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Le bonheur a-t-il sa place au travail ?

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Fleur Chrétien

La digitalisation et l’arrivée des Millenials dans l’entreprise ont engendré des mutations profondes du monde du travail et de la société. La quête de sens au travail, la recherche d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, le besoin de se reconnecter à la nature sont autant d’attentes que nourrissent les salariés. Mais l’entreprise est-elle responsable du bonheur de ses salariés ? Le bonheur a-t-il réellement sa place au travail ? Cadremploi s’est penché sur la question. Focus sur les attentes des salariés, les agents du bonheur en entreprise - autrement dénommés les Chief Happiness Officers -, les initiatives innovantes en matière de bien-être et les effets de la philosophie du bonheur sur la vie des salariés.

De l’entreprise labeur au travail bonheur

Il est bien loin le temps où travail rimait avec obligations, contraintes, horaires et rigidité.

Bien plus qu’une activité rémunérée permettant de subvenir à ses besoins, le travail se veut aujourd’hui source d’épanouissement et de reconnaissance sociale. Et c’est d’ailleurs ce qu’en attendent les salariés toutes générations confondues, Millenials en tête.

Parmi les critères de choix d’un poste se côtoient salaires, horaires, télétravail, avantages sociaux, cadre de travail, intérêt de l’activité, philosophie et valeurs d’entreprise.

En effet, accepteriez-vous un poste dans une société qui porte des valeurs opposées aux vôtres ? Il est fort probable que non, car au travers de votre activité professionnelle, c’est un choix de vie que vous faites.

Et les entreprises l’ont bien compris ! Elles affichent leur philosophie, recrutent des Chief Happiness Officers, misent sur la Qualité de Vie au Travail (QVT) pour améliorer le quotidien de leurs employés. Bref, elles s’approprient ce sujet du bonheur au travail pour contrer les phénomènes de société : salariés en quête de sens, hausse du turn-over, explosion des burn-out.

D’abord utopies de start-up, les Chief Happiness Officers fleurissent aujourd’hui dans les grands groupes. Ces garants du bonheur au travail veillent au bien-être individuel des salariés, à l’alignement entre les intérêts individuels et collectifs, mais aussi à l’implication réelle des entreprises dans cette promesse de bonheur, pour que les discours se traduisent par des actions concrètes du quotidien.

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La philosophie du bonheur en entreprise et ses conséquences

L’entreprise a évolué vers une nouvelle forme d’organisation, plus horizontale, une nouvelle forme de management, plus participatif, et une nouvelle façon de considérer ses collaborateurs. En adéquation avec l’évolution des attentes de la société, la dimension humaine et l’épanouissement individuel sont au cœur des préoccupations de l’entreprise. D’où la mise en œuvre de politiques de QVT avec des espaces de détente, des activités bien-être, des afterworks entre collègues, un temps de travail aménagé…

Les salariés sont-ils plus heureux pour autant ? Il semblerait que non car le sujet essentiel reste : quel est le sens de mon travail ?

Au-delà de la QVT - qui concerne davantage le bien-être des salariés -, se pose donc la question du sens du travail, qui donne du sens à la vie, et qui rend heureux. En somme : le bonheur par le travail. Et dès lors qu’on aborde ce sujet du bonheur, les questions relèvent davantage de la philosophie : qu’est-ce que le bonheur ? Comment avoir une vie heureuse ? L’entreprise a-t-elle un rôle à jouer dans le bonheur de ses salariés ? Le travail peut-il - et doit-il - être source de bonheur ?

Aujourd’hui, les médias ne cessent de relayer ce discours d’injonction au bonheur, érigé en véritable sujet de société. Mais concrètement, si l’entreprise investit ce pan de votre vie, c’est qu’elle a droit de bonheur - et par conséquent de malheur - sur vous.

Vouloir le bonheur de ses salariés est une intention louable. Croire que l’on peut, en tant qu’entreprise, produire le bonheur pour chacun de ses collaborateurs, est probablement illusoire. Voire néfaste.

L’entreprise qui érige le bonheur en valeur impose l’obligation au bonheur à ses collaborateurs. Souvent perçue comme une contrainte ou une source de frustration, cette injonction est source de burn-out.

Cette intrusion dans la vie privée peut également générer des rapports de dépendance vis-à-vis de l’entreprise - « mon bonheur dépend de mon travail » -, rendre le salarié redevable ou engendrer un rapport de défiance, notamment si le bonheur est envisagé comme un moyen de rendre les salariés plus productifs, par exemple.

Loin de procurer un sentiment de bonheur, ce genre de rapport entre le salarié et l’entreprise l’en éloigne. À trop vouloir le bonheur, on produit parfois… le contraire !

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