Episode 63 : sérieusement Madame Lagarde...

Le DRHache

Dixit notre chère ministre de l'économie, « les femmes projettent moins de libido, moins de testostérone » que les hommes. Elles ont moins la volonté d'écraser leur partenaire. Une déclaration qui désole notre DRHache. Cette semaine petit cours de rattrapage sur l'histoire tumultueuse des relations hommes-femmes.

Nous sommes en 2010. Les inégalités entre les hommes et les femmes en entreprise sont encore flagrantes.

 

Notamment parce qu'on en parle et qu'il y a trente ans on balbutiait. On ne va pas refaire un historique des droits de la femme, mais globalement on peut distinguer plusieurs stades.

 

-De la préhistoire à antiquité : les hommes tirent les femmes par les cheveux même a l'âge adulte, et profitent de leur force musculaire pour imposer 100% de leurs volontés, avec une nette prédominance pour l'aspect sexuel.

 

 

-De l'antiquité au Moyen Âge : les hommes évoluent, et préfèrent justifier leur prédominance musculaire et donc morale par des lois, des us des coutumes qui leur assurent la force et le bon droit. Les femmes se rabattent sur ce qui leur reste : le pouvoir d'influence. Du coté sexuel, pas de grande évolution, si ce n'est une sublimation de la femme en tant qu'objet, c'est l'amour courtois.

 

 

-Du Moyen Âge aux temps modernes : c'est pas comme si on avait le temps de s'occuper de tout non plus, trompez vos maris discrètement, ennuyez vous et mangez un peu d'arsenic dans l'arrière salle d'une pharmacie pour vous détendre, mesdames.

 

 

-Le vingtième siècle : bon ben nous on va faire la guerre et mourir, vous pouvez gérer le tout pendant qu'on fait les cons ? Et le les femmes, profitant d'un droit tendant quand même de plus en plus vers le respect de l'individu, commencent à demander des droits, et un peu de reconnaissance.

 

Les suffragettes des années 20, qui font marrer tout le monde sauf leurs maris, mais elles ne sont souvent pas mariées donc ça va.

 

Le Mouvement de libération des femmes, qui part dans l'extrême inverse, à partir des années 60, et confond pouvoir et port de la moustache, du coup elles se la laissent pousser.

 

Arrive enfin la pilule, et le contrôle des naissances va permettre de déverrouiller la porte d'une prison entretenue avec le sourire par les hommes qui essayent passivement de faire perdurer un système qui les arrange.

 

Les années 80 totalement dépourvues de charmes politiques quelconques, sont tournées vers l'efficacité. On voit donc apparaitre une génération vivant sans le savoir les prémices d'une normalisation massive que l'on appellera la mondialisation, et qui ne portera pas que sur les biens. Donc les femmes arrivent sur le marché du travail en masse, et avec des qualifications qui rejoignent assez vite voire dépassent celles des hommes, car elles ont quelque preuves à faire.

 

Ça ne peut pas se faire en deux ans.

 

Les retards se comblent, mais doucement. Les outils sont nombreux : quotas imposés, lois très fermes (allez jeter un coup d''oeil aux lois de 70 et 76 en Angleterre, vous allez voir, qu'ils ne rigolent pas).

 

Comme toutes les reformes, beaucoup d'abus et de crétinisme, et de viragos qui font prendre 20 ans de retard à la cause quand elles font un procès excessif. Mais tout cela va se lisser tranquillement.

 

Et la, on a Madame Lagarde qui nous dit :

 

« les femmes projettent moins de libido, moins de testostérone », et elles ont moins la volonté d'écraser leur partenaire.

 

Je passe sur la platitude du lieu commun.

 

Je me désole des trente ans de retard.

 

Mais je crois me souvenir que le manuel du parfait policier stipulait bien qu'en cas de confrontation avec un couple, il faut viser la femme d'abord : elle sera toujours plus dangereuse que l'homme parce que plus déterminée, une fois qu'elle s'y met.

 

Alors les pétales de roses....

 

 

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