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Mieux manager grâce aux neurosciences

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Céline Chaudeau

Rassurez-vous, pas besoin d’avoir avoir fait médecine pour devenir un meilleur manager. Comprendre l’avancée des neurosciences peut produire de gros effets au quotidien.

"Neuro-boostez vos équipes !" : voilà le titre, évocateur, d’un récent livre publié sur la question. « Les neurosciences sont appelées, sans le moindre doute, a profondément modifié le cours de nos vies, observe Erwan Devèze, co-auteur de l’ouvrage et spécialiste du neuromanagement. Pour autant, nous ne tirons à l’heure actuelle que très peu profit sur le plan professionnel et personnel de cette meilleure compréhension de nos mécanismes cérébraux. Et force est de reconnaître que le management n'a pas encore pris la mesure de ces progrès tout à fait étonnants de la science dans le domaine pourtant si stratégique de la complexité de l'intelligence humaine. » Le propos est prometteur.

 

Comment le cerveau prend des décisions

Non seulement l’apport des neurosciences dans le management n’est pas une promesse en l’air, mais elle semble à la portée de tous (y compris, convenons-en, de la grande majorité des managers non titulaires d’une thèse en médecine…). « Pour espérer progresser, il faut juste comprendre que le cerveau est constitué de trois sous-parties, explique Karima Hamadouche, consultante chez OasYs Mobilisation et spécialiste de l’accompagnement au changement. À côté du cerveau reptilien qui gère les comportements de base nécessaires à notre survie (boire, manger…), le cerveau limbique est le siège des émotions et le cortex, l’endroit où l’on valide ses pensées. Or, toute décision est, en définitive, une émotion formalisée dans le cortex. Une fois que l’on a saisi cela, on comprend que l'on ne peut pas faire l’abstraction, dans le management, d'une dimension affective. » Pour être efficace, le cerveau a donc besoin d’émotion, d’intelligence collective et de gratitude pour nourrir sa motivation. « Ce que les neurosciences peuvent apporter au management, c’est la mise en place d’un environnement qui favorise l’épanouissement du cerveau », résume ainsi le professeur Pierre-Marie Lledo, directeur du département neurosciences à l’Institut Pasteur. En pratique, la motivation, par exemple, ne passe pas par l’injonction verbale. « Pour captiver les gens, il faut leur faire confiance et pour cela, les écouter avec empathie. »

 

Les neurosciences pour savoir motiver

Si le sujet n’est pas nouveau, la recherche ne cesse de s’enrichir. « Depuis vingt ans, on sait déjà, grâce à la PNL (programmation neuro-linguistique) que l’on communique mieux en évitant d’utiliser certaines négations et en privilégiant des tournures de phrases positives pour montrer à son interlocuteur ce qu’il a à gagner plutôt qu’à perdre », commente Emmanuel Stanislas, président du cabinet de recrutement Clémentine. « On peut ainsi apprendre en formation des techniques de renforcement cognitif, c’est à dire des exercices de reformulation pour être certain qu’un message a bien été intégré », ajoute Karima Hamadouche. Mais cette consultante insiste aussi sur la dimension affective à insuffler dans son management. « Cela passe par le développement de son écoute et sa capacité à faire un feedback constructif, poursuit-elle. Quant à l’intelligence collective, elle se développe avec des temps de rassemblement qui favorisent un sentiment d’appartenance. Cela peut passer par du team building ou plus simplement par un tour de table de dix minutes avant une réunion pour demander à ses collaborateurs comment ils vont. C’est une des façons de susciter plus de créativité ensemble. »

 

Les neurosciences pour booster sa performance individuelle

« Le neuromanagement, fusion des neurosciences et du management, occupe naturellement une place de choix dans cette nouvelle donne offerte par la connaissance, résume Erwan Devèze. L'objectif est de taille : être professionnellement plus efficient et personnellement plus épanoui et équilibré dans notre vie quotidienne. » Car la connaissance de son cerveau est aussi un atout pour booster sa performance individuelle. « Ce n’est pas un hasard si des entreprises innovantes comme Google proposent des salles de repos, rappelle Emmanuel Stanislas. Ce n’est pas forcément pour dormir, mais au moins pour se reposer en silence et pouvoir se régénérer le cerveau. » L’idée n’est pas vaine. « La recherche montre que le cerveau est beaucoup plus alerte le matin par exemple, confirme Karima Hamadouche. Si l'on a un rapport important à produire ou une décision délicate à prendre, il faut privilégier cette plage horaire. C’est là que le cortex frontal est plus alerte. Si l'on évite certains dérangements comme le téléphone ne serait-ce que pendant deux heures, on peut augmenter ses capacités de façon phénoménale. »

Lire aussi : Comment améliorer sa concentration au bureau

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commentaires

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CBR69

01/05/2018

à 22:55

Des notions très intéressantes : sujet à rapprocher du dossier en vogue « le bien être au travail »
Un message fort pour les RH et les Managers.

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