Le cadre et ses attentes : les enseignements à tirer de 2018

Publié le 21 décembre 2018 Séverine Dégallaix

Mobile, à l’écoute des opportunités, soucieux de son équilibre vie privée-vie professionnelle et, contrairement à l’image que l’on peut en garder, pas forcément manager : qui est le cadre d’aujourd’hui ?
Le cadre et ses attentes : les enseignements à tirer de 2018

Des cadres de plus en plus nombreux…

Le marché de l’emploi aura vu de grands changements en 2018, et les cadres ne sont pas épargnés, leur statut touché par la réforme à venir. Avec 50 % de cadres en plus qu’il y a vingt ans, il y a eu de fortes évolutions, de plus en plus de femmes accédant à ce statut (40 % en 2018 contre 30 % en 2002).

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La notion de cadre est aussi devenue plus abstraite pour les jeunes générations, « Quand on pose la question aux étudiants, dans l’ensemble, ils souhaitent devenir cadres mais sans vraiment savoir à quoi cela correspond », souligne Elodie Franco Da Cruz, chargée d’études chez Figaro Classifieds. Un flou qui s’explique peut-être par le fait que la notion de cadres soit une particularité française citée une seule fois dans le droit du travail (35 heures).

… Qui s’épanouissent au travail

Il est plutôt satisfait de sa situation professionnelle, du moins pour 78 % d’entre eux. Il est d’ailleurs très attaché à son travail : celui-ci fait partie intégrante de son épanouissement global, selon 92 % des cadres interrogés.

Et cela malgré le fait qu’un cadre sur trois pense ne pas passer assez de temps avec sa famille. « A l’ère du smartphone, même quand on rentre chez soi, on ne décroche jamais totalement. Les cadres sont de plus en plus soucieux de préserver leur équilibre vie professionnelle-vie privée. »

Pas seulement un manager

Il n’est plus forcément un manager, puisque seul un cadre sur deux encadre effectivement une équipe, en majorité des équipes de moins de 5 personnes. Signe de l’évolution des cadres, ces derniers estiment d’ailleurs que dans le cadre de la réforme de ce statut, l’autonomie dans la gestion des projets déterminerait davantage ce qu’est un cadre que les responsabilités managériales. (46% Vs.44%)

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Plus que jamais, les cadres veulent avant tout être reconnus comme des experts (72% d’entre eux) étant les seuls capables de répondre à des tâches et responsabilités spécifiques (80% d’entre eux). Pour 52 % d’entre eux, ce sont d’ailleurs les compétences professionnelles ou techniques qui définissent leur statut.

Des projets de mobilité

Deux cadres sur trois pensent qu’ils devront changer de métier, la faute à la transformation digitale. 62 % envisagent de démissionner…

Mais ne passent pas forcément à l’action. « Il y a une différence entre consulter des offres et se décider à postuler. Les offres ne sont peut-être pas assez attractives : à l’heure où le marché est dynamique, personne n’est prêt à changer pour la même chose. S’ils vont voir ailleurs, ils veulent que cela soit pour évoluer ou gagner davantage. » Il est aussi très mobile, puisque 84 % des cadres parisiens envisagent de partir en région.

Séverine Dégallaix
Séverine Dégallaix

Diplômée en presse écrite, Séverine Dégallaix travaille depuis plus de dix ans sur des sujets concernant la recherche d’emploi et la gestion de carrière. A travers des interviews d’employeurs et de spécialistes du marché du travail ainsi que des années de recherches, elle a développé une expertise qui lui permet d’apporter des réponses actuelles aux problématiques rencontrées par les salariés et candidats de tous secteurs.

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