Parité : on avance (ou pas)

Le DRHache

Une grande boîte, comme les autres si prompte à afficher la parité parmi ses valeurs essentielles, somme une jeune femme de quitter son poste à son retour de congé maternité. Et là, notre DRHache n'est pas du tout, mais pas du tout, content.

Raconter les turpitudes du monde financier finit par être lassant, surtout en ces temps où la concurrence fait rage. On ne peut ouvrir un journal ces jours ci sans que les méchants traders soient coupables des pires méfaits, et l'on découvre non sans une certaine surprise que les financiers sont aussi responsables de la crise de l'euro, par un de ces merveilleux raccourcis qui mène au sacrifice rituel de coupables absolus.

Que les grecs ne payent pas leurs impôts ou que les fonds qui vendent le fasse pour sécuriser vos retraites reste, finalement, un détail.

Bon, je m'égare.

Pour changer un peu, donc, je vais vous servir une petite histoire industrielle que l'une de mes alter ego m'a raconté dernièrement, et qui est vraie. Non pas parce qu'elle l'a inventée d'un bout à l'autre comme disait Boris Vian, mais parce qu'elle l'a vécue.

Dans un grand groupe centré sur la construction, la direction générale s'est émue il y a quelques années de l'absence de femmes au sein du personnel.

On a bien trouvé quelques malins pour expliquer qu'elles maniaient moins facilement les parpaings et donc ne postulaient pas, mais il a tout de même fallu revenir au sens commun à un moment. Et essayer d'en fournir les fonctions support (de femmes, pas de sens commun).

Après les colonels en retraite de la fonction personnel, les ressources humaines ont naturellement attiré le genre féminin ces trente dernières années, pour des raisons diverses qui feront l'objet d'une chronique postérieure. Et c'est donc tout naturellement que nos amis du BTP passent des instructions non écrites pour accélérer les recrutements féminins dans le département RH.

Qui reste cependant dirigé par un homme, n'exagérons rien.

Madeleine est une trentenaire efficace et dévouée, qui a fait toute sa jeune carrière au sein des ressources humaines : un master spécialisé, trois ans en cabinet de recrutement, pour se faire embaucher il y a deux ans en gestion individuelle dans ce fleuron du CAC 40.

Tout s'est bien passé jusqu'ici, Madeleine a su amadouer les maitres du béton sans passer pour une idiote ou autre chose, elle est appréciée de sa population et de son responsable.

Seulement voila.

Madeleine est soudainement rattrapée par son instinct de reproduction, celui de son mari ou, dans le pire des cas, celui de sa belle mère, toujours est-il qu'elle tombe enceinte.

Ca ressemble à une bonne nouvelle.

Lorsqu'elle en parle à ses clients - les gens dont elle s'occupe et dont elle essaye quotidiennement de résoudre les problèmes -, elle reçoit félicitations, petits mots et même un bouquet de fleur.

Lorsqu'elle en parle à son boss, il lui demande de trouver un autre poste dans le groupe à son retour de congé de maternité ou de démissionner.

Bonne semaine !

Tags : Parité
Le DRHache
Le DRHache

Vous aimerez aussi :