Panique à bord, l'inspection du travail débarque !

Publié le 10 octobre 2011 Le DRHache

Cette semaine, le DRHache est vraiment très très méchant. L'inspection du travail débarque? Notre expert (du pince-sans-rire) a peur pour ses chères petites têtes blondes : les stagiaires, si utiles au bureau après 19 heures. Et on voudrait les renvoyer chez eux, comme s'il y avait une vie après le travail ?!

Un vent de panique souffle sur les alpages. Le cauchemar de tout fonctionnel qui se respecte, les flammes de l'enfer, la treizième plaie d'Egypte viennent de s'abattre sur une institution financière, une compagnie universelle, une banque haut gradée.

L'inspection du travail a débarqué sans prévenir un soir, à 22h. Probablement commanditée par de bienveillants partenaires sociaux, cette police des heures a tout naturellement ciblée LE département sensible, le Graal du surtravail, le saint des saints du 19 heures par jour, la fusion acquisition.

Il est acquis pour l'ensemble des étudiants des grandes écoles françaises, élevés dans le culte du « Appuie là où ça fait mal », qu'il faut faire du latin et de l'allemand en 6ᵉ (les bonnes classes), qu'il faut faire des maths en 1ᵉʳᵉ (ça ouvre toutes les portes), et que lorsqu'on a fait ce qu'il fallait pour intégrer l'une des trois « parisiennes », il faut faire de la « fusac » (la meilleure école). Qu'un tiers de la planète parle espagnol, et que l'économie soit plus utile à HEC que la physique-chimie importe peu. Devant cet afflux de têtes bien faites, candidates à l'esclavage volontaire, les institutions financières ont vite pris le pli, et les stagiaires, normalement aux 35 heures, les feraient bien tous les jours s'ils le pouvaient.

Donc lors de la descente, les inspecteurs trouvent quelques cadres, et beaucoup, mais beaucoup de stagiaires. Un, ça va, c'est quand ils sont plusieurs qu'il y a des problèmes. Tout se sait assez vite, et l'ensemble de l'industrie passe donc des instructions non écrites à ses équipes, dont le but est de limiter la casse : la meute va renvoyer ses petits au terrier, entre chien et loup. Personne n'est content.

Les opérationnels vont devoir faire eux-mêmes les taches ingrates, au détriment des démarches commerciales auxquelles leur séniorité devrait les cantonner.

Le RRH se retrouve dans une position complexe : tout d'abord il est là pour faire tourner la boutique et il a du mal à se mettre entre l'offre et la demande si tout le monde est content. Il doit cela dit rappeler aux opérationnels qu'ils ne sont pas censés faire n'importe quoi. Lorsque des stagiaires de 21 ans sont arrêtés par leur médecin pour surmenage, on est peut-être en plein glissement de paradigme pour parler poliment. Les principaux intéressés, sont quant à eux partagés entre la frustration de ne plus pouvoir raconter « leur guerre ». La disparition annoncée du rite initiatique, ersatz du service militaire, risque d'en faire une génération regardée avec une certaine condescendance par leurs aînés qui eux, seront allés au feu. A côté de cela, ils peuvent sortir tôt et vivre une vie, mais ils ont un peu l'impression de faire leur stage dans un ministère.

Le ministère du travail, peut-être ?

Le DRHache
Le DRHache

Vous aimerez aussi :