et décidés à ne pas moisir en open space, nombre de slasheurs se construisent une carrière patchwork par juxtaposition d'intérêts multiples. Ce, grâce à la magie d’internet et des réseaux sociaux qui leur permet de se diversifier en tissant peu à peu leur propre toile.

Un mi-temps salarié par-ci, quelques prestations facturées par-là, aussi bien auteurs que pigistes, ou freelance, ils cumulent les statuts par refus de choisir entre l’un ou l’autre. Leur objectif : se construire un mode de vie sur mesure, et qui réponde à leur besoin de créer et d'innover. Rencontre avec ces travailleurs d'un nouveau genre.

De purs produits de la révolution digitale et du télétravail

Exerçant le plus souvent de chez eux et à leur compte, les slasheurs 2.0 ne pourraient jongler avec plusieurs métiers sans les outils numériques que propose le web. « Internet permet non seulement de développer de nombreux centres d'intérêt mais il offre aussi un vivier précieux de clients et de partenaires potentiels, à condition bien sûr de se faire connaître via un site ou un blog », assure Brigitte Roujol, consultante, coach, auteur et maître-verrier à ses heures. Même constat chez Irène, compositrice de musique électronique / artiste plasticienne / photographe paparazzi / community manager : « Contrairement à l’art contemporain, où le réseau se tisse davantage par copinage, ma musique s'est fait connaître via Soundcloud, mon clip est sorti sur YouTube et a été relayé en force sur les réseaux sociaux. Aussi, Google Adwords assure la promotion de mon site de paparazzi. » Costumière / mannequin / fondatrice d’une boutique en ligne / bloggueuse, Suzanne est, elle aussi, formelle quant au rôle clef d’internet : « Le digital m’a permis d’aller au bout de mes passions, en créant notamment mes propres vitrines mais il me facilite aussi la tâche au quotidien :  que je sois embauchée comme mannequin sur un showroom ou en tant que styliste pour une émission de télé, où l’attente est chaque fois très longue, rien ne m’empêche de mettre à jour mon blog ou de travailler sur ma boutique en ligne. »

 

Des activités qui se nourrissent mutuellement

Si le slasheur se distingue parfois par des choix d’activités sans lien très évident entre elles, mis à part leur caractère toujours très personnel, chacune vient, d’une manière ou d’une autre, enrichir la précédente : « Mon travail de mannequinat me plonge sans cesse dans les collections, ce qui me donne des idées pour composer mes tenues de costumière et m’aide à mieux cerner le goût du jour pour ma boutique en ligne. En outre, tout ce que je vis à travers ça devient source d'inspiration pour mon blog, où je publie des billets d’humeur sur le monde qui m’entoure. »  Consultante en stratégie / enseignante / directrice d’une maison d’édition numérique / doctorante en histoire de l’art, Myriam Prot-Poilvet se félicite quant à elle d’avoir su composer son propre cocktail dans le respect d'une certaine cohérence : « J’utilise les outils numériques pour ma thèse afin de démontrer certaines choses sur la couleur. Pour le conseil, je m’efforce d'établir des ponts entre l’art et la stratégie. Quant à ma maison d’édition, elle constitue pour moi une autre forme d’art, par la réunion de talents qu'elle implique. »

 

Une organisation au cordeau

Toutes l’affirment : la vie de serial jobber est chronophage et contraint à une certaine maestria dans la gestion de son temps : « Il est compliqué, au début, d’arriver à se contrôler en ne travaillant pas 24 heures sur 24. J’ai appris à me chronométrer et à tout planifier au point de devenir une obsédée de l’organisation. Il est en outre indispensable de redéfinir sans cesse ses priorités et de prendre le temps de réfléchir sur soi-même et sur sa productivité. Sans quoi on y laisse vite des plumes », indique Myriam Prot-Poilvet. Même son de cloche chez Brigitte Roujol, qui affecte un quota de travail à chacune de ses activités : « Être multitâche implique de réinventer régulièrement sa gestion du temps et d’être très vigilant. Il ne faut surtout pas se disperser. » Quant à Irène, elle n’a pas hésité à placarder un tableau à quatre colonnes sur la porte de sa chambre : « Cela me permet de savoir où j’en suis. Surtout, de me canaliser : je n’ai personne pour me surveiller, pour me modérer, ni pour me motiver à produire. Je dois trouver seule les bons dosages. »

 

Une source permanente d'enrichissement

Multiplier les identités professionnelles permet non seulement de vaincre la routine mais de cultiver ses nuances et de s'ouvrir à différents réseaux : « Je n’ai jamais appris autant de choses que dans cette situation de multiactivité où je ne peux compter que sur moi-même », affirme Myriam Prot-Poilvet. « Même s’il est fréquent pour moi de ressentir une forme de jalousie de gens me reprochant ma liberté, mes différentes activités ont l'avantage de me mettre en relation avec des personnes issues aussi bien du monde de l'entreprise que du sérail artistique, ce qui élargit considérablement ma palette », renchérit Brigitte Roujol. Moyen enfin de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en ces périodes de vaches maigres : « Je ne pourrai pas être mannequin toute ma vie, et même si ma boutique a encore de beaux jours devant elle, impossible de savoir de quoi demain sera fait. Il n’empêche qu'à aucun moment je n'aurai le moindre sentiment d’échec ou d’instabilité car tout ceci me permet d'être à la fois rigoureuse, créative, voire un peu geek et ainsi d'augmenter mon champ des possibles », conclut Suzanne.

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commentaires

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philad

07/07/2016

à 14:25

bonjour,
C'est que je trouve cela interessant comme vie active. Plusieurs activites en même temps. Si c'est volontaire je suis d'accord mais il y a aussi les /eurs qui sont obliges d'avoir plusieurs travail pour pouvoir vivre. La precarité que nous propose le liberalisme n'est pas une fatalité, cela devient une possibilité pour s'en sortir.
J'aime si c'est voulu j'aime pas si c'est obligatoire pour vivre dans notre societe.

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