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Millennials au travail : arrêtez d’en parler sans vraiment savoir

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Farah Sadallah

Un millennial a-t-il 18, 25 ou 33 ans ? Egoïste ou à la recherche de sens ? Irrespectueux de la hiérarchie ? On vous dévoile ce qui se cache derrière ce mot et comment mieux travailler avec cette génération.

Les millennials regroupent tous les jeunes de l’an 2000 ? Intox ! Cette génération couvre en réalité les personnes nées entre 1980 et 1995 ou jusqu’à 2000, selon les différentes théories. Aujourd’hui âgés entre 23 et 38 ans, ces individus représenteraient dans 2 ans, 50 % de la population active de la planète, selon l’Insee. « C’est le plus important renouvellement générationnel de l’histoire de l’humanité », déclare Séverin Naudet, chief digital officer d’Amaris, un groupe international de conseil en technologies et en management. Au sein d’une entreprise, on les dit individualistes, impatients, interconnectés, inventifs. Mais attention aux clichés. Ils ne sont pas si différents des autres générations qui les précèdent. Pourtant, dans certaines situations, on peut clairement les distinguer des autres.

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Ce que les millennials recherchent pour leur vie professionnelle

On ne pourra pas leur enlever. La génération millennials est à la recherche d’un métier qui a du sens. Fini les sacrifices comme au temps de leurs parents (génération X). Contre le rituel métro-boulot-dodo, celui-ci ne les rendra pas heureux. « Ils ont tous connu dans leurs familles ou vu à la télé des personnes travailler dur pour finalement être licenciées et finir au chômage », illustre Serge Guérin, sociologue français. D’ailleurs, « ils ne comptent pas non plus sur le système de retraite, et savent très bien qu’ils ne finiront pas riches. Qu’est ce qui leur reste alors ? L’harmonie, le bien-être, l’épanouissement professionnel, l’équilibre vie pro/vie perso », analyse Marc Raynaud, fondateur de l’Observatoire du management Intergénérationnel. Autant galérer pour ce que l’on aime faire.

Mais ne soyons pas dupe. Ils ne sont pas les seuls à tout remettre en cause. Toutes les générations ont cette prise de conscience. La preuve, les reconversions professionnelles sont plus nombreuses qu’on ne le pense. 60 % des salariés ont déjà connu un changement de métier ou de secteur d’activité, selon un sondage réalisé par Opinion Way en 2014 pour l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes).

Et cette tendance pourrait bien se poursuivre. Les millennials seraient amenés à changer 8 à 10 fois de job dans leur vie, selon Séverin Naudet. Cette génération est née avec la culture du digital et les nouvelles technologies. Complètement tributaires de celles-ci, leurs futurs métiers ne sont pas encore nés et seront amenés à se transformer avec les évolutions technologiques.

Les entreprises pour qui les millennials veulent travailler

Mais encore faut-il trouver la bonne entreprise. Les millennials aspirent à travailler dans une structure engagée. Selon Séverin Naudet, 82 % des millennials considèrent que le succès d’une entreprise se mesure à sa capacité d’engagement et à sa contribution au progrès social. En rupture avec l’échec du capitalisme, les catastrophes écologiques et les multiplications des guerres, les millennials veulent rompre avec l’héritage laissé par leur parent. Mais encore une fois cette prise de conscience n’est pas uniquement l’œuvre de cette génération. Elle se propage auprès de tous.

Comment travaillent-ils ?

Une fois dans l’entreprise, on ne peut plus les arrêter. Accros à la mobilité, ils sont capables de travailler dans n’importe quel endroit : dans les espaces de co-working, dans les cafés, dans les open-space. « Ils aiment travailler ensemble. C’est une génération qui se sent plus libre dans l’espace, sûrement due au programme Erasmus et aux nouvelles technologies. », analyse le président de l’observatoire du management intergénérationnel. D’ailleurs, selon une étude de l’Essec menée en 2016, 70 % de ses étudiants s’imaginent travailler dans de tels environnements. Néanmoins à petite dose, 51 % disent qu’ils y passeront du temps qu’occasionnellement.

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L’adaptation est un autre élément qui les différencie des autres générations. Depuis leur enfance, les millennials ont appris à s’adapter. Une majorité des parents étant divorcés, ils ont appris à vivre au milieu des familles recomposées. De même dans le cadre de leurs cursus scolaires ou de leurs voyages d’études, ils s’adaptent. « Ce qui donne des miracles, lance Marc Raynaud. On les envoie en Chine et ils sont capables de construire une usine, de diriger 500 personnes à 25 ans et en plus ils réussissent. »

Millennials vs hiérarchie : le grand malentendu

Au sein de l’entreprise, les millennials sont également des adeptes de la transparence. « Le digital a rendu la communication horizontale, affirme Séverin Naudet. On est passé de la communication à la conversation au centre de laquelle les millenniales veulent être dans l’entreprise. » Ils se méfient de leur supérieur et n’ont pas toujours confiance en eux. Ce comportement est souvent lié au passif de leur parent dans l’entreprise.

Leurs supérieurs pourront gagner leur confiance seulement grâce à leur expérience. « Les millennials attendent d’eux qu’ils fassent leur preuve et prouvent leur compétence », affirme le sociologue Serge Guérin. Le statut ne suffit donc plus.

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Ils veulent aussi occuper une place stratégique dans l’entreprise. Selon Séverin Naudet, les millennials veulent participer aux projets, avoir le droit de dire pourquoi et de donner leur avis. Et si les résultats sont concluants, ils veulent pouvoir bénéficier de la valeur créée.

Finalement si tous ces critères ne sont pas réunis, certains millennials créeront leur entreprise. « Il s’accorde plus facilement le droit de monter leur propre projet, car le risque et l’échec sont de plus en plus valorisés dans nos sociétés », affirme le sociologue français. Mais les millennials ne sont pas les seuls à vouloir créer leur boîte. Ce phénomène entrepreneurial touche également toutes les générations.

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Valérie Rosselle-Fleurence

12/09/2018

à 19:46

J’ai 47 ans, je ne fais donc pas partie des millennials, pour autant, je suis tout à fait d’accord avec la façon dont ils appréhendent le monde du travail. Ils ont une bonne capacité d’adaptation, ils réclament plus de transparence et souhaitent participer aux projets, en bref ils sont prêts à travailler mais ils veulent comprendre pourquoi. Je ne vois là que du positif. Pour moi, il est évident que pour avoir des équipes motivées et investies, il faut que les missions aient du sens.

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En réponse à Valérie Rosselle-Fleurence

Castel Valérie

15/09/2018

à 18:52

Je partage votre analyse sur le fait que leur attitude apporte beaucoup de positif , avec un bémol tout de même : cette génération est très impatiente quant il s'agit d'être récompensée de son investissement or parfois il est vraiment impossible au management d'y répondre dans les délais que ces jeunes se fixent !
J'y vois une solution qui là encore ne peut amener que du positif : que nombre de grosses entreprises françaises évoluent dans leur gestion RH si elles veulent les garder, et vite car le monde leur tend les bras !

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jovanovic radoslav

11/09/2018

à 17:11

Parce qu'eux ne seront pas licenciées et ne finiront pas au chômage ?
C'est beau l'espoir .......

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