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Mise au placard : comment réagir ?

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Mathilde Palfroy

Vos conditions de travail se sont dégradées ? Vous avez moins de travail ou de responsabilités qu’auparavant, avec le sentiment de ne plus être utile, d’être tenu à l’écart des projets de votre entreprise ? Peut-être êtes-vous victime d’une mise au placard. Si cette pratique n’est pas encadrée par un cadre légal précis, elle n’en demeure pas moins condamnable pour votre employeur. Découvrez dans notre article comment réagir en cas de mise au placard.

La mise au placard : qu’est-ce que c’est ?

La mise au placard peut toucher n’importe quel salarié, à n’importe quel moment de sa carrière, indépendamment de ses compétences ou de ses motivations. Elle consiste, de la part d’un employeur, à ne plus fournir de travail à son salarié, ou à lui confier des missions qui ne correspondent pas à son niveau de qualification, généralement dans l’objectif de le pousser à démissionner.

Certaines situations de mise au placard sont récurrentes. On observe par exemple que des salariés peuvent être mis à l’écart lorsqu’ils réintègrent leur entreprise après une longue absence (congé maternité, maladie longue durée), ou durant leurs dernières années en poste précédant leur retraite. D’autres facteurs peuvent également favoriser les mises à l’écart de certains salariés comme un changement de direction à la tête de l’entreprise, une modification de ses orientations ou une restructuration interne des taches et du personnel.

Quelles que soient les circonstances, si vous pensez être victime d’une placardisation, réagissez le plus vite possible. N’ayez pas honte, vous n’êtes pas responsable, et si la pratique n’est pas spécifiquement proscrite par le Code du travail, votre entreprise et votre employeur restent tenus :

À lire aussi >> Le harcèlement moral selon la loi

Consignez les faits précis qui vous amènent à penser que vous subissez une mise au placard 

Il convient avant tout de ne pas vous démobiliser, et que vous restiez aussi actif que possible au sein de l’entreprise. Cela vous permettra d’une part de vérifier que vous êtes bien victime d’une mise au placard, et d’autre part, au cas où cette situation n’évoluerait pas dans le temps, de pouvoir disposer de preuves objectives des griefs imputables à votre employeur.

>> Exemples de situation de placardisation

Quelques exemples de situations pouvant traduire, d’autant plus si elles se cumulent, une mise à l’écart :

  • vous n’êtes plus invité à assister aux réunions ou aux échanges auxquels vous participiez habituellement, ou vous êtes présent mais sans que vos idées ou vos interventions ne soient prises en considération ;
  • les missions que l’on vous confie ont changé de nature (baisse de responsabilité, missions insignifiantes) ;
  • vous n’êtes pas tenu informé de certains éléments qui vous seraient nécessaires dans le cadre de vos missions alors que vous l’étiez auparavant ;
  • votre supérieur ou vos collaborateurs se concertent et agissent sans vous en avertir ;
  • vos plannings sont modifiés sans raison et sans que vous ayez été prévenu ni concerté.

Dans certains cas de figure, la mise au placard peut aller jusqu’à isoler le salarié (l’installer dans un bureau éloigné), à ne plus lui fournir des outils de travail corrects (retrait d’un téléphone, maintien en l’état de matériel abîmé), voire même à le dénigrer ouvertement.

>> Conservez toutes preuves de votre mise à l’écart

Ne réunissez que des documents écrits (il est interdit d’enregistrer ou de filmer d’autres personnes à leur insu mais les témoignages écrits de tiers ayant assisté à une scène ou à un échange sont eux recevables).

Conseil : ne restez pas seul, échangez avec d’autres collègues sur lesquels vous pouvez compter concernant votre situation et demandez-leur ce qu’ils en pensent.

À lire aussi >> Les 5 signes avant-coureurs d’une mise au placard

Référez-vous à votre hiérarchie pour évoquer la dégradation de vos conditions de travail

S’il s’avère que vous avez pu réunir plusieurs éléments traduisant une situation objective de mise à l’écart et que la situation n’évolue pas en dépit de vos efforts de participation à vos activités habituelles au sein de l’entreprise, il est temps que vous référiez de la situation à votre hiérarchie.

