Mobilité interne : avez-vous exploré toutes les pistes ?

Publié le 22 juin 2016 Céline Chaudeau

Envie de bouger sans quitter l’entreprise ? Ne perdez pas trop de temps à attendre une promotion qui ne viendra peut-être pas de sitôt. Demandez-vous plutôt si vous avez bien envisagé toutes les mobilités possibles en interne.
Mobilité interne : avez-vous exploré toutes les pistes ?

Une promotion verticale, oui mais pas que…

Les Français auraient-ils la bougeotte ? Pas tous, certes, mais beaucoup. Selon la dernière étude MobiCadres du cabinet Deloitte, un salarié passerait 4,1 ans en moyenne dans un poste avant une mobilité. Mais si 22 % des cadres interrogés avaient changé de poste l’année précédente, 51% avaient réussi à évoluer sans quitter leur entreprise. « La plupart des cadres voient la mobilité avant tout comme une promotion verticale, c’est-à-dire prendre du galon et devenir manager, analyse Chrystèle Stawinski, coach chez Transform’Active. Parmi les situations classiques, un salarié apprend que son n+1 est promu ou sur le départ et aspire à prendre sa place. » Pourtant, même si cette opportunité paraît évidente, cette consultante invite les intéressés à multiplier leurs chances en élargissant un peu leurs horizons au sein même de l’entreprise. « Si un salarié a envie de bouger, l’idéal est de préparer le terrain auprès de son n+1. Au bout d’un moment, il est normal de vouloir évoluer. Mais aussi de savoir où regarder… »

 

Les avantages d’une mutation géographique

Car toutes les mobilités ne sont pas perçues de la même façon. Les chiffres, comme les salariés, sont têtus. Selon une récente étude de l’Ifop, 23 % des salariés interrogés avaient vécu une mobilité géographique au cours de leurs cinq dernières années de carrière. Cependant, pour 55 % des sondés, cette perspective a d’abord été vécue comme une contrainte, plus que comme une opportunité. « Comme beaucoup d'autres entreprises, nous sommes confrontés sur le terrain à une certaine résistance au changement, témoigne Arnaud Franquinet, directeur du développement du capital humain chez Grant Thornton. La culture française est moins mobile que d'autres. » Raison de plus, selon ce recruteur dans le domaine de l’audit et du conseil, pour s’y intéresser. « Quelqu'un qui sera mobile géographiquement parlant, témoigne d'une mobilité intellectuelle. Et c’est très valorisant, particulièrement en France. » Encore faut-il que la logistique suive. « La plupart des freins sont matériels », observe Émilie Trappler. Manager de la branche conseil RH au cabinet Hays, cette spécialiste relève cependant des initiatives intéressantes de la part des employeurs. « Parmi les tendances, on note, en plus des aides au déménagement, des propositions de reclassement pour le conjoint par exemple. »

 

Changer de poste grâce à la mobilité transversale

Mais qui a dit que l’on devait exercer le même métier toute sa vie ? Pas Patrick Benammar. Directeur de la formation du groupe Valeo, il est témoin que l’on peut avoir plusieurs vies professionnelles au sein d’un même groupe. Et dans un groupe qui se targue de pourvoir les deux tiers des postes en interne, la mobilité n’est pas que verticale. « Si un collaborateur intègre un site de production ou un centre de recherche & développement par exemple, il aura accès à des possibilités d’évolution au sein du groupe grâce à notre site emploi dédié. Par exemple avec une formation technique, de nombreux collaborateurs accèdent à des postes de responsabilité dans nos équipes projet, achat, marketing ou commerciales. Il est aussi possible pour un contrôleur financier d’évoluer vers un poste de chef de projet, voire de prendre la responsabilité d’un site industriel à plus long terme. » 

 

Partir… sans quitter totalement l’entreprise

Reste enfin l’idée de réinventer sa vie professionnelle… avec l’aide de son employeur. « Aujourd’hui, on n’intègre plus une grande entreprise en pensant y faire toute sa carrière », commente Pierre Dubar, président de Diese, l'association pour le Développement de l'initiative chez les salariés des entreprises. Également responsable entrepreneuriat chez Schneider Electric, il décrit un dispositif gagnant pour tous. « Chez Schneider, nous accompagnons jusqu’à 100 projets par an depuis vingt ans. » Avantage pour l’employeur : faciliter certains départs, mais aussi garder un lien avec des salariés qui veulent bouger. « À 50 ans, j’ai pensé que l’heure de mener un projet professionnel personnel était venue », confirme Xavier Robineau Bourgneuf qui a passé 15 ans chez Schneider. « Mon employeur m’a accompagné dans toute mes démarches. Il m’a notamment apporté du conseil à travers l’éclairage d'un expert-comptable et d'un avocat. » Lui a ainsi quitté son ancien employeur sans regret et surtout sans couper les ponts : le groupe est devenu l’un de ses principaux fournisseurs…

Céline Chaudeau
Céline Chaudeau

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