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Prise de parole : soyez aussi percutant qu’un conférencier TED

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Elodie Buzaud

18/02/2015

Les conférences TED, c’est un homme, ou une femme, seul en scène. Un sujet, pas toujours grand public. Et rien d’autre. Pourtant, les vidéos de ces interventions attirent des millions de personnes à travers le monde. Un des secrets du succès ? Les coachs TED qui préparent chaque intervenant. L’un d’entre eux, Didier Chambaretaud, nous explique les dessous d’un coaching TED pour vous aider à être aussi percutant qu’un conférencier TED dans votre prochaine prise de parole.

TED, quésako ?

Les conférences TED (pour Technology, Entertainment and Design) sont une série internationale de conférences avec pour objectif de trouver « de nouveaux moyens de résoudre des problèmes mondiaux difficiles en tirant partie des médias, de la technologie, de l’entrepreneuriat et, avant tout, des idées ». Elles sont organisées depuis 2001 par la Sapling foundation, fondation américaine à but non lucratif créée par Chris Anderson. Toutes les interventions des conférences TED sont disponibles en vidéo sur le site TED dans le but de propager ces idées, comme le dit son slogan "ideas worth spreading".

 

N°1 : La découverte

En préparation d’un événement TED, le futur intervenant commence par présenter son sujet au coach, longuement. Ce dernier l’aide ainsi à repérer son message. Il ne peut y en avoir qu’un seul. « Avoir un message, c’est la clé », précise Didier Chambaretaud. Par message, il entend ce que vous avez à dire de plus percutant, en une ou deux phrases.

Lors de cette première phase de préparation, le coach identifie la « "power phrase", ce leitmotiv qui peut revenir à plusieurs reprise dans le discours, notamment lors des transitions entre les idées et à la conclusion, car à TED, on répète beaucoup », affirme le coach. Il vous aide également à détecter l’accroche de votre speech. Une petite histoire, une blague ou une démonstration.

« Par exemple, le designer Tom Wujec est venu parler de la pensée systémique en entreprise. Mais il ne raconte pas ça. Il parle d’un exercice qui consiste à demander aux gens de dessiner pour expliquer comment ont fait un toast. En racontant ses expériences, il amène le public à comprendre ce qu’est la pensée systémique avant même de prononcer ces mots. »

 

N°2 : La structure du récit

Une fois le message, l’accroche et la "power phrase" identifiée, arrive le moment de formaliser son discours. Mais attention, pas de plan académique "thèse, antithèse, synthèse". « La structuration du message n’a pas grand-chose à voir avec la dissertation », prévient Didier Chambaretaud. C’est du storytelling. Autrement dit : il faut penser son discours comme une histoire.  

Celle-ci commence toujours par une accroche. Vient ensuite l’énonciation du sujet. Il peut être amené le plus simplement du monde avec une phrase du type "je vais vous parler de la solution pour freiner la fonte des glaces". Lui succède le déroulé de votre argumentation. Chris Anderson, administrateur de la conférence TED, insiste bien sur la nécessité de fonctionner étape par étape, dans une vidéo où il explique ce qui fait une bonne conférence. Il faut préparer le terrain dans le cerveau de votre auditeur jusqu’à votre conclusion, pour que celle-ci puisse avoir le plus d’impact possible.

Pour ce qui est de la rédaction, sachez que vous n’êtes pas obligé de rédiger votre discours à proprement parler. « Je le fais en m’enregistrant  au volant de ma voiture», confie Didier Chambaretaud.

Les adeptes des conférences TED l’auront noté : certains n’hésitent pas à faire des blagues pendant leurs interventions. « Ce sont des blagues à chute, qui reposent sur la rupture », constate le coach. Chris Anderson prévient cependant : « c’est très agréable, on a tous envie qu’on nous raconte des histoires en nous faisant rire mais malheureusement… tout le monde ne peut pas le faire. »

 

N°3 : La répétition

« Rien ne sert d’apprendre votre texte par cœur, estime le coach. La première phrase, la dernière et la "power phrase" suffisent. » L’important, c’est d’être présent, avec le public. Mais cela n’empêche pas de travailler, au contraire.

