Confiance en soi : comment les recruteurs la repèrent-ils ?

Stéphanie Marpinard

Quelle attitude adopter pour rassurer votre interlocuteur ? Un trop-plein d’assurance peut-il nuire à votre embauche ? Trois professionnels du recrutement vous expliquent comment présenter un profil gagnant le jour-J.
Confiance en soi : comment les recruteurs la repèrent-ils ?

Si les recruteurs ont bien conscience que la confiance en soi des candidats est souvent mise à rude épreuve au cours de leur recherche d’emploi, elle reste néanmoins un critère déterminant dans leur prise de décision finale.

La confiance : une qualité incontournable…

Au cours de l’entretien d’embauche, le recruteur évalue le candidat et sa capacité à se réaliser dans un poste. « Le candidat doit amener le recruteur à conclure que compte tenu de son expérience, de ses compétences et de l’analyse du poste à pourvoir, il est capable de relever le défi », rappelle Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet de conseil en recrutement, Clémentine. Pour mettre en exergue ce sentiment de confiance, le candidat doit donc lui-même au préalable être convaincu de sa capacité et de sa légitimité à prendre le poste.

Bien entendu la confiance en soi ne se décrète pas, et un candidat peut tout à fait reconnaître qu’il n’est pas à l’aise dans l’exercice de l’entretien mais qu’il n’en possède pas moins les compétences requises pour le poste. « Le mieux est de ne pas jouer un rôle et de rester avant tout soi-même », souligne Claire Romanet, fondatrice du cabinet de conseil en recrutement, Elaee. Dans cette optique, le candidat doit parfaitement se connaître et correspondre en tout point à ce qui est écrit dans sa lettre de motivation et son CV. 

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Pour ce faire, un minimum de préparation s’impose en amont de l’entretien : « Etre capable de se présenter en deux minutes, recueillir le maximum d’informations sur le poste et l’entreprise, réaliser des exercices de respiration ou encore préparer une argumentation sont autant de bonnes pratiques qui vont permettre d’abaisser le niveau de stress le jour J », précise Claire Romanet. Apprenez également à relativiser, et rappelez-vous que les recruteurs ne sont pas là pour vous piéger.

Manque d’assurance : les gestes qui vous trahissent

Position de repli, tremblements, hésitations, transpiration, regard fuyant, rougissement, bégaiement, voix faible ou monocorde, mains moites, sourire crispé… En matière de communication non verbale, les signes de manque de confiance en soi sont légion. « Un candidat qui est assis au fond de sa chaise, bras croisés et épaules rentrées peut laisser entrevoir un manque d’assurance », observe Denis Tesson, Responsable Pôle Opérations RH au sein de Securitas Direct.

De même, des ongles rongés, le fait de se toucher les mains, de manipuler son stylo, voire de le mordiller, sont autant de signes révélateurs de stress qui trahissent le malaise du candidat.

Et dans le fond ?

Outre la forme, le recruteur cherche également à évaluer la confiance en soi à travers le fond. Des signes d’introversion peuvent ainsi se révéler tout au long de l’entretien. « Le fait de ne pas valoriser ses expériences professionnelles passées, de se montrer trop hésitant dans la formulation de ses réponses, ou encore de chercher à trop se justifier démontre que le candidat n’est pas à l’aise », précise Denis Tesson.

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Se brader financièrement est également très mal perçu : « Un candidat qui se sous-estime d’un point de vue salarial par rapport au niveau du marché traduit un manque d’assurance et donne une mauvaise image au recruteur », prévient Claire Romanet.

Quand trop de confiance tue la confiance !

De la confiance à l’arrogance, il n’y a parfois qu’un pas à ne surtout pas dépasser ! « Quelqu’un qui affiche trop rapidement de la confiance en lui sans une véritable étude préalable des attendus du poste envoie des signaux négatifs au recruteur », déclare Emmanuel Stanislas.

Un candidat qui affiche un déni de réalité face à ses limites, aux échecs qu’il a pu rencontrer, aux enjeux et aux difficultés du poste à pourvoir passe pour quelqu’un de prétentieux et crée ainsi un sentiment de suspicion. « Un bon candidat doit pouvoir démontrer ses capacités à réaliser quelque chose d’ambitieux, sans donner l’impression de ne pas en mesurer les difficultés », ajoute le fondateur de Clémentine.

Ne pas reconnaître ses faiblesses, prendre un air supérieur, couper la parole du recruteur ou encore avoir un emploi excessif du « Je » sont autant d’attitudes à bannir le jour J.

 

Stéphanie Marpinard
Stéphanie Marpinard

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