Comment vous préparer à une interview

Publié le 15 avril 2013 Sylvie Laidet

Vous êtes sollicité par la presse pour une interview sur la stratégie marketing de votre business unit, sur votre métier, sur l’apport des nouvelles normes comptables… Comment préparer un entretien sollicité par un journaliste ?

Cernez les besoins du journaliste

Un journaliste professionnel attaque toujours un papier (enquête, reportage…) avec un angle précis. A savoir avec une question bien déterminée pour laquelle il recherche des éclairages. S’il traite la parité homme femmes dans l’entreprise, il pourra par exemple « angler » sur la politique en matière d’égalité salariale ou sur les formations / coaching mises en place pour les femmes afin qu’elles accèdent à des postes à responsabilités. Le sujet reste le même, mais l’angle est différent. Lorsqu’on vous propose une interview, cherchez à bien comprendre cet angle afin de pouvoir y répondre à travers une idée forte. A éviter ? Demander les questions à l’avance. Cette attitude très scolaire peut empêcher l’instauration d’un vrai dialogue le jour J. Il est courant de demander, par contre, quelle pourra être la place de votre intervention dans le cadre de l’article ou le reportage télé.

Préparez des réponses efficaces

En presse écrite et à la télé, les articles et les reportages sont relativement courts. Pour vous assurer que le journaliste prendra bien note des informations que vous souhaitez transmettre, préparez votre intervention. Votre message doit être clair, pour vous, et vous devez le formuler clairement . Vous aurez plus de chances que le journaliste le retienne. Le truc de Fabrice Daverio, directeur général adjoint du Centre de formation et perfectionnement des journalistes (CFPJ) : « Limitez les interventions théoriques et techniques au profit d’exemples et d’anecdotes facilement récupérables pour l’intervieweur ».

Evitez le jargon lors de l'entretien avec un journaliste

Eviter le jargon pour mieux se faire comprendre par un interlocuteur quel qu’il soit est une évidence. C’est d’autant plus important dans le cadre d’une interview qu’un dialogue jargonneux peut poser des problèmes concrets : notamment, une expression anodine pour un expert peut, si elle est utilisée, être interprétée autrement par le lecteur. « Par exemple, un « grand arrêt » dans une raffinerie est par exemple un processus classique d’arrêt et de démontage de l’outil de production. Une expression rassurante. Pour le lecteur, « grand arrêt » risque de rimer avec grand problème », illustre Fabrice Daverio.

Travaillez les sujets sensibles

Sans être confronté à une situation de crise, il se peut qu’au fil de l’entretien le journaliste vous renvoie à une situation délicate. Par exemple, si vous travaillez dans un organisme de crédit à la consommation, vous risquez de devoir répondre à une question du genre : « Que pensez-vous des crédits à 20% de taux d’intérêt vendus à des personnes âgées ? ». « Il peut être contre-productif d’éluder les questions sensibles, mieux vaut se préparez-vous à donner le plus d’informations possible et à recentrer le dialogue sur ce que vous maîtriser le mieux. Dans le cas précis par exemple, à ce qui a été mis en place par votre entreprise pour répondre à cette situation », conseille le dirigeant du CFPJ. Les clés : ne rentrez pas dans un débat général, ne parlez pas de la concurrence. Et si vous ne savez pas répondre à une question, soyez transparent, dites-le. « Si possible engagez-vous à fournir la réponse au journaliste dans les plus brefs délais. Et tenez votre parole », insiste Fabrice Daverio.

Pas de discours récité

Rien de pire que de ressortir en interview un discours hyper préparé, voire appris par cœur. Par exemple, il faut éviter de vous appuyer sur des fiches rédigées lors de l’entretien. « Ce type de méthode peut néanmoins être comprise à l’occasion de sujets très sensibles ou techniques comme le décès d’un collaborateur ou un sujet historique », conseille-t-il. Il faut garder en tête que les informations qui ne seront pas utiles au journaliste dans le cadre de son papier ne seront pas reprises. Ce n’est pas parce que ce dernier prend note de certaines informations qu’il les utilisera. Donc, mieux vaut rester souple lors de l’entretien, tout en ayant bien préparé les informations que vous êtes prêt à transmettre.

Peut-on demander à un journaliste de relire son article ?

A priori, les journalistes ne font pas relire leurs papiers ou visionner leurs sujets télé avant parution ou diffusion. Tout au plus pouvez-vous demander une relecture de vos propos. « Mais il faut caler cette demande a posteriori, donc avant l’entretien », conclut notre expert des médias. La règle est implicite : un journaliste n’est pas tenu d’accepter une relecture de vos citations ; mais vous n’êtes pas tenu non plus d’accepter l’interview.

Sylvie Laidet @ Cadremploi.fr

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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