Si vous le pouvez, demandez d’abord un entretien à vos supérieurs hiérarchiques directs.

Conseil : si votre entretien annuel d’évaluation a bientôt lieu, vous pouvez profiter de ce rendez-vous.

Lors de votre entrevue, détaillez calmement les faits, et demandez la raison de ces changements concernant la nature de vos missions et de vos conditions de travail. Profitez-en pour faire part de votre motivation et de vos ambitions. Demandez quelles missions pourraient vous êtes confiées. Peut-être ne s’agissait-il que d’un malentendu ou d’un défaut d’organisation et de répartition des tâches de travail.

Si cette rencontre ne donne lieu à aucune amélioration, ou si vous ne souhaitez pas vous entretenir avec votre supérieur, vous pouvez également vous tourner vers un supérieur plus haut placé, le service des ressources humaines ou bien solliciter vos délégués du personnel.

Conseil : l’important, c’est que vous réagissiez dès que possible et que vous puissiez, en ouvrant le dialogue et en montrant votre bonne volonté, vérifier si vous êtes victime ou non d’une placardisation de la part de votre employeur.

Insistez pour résoudre le problème en cas d’immobilisme de l’entreprise

Vous avez essayé de discuter avec vos supérieurs, sans succès, et la situation ne s’arrange pas ? Il va falloir passer à la vitesse supérieure, surtout si vous avez le sentiment d’être délibérément et volontairement mis à l’écart par une ou plusieurs personnes en particulier.

Préalablement, faites le point concernant vos envies, votre carrière, et sur la manière dont vous appréhendez la situation. Souhaitez-vous à tout prix rester dans cette entreprise, au sein de ce service ?

>> Vous préférez rester dans votre entreprise

Pour des raisons pratiques ou personnelles, vous n’avez pas envie de quitter votre entreprise ? C’est à vous de choisir. Sachez simplement qu’il vous sera certainement difficile de retrouver votre poste et vos responsabilités, à moins que votre mise à l’écart ne résulte des actes d’une seule personne et que cette dernière ne vienne à s’éloigner de votre sphère ou que vous puissiez vous en éloigner.

Dans ce cas, essayez de solliciter une mutation, un changement de service ou d’équipe. Peut-être pourrez-vous ainsi retrouver des fonctions à la hauteur de vos attentes et compétences.

À lire aussi >> 5 questions à se poser avant de changer de job

>> Vous décidez quitter votre entreprise

Si rester au sein de votre entreprise n’est plus possible ou ne vous convient pas, orientez-vous vers une rupture conventionnelle. Vous pourrez tirer un trait sur ce que vous avez subi et passer à autre chose. Vous en profiterez pour dynamiser votre carrière.

Important : ne démissionnez pas, vous perdriez toute indemnisation de fin de contrat de même que le droit de percevoir des indemnités chômage.

N’hésitez pas, pour appuyer votre demande de rupture conventionnelle et les conditions de celle-ci, à laisser comprendre que vous avez constitué un dossier concernant la situation de mise au placard dont vous avez été victime. Négociez votre rupture, n’oubliez pas que vous y avez été contraint. Renseignez-vous préalablement pour savoir à quoi vous pourrez prétendre en accord avec votre statut et votre ancienneté.

À lire aussi >> La rupture conventionnelle est-elle vraiment une bonne option pour vous ?

En dernier recours : saisissez la justice

Si vous n’arrivez pas ou ne souhaitez pas négocier votre départ dans des conditions convenables, il vous faudra vous tourner vers le Conseil de prud’hommes.

Vous pourrez envisager deux solutions : la prise d’acte de la rupture du contrat de travail aux torts exclusifs de l’employeur ou la condamnation de votre employeur pour harcèlement moral.

Conseil : consultez un avocat spécialiste en droit du travail. Il pourra analyser avec vous votre situation et votre dossier, et vous indiquera plus précisément à quoi vous attendre en termes de délai et d’indemnisation pour le préjudice que vous avez subi. Pour lui permettre d’étudier au mieux votre situation, préparez soigneusement votre premier rendez-vous avec votre avocat.

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