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# FYI « Le recruteur m’a grillé sur Facebook »

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Comment voulez-vous décrocher un job si vous vous amusez à torpiller votre réputation en faisant n’importe quoi sur les réseaux sociaux ?! La réponse de l’humoriste Benjamin Fabre, auteur de la chronique #FYI (for your information) sur Cadremploi.

La situation

Un dernier coup de fil et l’affaire est dans le sac. Dans quelques instants, Philippe Leglou, votre futur patron, va vous appeler sur votre portable. Il va vous dire bonjour d’une voix pleine de sucre, vous congratuler, puis vous donner rendez-vous dans un café croquignolet à souhait pour signer la promesse d’embauche que vous poursuivez depuis des mois. Ce sera l’épilogue d’une intense chevauchée : 9 entretiens, 14 tests de débilité, 1 étude grapho et 1 semaine de négociation au cordeau sur les questions salariales... Il ne vous reste plus qu’une seule chose à faire, sabre de bois : SIGNER. 

Mais le coup de fil tarde à venir. Les heures passent et… rien ne se passe. Que fait Philippe Leglou ? Un poker ? Une béchamel ? Sapristi, ce silence est étrange. Il y a de quoi s’agacer. Vous éclusez votre stress en couvrant de noms d’oiseaux votre futur boss, tâche au demeurant peu méritoire dans la mesure où le brave homme, avec son bec busqué et son goitre pendouillant, ressemble étrangement à un animal de basse-cour.

Vingt heures. Votre téléphone vibre enfin. C’est lui ! Mais… Voilà qui est curieux… il vous a envoyé un texto.

« Bonsoir. La forme écrite s’avère, dans certaines circonstances, plus à-propos que l’échange verbal... Ce message pour vous indiquer que nous ne souhaitons pas poursuivre le processus de recrutement engagé avec vous. Les raisons ne sont pas à chercher du côté de votre communication de candidat mais plutôt… d’internaute. Je vous souhaite le meilleur dans vos recherches. Cordialement, Philippe Leglou »

Vos rotules s’amollissent d’un coup, tel le beurre frais sur une tartine de pain brûlant. Vous manquez de vous casser la figure sur la moquette. Après de longues minutes, nécessaires pour retrouver vos esprits, vous galopez à votre ordinateur.

C’est à n’y rien comprendre. Car votre réputation virtuelle est, de loin, l’affaire que vous maîtrisez le mieux au monde. Un vrai carrelage Cillit Bang. Si l’ambassade de Suisse, pour une raison X ou Y, avait besoin de se créer un compte Facebook, elle n’aurait qu’à copier le vôtre à l’identique. Pas d’opinion tranchée. Pas d’amitié déshonorante. Quant aux photos scabreuses, vous les avez toutes éradiquées avec soin : celle de votre cousine Kattia, par exemple, qui a eu l’initiative admirable d’installer chez elle une barre de pole dance et de convier tous ses contacts à un « show gourmand privatif » ; celle où votre meilleur copain, vêtu en Cyrano pendant une soirée déguisée, a eu l’idée finaude de déporter son nez en plastique un peu plus au sud pour faire une farce au photographe ; et même, dans votre infinie prudence, celle de votre voyage en Thaïlande où l’on vous voit nettement vous gratouiller le haut du bras à cause d’une piqûre de moustique, puisqu’il est devenu, chacun le sait, terriblement risqué de se gratouiller le haut du bras depuis que l’on donne à ce type de geste des noms de plats cuisinés.

Quand soudain… Votre cœur fait un tonneau. Vous réalisez avec effroi que, au bas d’une gentille photo de vous en train de contempler une peinture italienne, votre frère a posté ce matin-même un commentaire sans équivoque : « Sympa cette photo woooooow ! Au fait, tu en es où de tes entretiens avec le gros dindon ? #poulailler #gallinacé #glouglouglou »

Les clés pour s’en sortir

Ce cas d’école est sans retour. Vous n’avez aucune chance, j’en suis navré, de rétablir le courant avec Philippe Leglou. C’est foutu. Mais estimez-vous heureux, et c’est la bonne nouvelle, que cette fable composée par mes soins soit plus virtuelle encore que le cloud et que vous puissiez l’utiliser en toute impunité comme simple mise en garde :

1 - Ne jamais donner d’information à autrui concernant un processus de recrutement en cours, c.à.d. tant qu’il n’est pas couronné d’une promesse d’embauche formulée en K€
2 - Pendant la durée dudit processus, appliquer la stratégie du carrelage Cillit Bang : ne poster sur les réseaux que des informations d’une parfaite neutralité, ce qui signifie en fait, vous l’aurez compris, ne rien poster du tout car ce qui est neutre pour vous peut constituer une agression épouvantable aux yeux de votre cousine Kattia ou du peuple suisse par exemple
3 - Enfin, éviter à tout prix les photos de profil choquantes ou tendancieuses. Voici, pour conclure cette chronique, le pire exemple jamais trouvé sur la toile :  https://www.facebook.com/benjaminfabre2000

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commentaires

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Wanguard2d

19/01/2014

à 09:04

Vieil adage français hélas oublié : pour vivre heureux, vivons caché !

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zarake

18/01/2014

à 14:15

"Que faire quand un recruteur vous surprend sur Facebook"

NE JAMAIS ouvrir de compte facebook : Non seulement ce "machin" fait du fric avec vos données personnelles, mais il livre votre vie sur un plateau à votre employeur ou autres organismes qui veulent enquêter sur vous.

> Répondre

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