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Faire de sa passion, son métier : bonne ou mauvaise idée ?

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Régis Delanoë

On entend souvent dire que si on fait de sa passion son métier, on combinera plaisir et travail, gagnant de l’argent presque sans effort. Mais est-ce vrai ? Et surtout, est-ce faisable ? Des consultants livrent leur avis sur la question, leurs conseils pour que cela fonctionne et les écueils à éviter.

Trouver un sens à son job : une quête pas si vaine

Une récente étude a révélé que plus d’un tiers des gens considèrent que leur emploi ne sert à rien. Ce sont les fameux « bullshit job ». Ils sont nombreux aussi touchés par le « bore out », syndrome de ceux qui souffrent de trop s’ennuyer au travail.

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Dans ces conditions, Isabelle André, associée au cabinet Oasys, constate que beaucoup de personnes sont en quête de sens dans leur milieu professionnel. « Elles veulent reprendre leur vie en main, retrouver une joie de pratiquer un métier qui leur plaît. En cela, se tourner vers ses passions peut s’avérer un bon choix. »

Une passion, quelle passion ?

Si certains ont des passions bien identifiées, ce n’est pas le cas de tous, assure Delphine Boileau-Terrien, experte emploi : « Le terme même de "passion" peut faire peur. Je préfère demander aux gens ce qui leur plaît, ce qui leur procure du plaisir. Cela peut être une activité de loisir, un sport, un instrument de musique… Mais aussi une cause qui leur tient à cœur, comme l’environnement ou le droit des femmes. »

Pour Fabienne Taillebois, cette passion a été la protection animale : ancienne responsable de direction dans un centre d’accueil pour personnes en situation de handicap, elle est actuellement en reconversion pour transformer l’exploitation d’élevage agricole de ses parents en ferme pédagogique, « Un rêve sur le point de devenir réalité. »

Sauter le pas au bon moment

Doit-on se tourner vers sa passion dès la sortie des études ou attendre quelques années ? Pour la coach professionnelle Frédérique Debout, « Les jeunes ont pour eux cette dynamique qui peut leur permettre de se lancer tout de suite dans ce qui leur plaît. Ils n’ont rien à perdre à essayer. Les trentenaires, quadragénaires ou quinquagénaires ont l’avantage de la maturité, ce qui peut les aider dans un projet entrepreneurial impliquant leur passion. Mais d’un autre côté, il leur faudra certainement consentir à des sacrifices financiers… »

En effet, un tel projet implique de sortir de sa zone de confort, ce qu’est prête à accepter Fabienne Taillebois, qui a déjà calculé une perte de salaire de moitié par rapport à ce qu’elle touchait jusqu’alors, « au moins le temps de lancer l’activité. »

La passion seule ne suffit pas

Avant de se tourner vers un tel projet professionnel, Delphine Boileau-Terrien met en garde : « la passion seule ne suffit pas. Pour ne pas transformer ce projet en échec, il faut accepter de prendre en compte tous les à-côtés»

Ce que Frédérique Debout précise : « Reprendre une formation, gérer toute la partie comptable et administrative inhérente à un projet entrepreneurial, convaincre les employeurs que cette reconversion professionnelle ne se fait pas sur un coup de tête… »

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Illustration avec Fabienne Taillebois, qui s’est inscrite à une formation pour adulte proposée par la chambre d’agriculture pour apprendre les bases de la gestion d’une exploitation agricole. « Il faut consentir à repartir tout en bas », reconnaît-elle.

Quant à sa motivation, elle l’a prouvée auprès de son employeur en effectuant un bilan de compétences aux résultats correspondant à son nouveau projet. « J’ai ainsi pu négocier une rupture conventionnelle permettant un départ sans heurt », explique-t-elle.

Des manières détournées d’aller vers sa passion

Une question reste en suspens : toutes les passions peuvent-elles être adaptées en projet professionnel viable ? « Oui, assure Delphine Boileau-Terrien. Prenez un passionné de photographie : il peut devenir photographe mais aussi travailler dans l’édition, le journalisme, la mode… Plein de secteurs professionnels peuvent lui permettre de pratiquer cette passion, au quotidien ou de manière détournée. »

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Même avis pour Isabelle André, qui a une autre illustration : « Un passionné de golf n’est pas forcément obligé de devenir joueur de haut niveau pour en faire son métier. Il peut travailler dans le management du sport ou la médecine du sport par exemple. Ne soyez pas trop ambitieux en essayant de viser un métier cadrant pile avec votre passion. Entre celle-ci et ce qui vous ennuie, trouvez un juste milieu en cherchant à vous rapprocher autant que possible de cette passion. »

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