Les managers ne doivent pas se positionner en experts

Marion Senant

Devenir manager ne s’improvise pas. Malheureusement, encore trop souvent, les managers de proximité sont « lancés » dans leur nouveau rôle sans préparation. D’après Vincent Dicecca, expert formateur en Management et Leadership chez CSP Formation, pour être efficace, un manager doit apprendre à se positionner comme chef d’équipe et non comme expert.

Les nouveaux managers sont-ils préparés à leur rôle ?

Pas vraiment. Les managers sont le plus souvent arrivés à leur poste en raison de leur grande expertise. Ils arrivent en fonction comme des prématurés. Leurs réflexes managériaux sont donc dictés par leur identité d’expert : régler les problèmes. Alors qu’au contraire, ils devraient consacrer leur énergie à monter le niveau de responsabilité de leurs équipiers pour qu’ils résolvent eux-mêmes les problèmes. Dans ces cas-là, les managers deviennent l’homme-orchestre de leur équipe, au lieu d’en être le chef d’orchestre

Ils sont conscients de ce paradoxe ?

En général, ils sont devenus managers sans préparation en amont. Dans un grand nombre d’entreprises, on les jette dans le bain, éventuellement après une mini formation « one shot ». Certains s’en sortent mieux que d’autres et comprennent des choses par eux-mêmes, mais ils sont le plus souvent très seuls dans le cadre de cette évolution.

Du coup, on a un peu l’impression que la formation intervient quand un manager est en situation d’échec…

Ce n’est vrai que dans certaines entreprises, où la formation est vue comme quelque chose qui vient régler un problème, quand un manager a du mal à endosser son rôle. Alors qu’au contraire, la formation devrait être une préparation pour les nouveaux managers, car leurs premiers pas dans cette fonction sont fondamentaux : ils marquent durablement le style d’un manager.

Dans l’idéal, il faudrait que les néo-managers soient pris en charge sur la durée. Je pense que la situation la plus adaptée est de mettre en place un parcours de formation qui rassemble plusieurs managers qui viennent de prendre leurs fonctions.

Voyez-vous une évolution dans la manière dont les nouveaux managers abordent leur rôle ?

Il y a une prise de conscience de plus en plus forte que les managers ne peuvent pas être « le meilleur expert » de leur équipe, mais qu’ils doivent avoir des compétences complémentaires. Ce sont les fameux « softskills » qui ont un gros impact sur la performance collective. On sait maintenant que l’élément humain n’est pas faible, c’est au contraire une ressource forte.

Propos recueillis par Marion Senant © Cadremploi.fr

Marion Senant
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