Pour le temps de parole, Didier Chambaretaud recommande de prévoir 50 % de temps en plus comparé au temps que vous prenez à lire votre texte. « Il faut ce laps de temps pour laisser la place à l’improvisation », explique-t-il. Par improvisation, le coach parle de présence scénique, de rapport avec le public.

Autre astuce pour la prise de parole en public : faire des pauses. « Cela prend parfois 2-3 secondes, ça paraît énorme quand on est sur scène, mais aux yeux du public, c’est quelqu’un qui reprend son souffle et qui peut avoir une grande dimension dramatique. » La gestuelle doit aussi être étudiée. « Le public n’aime pas les tics, il les repère, il faut les éviter », indique Didier Chambaretaud.

Quant aux supports, il faut les utiliser avec modération. « Souvent en entreprise, les gens se cachent derrière leurs slides, constate le coach. C’est mieux quand il n’y a pas grand-chose dessus, sinon les gens les lisent. Et le support peut aussi être une vidéo, un objet, un élément de décor, de la musique, etc. » Le propre de TED, c’est qu’il n’y a pas vraiment de règle, juste des grands principes : simplicité, histoire, émotion, crédibilité de l’orateur, concret et inattendu.

 

3 conseils pour gérer son stress à l’oral                                                                           

- faites des pauses

- asseyez-vous

- prenez quelque chose dans vos mains                                             

 

5

commentaires

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CROYAL

04/04/2015

à 15:47

Bonjour
MERCI , SUJET TRES INTERESSANT
Je suis TED sur des sujets en anglais, et les recommandations données, sont aussi de rigueur

> Répondre

Jérôme

02/04/2015

à 21:45

Merci pour cet article très intéressant. Les conférences TED sont effectivement une très bonne référence dans le domaine de l'art oratoire !

Je ne reprendrai pas les trois étapes, mais j'aimerais souligner trois points :

-Oui, l'accroche revêt une importance capitale (elle détermine la suite de l'intervention) et OUI, la conclusion (ou "chute") est on ne peut plus importante. Il y a de grandes chances que ce soit la seule partie que vos interlocuteurs retiennent, raison pour laquelle il faut vous appliquer et laisser une bonne impression pour leur donner envie de revenir.

-Second point, souligné au cours de l'article et valable tant pour le discours lui-même que pour l'accroche et la conclusion, l'humour est sans doute le meilleur connecteur intervenant/auditoire. De 1, faire rire son auditoire est extrêmement plaisant, de 2, ils garderont une bonne impression de vous.

-Enfin, quant à l'apprentissage par coeur, je pense que cela est propre à chacun. Personnellement, je suis assez partisan de l'apprentissage de trois choses : l'accroche, le plan, la chute. L'amorce et la chute doivent être parfaites, sinon elles ne feront pas leur effet. Quant au plan, c'est la structure même de l'intervention et cela permet de ne jamais être perdu.

Pour bien commencer et devenir un as de l'art oratoire (enfin, avec un peu de travail), j'ai récemment publié un article qui a eu un franc succès et vous donne cinq conseils très simples mais aussi très efficaces ( http://objectifpersuasion.com/parler-en-public-conseils/ ).

Quoiqu'il en soit, je dirais que la clef du succès est et restera toujours la préparation, à bon entendeur :)

Jérôme

> Répondre

futur retraite

25/02/2015

à 10:52

bonjour

Quant à moi ; j'utilise des techniques issues de la scène Je soutiens des associations culturelles et je côtoie donc des artistes Ils me conseillent fort adroitement

L'un ,plein d'humour , me glissa " L'important n'est pas le contenu mais le contenant "
comme je désirais qu'il développe son propos ; il me révéla avoir effectuer quelques petites impostures pour le compte d'émissions télévisées de divertissement

> Répondre

leabha1r

19/02/2015

à 23:19

Les conferences TED c'est un homme en scene? C'est faux: il y apparait parfois meme une femme!

> Répondre

Une lectrice mécontente

18/02/2015

à 21:33

Puisque la phrase d'accroche est aussi importante, pour info les conférences TED, c’est AUSSI parfois une femme ... (Sheryl Sandberg pour ne citer que la plus célèbre).
Et en plus l'article est signé par une femme, c'est triste.

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