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Quel joueur de foot êtes-vous dans l'entreprise ?

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Benjamin Fabre

[Chronique] Existe-t-il un rapport entre le football et la vie de bureau ? La réponse de notre chroniqueur Benjamin Fabre.

Vous doutez du rapport entre football et entreprise ? Pourtant le lien est bien là. Non seulement le foot constitue, pour les deux millions de cadres qui s’y intéressent, un sujet de conversation incroyablement fédérateur, mais c’est une allégorie de la vie en entreprise. Avec des vêtements plus courts, bien sûr, une moquette plus verte et des salaires légèrement différents, mais une allégorie pleine et entière. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les postes occupés sur le terrain : ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux de l’organigramme.

 

Le gardien de but : le visionnaire. Le seul personnage qui, sur l’herbe grasse, n’a que 180 degrés de champ de vision (uniquement vers l’avant). Seul au monde, souvent à moitié cinglé, il peut passer les trois quarts du match à chantonner bêtement dans sa tête jusqu’à se prendre soudain, comme un vilain rappel à la réalité, un SCUD dans la figure. Vous avez reconnu la R&D.

 

Le libéro (ou défenseur central) : le papa de l’équipe. Costaud, aboyeur, il doit à la fois faire preuve de rigueur, d’anticipation et de puissance vocale, ce qui en fait un joueur assez pénible pour ses coéquipiers… pour ne pas dire castrateur. Un vrai chasseur de risques. Dites bonjour au responsable de l’audit (ou du contrôle interne).

 

Les arrières latéraux : ils sont aux quatre coins du terrain. En attaque. En défense. Ils taclent. Ils centrent. À force de tout faire, et de répondre à toutes les sollicitations, les latéraux sont corrects partout et géniaux nulle part. Souvent coupables sur les buts encaissés, ils ne finissent jamais un match sans se prendre un énorme savon. Pas facile de bosser à la direction informatique.

 

Les milieux défensifs : des chevaux de trait. Chacun équipés d’une demi-douzaine de poumons, ils font leur travail de laboureurs avec dévouement, loin des caméras. Pas toujours choyés par la nature, leur utilité ne saute pas directement aux yeux, mais si on les enlève du terrain, l’équipe coule en trois minutes chrono. Un peu de respect pour le contrôle de gestion.

                                 

Le meneur de jeu (ou n° 10) : celui qui fait basculer le match (Zidane, Platini, Payet…). Libre, créatif, instinctif, il n’a aucune feuille de route, si ce n’est de casser la défense adverse et de faire chavirer les stades. Doté de talent et de folie, il joue sans réfléchir et c’est exactement ce qu’on lui demande. J’ai beau chercher… je ne vois aucun poste pour lui dans l’entreprise.

 

L’attaquant de pointe : un égo avec du pento. Puissant, légèrement bourrin, il court en bombant le torse, quitte à surjouer sa virilité (tatouages, crachats très vilains, etc.). Devant le but, il concrétise le travail de toute une équipe mais n’hésite pas, chaque fois qu’il marque, à se pavaner devant les tribunes comme s’il avait tout fait tout seul. Ah, les commerciaux

 

Le coach : il reste sous sa guérite, à l’abri de la pluie et des jets de papier hygiénique, mais voit le jeu comme personne. D’une idée, d’une inspiration, il peut faire gagner la partie… ou la flinguer lamentablement. Vous pensez à quelqu’un ?

 

Le banc de touche : ils sont là. En short. En protège-tibias. Ils touchent leur salaire à la fin du mois. Mais ils n’ont aucune contribution sur le terrain. Coucou les RH.

 

>>Retrouvez toutes les chroniques de Benjamin Fabre sur Cadremploi

 

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commentaires

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Eric BRETON

19/06/2016

à 10:34

Bonjour,

n'en déplaise à "Si", et bien que tout le monde lutte pour la changer, c'est bien cette image des commerciaux qui malheureusement, prédomine dans notre société?
Et si l'on pousse le parallèle plus loin : dans un club de football, en l'absence de résultats, c'est toujours le coach qui "saute" en premier ... jamais dans l'entreprise ! Sauf dans les grands groupes où les actionnaires peuvent remercier un PDG en cas d'insuffisance.

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Lemoine Michel MMRCL

16/06/2016

à 12:41

A mon sens, le gros problème vient du fait que nous réagissons comme des "équipes" de foot en jouant très souvent perso sans savoir bosser ensemble. Il ne suffit pas d'avoir des individualités très fortes, encore faut-il que celles-ci aient envie de travailler ensemble et sachent le faire.
J'ai une lecture différente : nous devrions être des équipes de rugby avec des personnalités, des physiques différents mais tous soudés face à l'adversité.
Pour ma part, j'ai vécu des situations "équipes de football" au cours de ma carrière. Je n'en garde pas forcément un bon souvenir.
Pour moi, le joueur le moins rentable d'une équipe de football est le gardien de but car c'est le seul qui ne marque pas de buts (ou c'est extrêmement rare). Cependant, c'est celui à qui l'on demande des miracles quand la situation est despérée (le penalty).
Regardez bien autour vous en trouverez quelques uns qui passent à côté des promos malgré leur solidité, la qualité et la pertinence de leurs résultats. Finalement ce qu'une entreprise vend : le résultat du travail d'équipe peu importe qui se trouve dans l'équipe ou les équipes.

Malgré tout, que les équipes de France (quelque soit le sport) gagnent

Sincèrement

> Répondre

Si

16/06/2016

à 08:45

Quelle image désuète des commerciaux! Dire qu'en 2016 on en est encore à ce stade.

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