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Comment surmonter l'épreuve des vœux au bureau ? La réponse de Benjamin Fabre

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Benjamin Fabre

[Chronique] Le rituel des vœux est la première épreuve que vous allez rencontrer cette année dans votre vie professionnelle. Comment la surmonter avec tact et philosophie ? La réponse de l’humoriste Benjamin Fabre contributeur sur Cadremploi.

La situation

Votre N+1 adore la poésie. Il porte des gilets gris. Des écharpes écossaises. Il cite Victor Hugo dans toutes ses présentations PowerPoint et même dans ses tableaux Excel, quand la situation le permet. À la place d’être votre N+1, il aurait volontiers été poète, philosophe ou bien penseur, si seulement ces activités avaient été rémunérées.

Hélas. Votre boss a opté pour la vie terrestre. Et au lieu d’élucubrer en grec dans des courettes peuplées d’oliviers et de crétins vêtus de toges, il élucubre en français dans l’open space que vous avez, pauvre de vous, la joie d’habiter tout au long de la semaine.

« Je vous souhaite à tous une excellente année 2017 », lance-t-il à l’équipe réunie en ce matin de janvier. « Pendant les vacances, au coin du feu, j’ai écrit quelques pensées que j’aimerais partager avec vous. » S’ensuit alors un discours lyrique, majestueux, articulé autour de trois idées fortes : « 1. Une année qui finit c’est une autre qui commence », « 2. Quand on n’avance pas on recule » et « 3. L’avenir est pour demain ». Vous vous grattez la tête. Vous essayez de tirer des conclusions de tout cela, mais vous n’arrivez pas à grand-chose, hormis que votre boss a été bien inspiré de ne pas faire carrière dans la poésie.

Les croissants sont servis. Tout le monde se jette dessus. Votre collègue Nadine se plante devant vous et exige que vous lui fassiez la bise. Vous voudriez bien lui souhaiter des choses sympathiques mais vous n’avez aucune idée desquelles. On s’embrasse. On boit du café froid. Votre chef distribue des vœux de succès professionnel à chacun, individuellement, y compris à votre collègue Bernard qu’il cherche pourtant à placardiser depuis des mois. Et voici que soudain, en vous adossant à une armoire à rideaux, vous découvrez la nouvelle carte de vœux de l’entreprise, celle là-même que vous allez devoir envoyer à tous vos contacts professionnels : « 2017 » y est écrit en énorme, avec tout autour, tel un nuage multicolore, une flopée de « Bonne année » traduits dans toutes les langues possibles, y compris en mandarin, bien que votre chiffre d’affaires en République Populaire de Chine soit parfaitement égal à zéro.

Les clés pour s’en sortir

Éteignez les pulsions négatives qui vous parcourent en cet instant. Je vous déconseille de ricaner à haute voix devant la carte de vœux de l’entreprise, de même que je vous déconseille de grimper sur une chaise et de crier très fort « Je vous souhaite à tous une année de MERDE ! ». Jamais Socrate n’aurait eu un tel comportement. Et pourtant, certains jours, dieu sait qu’il en a eu la tentation.

Faites un effort. Les vœux de nouvel an sont un rite collectif de célébration amoureuse, vaguement cousu de mauvaise foi, qui débute le 1er janvier et qui se termine le jour de la Saint-Valentin (comme par hasard). Vous n’avez pas le choix : vous DEVEZ jouer le jeu.

1. Pour la partie orale : adoptez la phrase magique « Qu’est-ce que je peux te souhaiter ? » Avec elle, vous êtes sûr de taper dans la cible. Au lieu de vous échiner à deviner ce dont votre interlocuteur rêve pour 2017, posez-lui tout bonnement la question. A dire sur un ton chantant. Ne pas oublier d’écouter la réponse.

2. Pour la partie écrite : allez vous servir en cartes de vœux, ostensiblement, et dites très fort que vous allez en envoyer à la terre entière. Dès que vos collègues ont le dos tourné, hop ! Poubelle. Vous avez autre chose à faire que de gratter sur des petites cartes, quand bien même elles ont coûté quatre millions d’euros en frais de création graphique. Aucun de vos « contacts professionnels » ne vous en voudra. Vous avez déjà entendu quelqu’un vous dire « Dis-donc, tu ne m’as pas écrit de carte de vœux cette année ? »

Et pour finir, une citation d’un (vrai) poète : « Tous les hommes font la même erreur, de s'imaginer que le bonheur veut dire que tous les vœux se réalisent », Léon Tolstoï.

Retrouvez toutes les chroniques de Benjamin Fabre pour une bonne dose de sourire et une visions très cash de l'entreprise

Et pour quelques conseils pratiques pour rédigez ses vœux, lisez :

Vœux professionnels : comment marquer des points auprès des recruteurs ?

7

commentaires

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Toukandèle

02/01/2018

à 15:56

Ce qui me bassine, depuis trente cinq ans que je fréquente les entreprises, c'est en effet cette hypocrisie assumée et le fait que l'on ne fasse jamais le bilan de l'année écoulée qui avait connu le même rituel ridicule : combien de méfaits, de soucis et d'ennuis se sont abattus sur ceux à qui l'on souhaitait sans y penser tout le bonheur du monde ? A croire que dans bien des cas ce ne sont pas des voeux mes des sorts que l'on envoie !..

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En réponse à Toukandèle

Tanop's

02/01/2018

à 17:33

" mes des sorts... " après trente cinq ans d'entreprises au pluriel ! Grave

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En réponse à Tanop's

Toukandèle

03/01/2018

à 09:47

En tous cas, mon Grand, tu ne pardonnes rien, même pas les fautes de frappe ou d'inattention... Oui, entreprises au pluriel lorsqu'il y en a plusieurs. Merci de tes bon voeux!

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Pierre

04/01/2017

à 09:20

Merci pour ce point de vue qui va m'aider à surmonter ce passage "difficile"

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Odile

03/01/2017

à 21:32

Et moi qui pensait être la seule à en avoir plus qu'assez d'avoir à souhaiter une bonne année et le fameux "surtout une bonne santé" ou le "pleins de bonnes choses" à tout un tas d'individus que l'on apprécie plus ou moins ( plutôt moins d'ailleurs ).
Beaucoup d'entreprises devraient se reconnaître dans cette carte de vœux insipide où le bonne année est traduit dans plusieurs langues.
Quel humour, ça donne envie de lire les autres écrits, mon cher Benjamin.
Et à vous j'ai vraiment envie de souhaiter une BONNE ANNEE.

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ARLA Michèle, Lasegue

03/01/2017

à 19:49

En tant qu'ex responsable commerciale, jeune retraitée, je trouve que cet article est compatible à ce que nous vivions au sein de la SARL chaque début d'année !! Je l'ai trouvé drôle et très à propos. Je pense que je vais me procurer les livres de Monsieur FABRE. Un peu d'humour adoucit bien le quotidien.

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sds

03/01/2017

à 19:09

Sacrilège ! vous avez affublé Dieu d'une minuscule dans votre excellent article !
Voilà une année qui commence bien mal pour vous, dés janvier, vous vous attirez l'ire de tous les poètes n+1 ainsi que celle de tous ceux qui croient dur comme fer avoir des droits sur Dieu. (vous remarquerez qu'en vieux routard de l'entreprise, je garde mon sourire de circonstance et évite, moi, les poètes rancuniers ou les déifiants non moins rancuniers)

J'adore votre article, il drôle, fort bien écrit et si juste !

Bonne et heureuse année !
sds

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