Portrait robot du leader en temps de crise

Sylvie Laidet

Quelles sont les particularités, les compétences, la différence qui font un bon leader en temps de crise ? Le cabinet de chasse de tête Korn Kerry a décrypté le profil de l'oiseau rare lors d'une conférence de presse mi octobre à Paris.

Pour Dominique Virchaux, directeur général du cabinet Korn Ferry en France, c'est un boulot à plein temps. Dénicher le parfait leader en temps de crise que s'arrachent les entreprises. Le cabinet de chasse de tête a donc présenté à la presse, mi novembre à Paris, le portrait robot de l'homme providentiel. A bons entendeurs ?

« Nous avons identifié cinq compétences clefs nécessaires à un capitaine en pleine tempête : savoir faire preuve d'ambiguïté, être capable d'apprendre sur le terrain, être orienté résultats, faire preuve d'autonomie et savoir donner du sens et communiquer une vision », résume ainsi Dominique Virchaux.

Savoir naviguer dans le flou

Rien de pire qu'un dirigeant qui, tétanisé par l'incertitude, lâche la barre ou pire se met en pilote automatique. Au contraire, un leader dans la tourmente doit avoir la capacité de ne pas reproduire un schéma ancien et de changer de bord facilement et rapidement. Sans nécessairement avoir toutes les données en main. « Il doit gérer aisément le risque et l'incertitude », précise Michel Tobelem, senior partner au sein de Korn Ferry France.

Il doit, être, ensuite, tacticien, capable d'élaborer des solutions innovantes dans un contexte nouveau. « C'est une compétence très corrélée à l'agilité d'apprentissage sur le terrain. Elle est maîtrisée lorsque le leader est ouvert au changement, sait analyser au fil de l'eau les succès et les échecs et s'il aime relever de nouveaux défis », observe le recruteur. Mais attention à ne pas donner le mal de mer aux équipes. A vouloir revoir la tactique trop fréquemment, un manager risque d'apparaître imprévisible et de donner une impression d'indécision. Le leader idéal, lui, fait preuve d'une forme d'ouverture mesurée.

Cap sur les résultats

Crise ou pas crise, l'objectif du capitaine est quoiqu'il se passe d'arriver à bon port. Dans les délais. Comment dépasser ses objectifs lorsque la conjoncture est chaotique ? « Le leader n'hésitera pas à faire pression, sur lui-même et sur les autres, pour obtenir des résultats », insiste Dominique Virchaux. Mais il saura aussi partager le succès en équipe, sans quoi la formule ne fonctionne pas.

Dans ce profil idéal, on trouve aussi une bonne dose de courage. « A la barre, vous êtes seul. Il faut donc prendre et assumer des décisions parfois contre vent et marées », note Michel Tobelem. Mais sans verser dans l'égocentrisme. Pas évident ? Le leader parfait n'aura pas peur de prendre ses responsabilités, et reste quelqu'un sur qui compter dans les moments difficiles.

Evidemment charismatique - « compétence qui résulte de la capacité de l'individu à inspirer les autres », poursuit Michel Tobelem - ce top leader doit être optimiste et savoir discerner les différentes voies possibles d'évolution. « Il doit être capable de stimuler et de motiver des organisations entières à le suivre », conclut Dominique Virchaux. Et s'il vous manque l'une des menues qualités ci-dessus, rassurez-vous, vous êtes sans aucun doute de la stature d'un Steve Jobs.

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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