À quoi servent les formations à la prise de décision ?

Publié le 21 juin 2016 Régis Delanoë

L’une des qualités incontournables d’un bon manager est de savoir trancher au bon moment : prendre une décision, de préférence la plus judicieuse, et la faire accepter de son équipe de travail. Une compétence stratégique qui peut se travailler et notamment à travers des formations.
À quoi servent les formations à la prise de décision ?
  1. Disposer d’outils rationnels
  2. Développer son intuition
  3. Travailler son leadership
  4. Accepter la prise de risque

Disposer d’outils rationnels

Les formations à la prise de décision s’adressent à tous les types de managers, selon Jean-Marc Santi, formateur pour Orsys et auteur de La boîte à outils de la Prise de Décision. Pourquoi un public si large ? « Car n’importe quel manager, à un moment de sa carrière, peut avoir besoin de se doter d’outils pour l’aider à trancher, un rôle complexe à l’heure où se développe l’entreprise libérée avec une mise en autonomie croissante des collaborateurs », poursuit-il. L’un des outils les plus connus est de faire appel à la matrice de décision, en rassemblant un maximum d’informations sur le sujet traité (par le biais de réunions brainstorming), en définissant des critères de sélection (qualité, délai, coût, etc.), en attribuant des notes pour chaque solution en fonction des critères définis, puis en calculant le total de chaque solution pour choisir celle qui a la note la plus élevée. « C’est cartésien mais efficace, à condition que l’entreprise n’évolue pas dans un environnement incertain », prévient Jean-Marc Santi. Exemple : dans le cas d’une start-up spécialisée dans les nouvelles technologies, le temps que le manager mette en place cette matrice, la prise de décision finale pourrait être altérée à cause de critères de sélection qui ont évolué entre-temps…

 

Développer son intuition

« Les managers de proximité avec 3 à 5 ans d’expérience restent le public le plus demandeur, observe de son côté Valérie Dumas, directrice adjointe de l’offre chez Comundi. Ils sont pris entre le marteau et l’enclume et ont besoin de décider pour s’imposer et s’affirmer à leur poste. » Entre une hiérarchie en demande de résultats et des équipes de travail en recherche d’hommes et de femmes de confiance, cette spécialiste préconise le développement de l’intuition, un outil cette fois plus irrationnel mais qui « fait partie intégrante de la palette d’un bon leader ». Des formations spécialisées existent pour développer son intuition dans l’optique d’optimiser ses décisions. Par le biais de tests, d’exercices et de retours d’expérience, elles permettent de développer sa confiance en son intuition et d’apprendre à s’écouter pour prendre les bonnes décisions. D’après Pascale Belorgey, manager offre et expertise au sein de Cegos, l’intuition correspond à un « déclic émotionnel qui arrive en cinquième et dernière étape du processus de prise de décision, après l’écoute, l’analyse, l’exploration des solutions et la sélection. L’intuition irrationnelle viendra toujours après les critères rationnels pour valider ou invalider le choix le plus logique. » Une sorte de droit de veto final pour le manager et son feeling.

 

Travailler son leadership

« S’agissant des managers juniors, beaucoup peuvent avoir le sentiment de manquer de légitimité par rapport à leur équipe de travail. Or, celle-ci a besoin d’être rassurée, d’avoir en face un homme qui tranche, ce qu’on appelle un boss », observe Valérie Dumas. En ce sens, les formations centrées sur le leadership sont de bons moyens d’aider à la prise de décision. Qu’y apprend-on ? À travailler à partir de méthodes comme la théorie U (ou procédure U) et ses cinq étapes : co-initier, co-sentir, être en présence, co-créer et co-évoluer. Peuvent également être enseignés les quatre accords toltèques, particulièrement adaptés pour travailler son leadership : distiller une parole intègre, ne pas en faire une affaire personnelle, ne pas faire de suppositions et faire toujours de son mieux. « Etre un leader ne veut pas dire être parfait en privilégiant le management directif, met en garde Pascale Belorgey. Si vous dites à vos collaborateurs "j’ai décidé que" sans justifier ni expliquer, ce n’est pas être un bon leader. »

 

Accepter la prise de risque

Un manager qui prend des décisions, c’est un manager qui accepte que parfois cette décision ne soit pas la bonne ou pas la meilleure. C’est ce qu’affirme Jean-Marc Santi et c’est ce qu’il apprend à ses stagiaires en formation : « L’important est d’avancer tout en acceptant qu’on puisse parfois se tromper de route. Si vous savez apprendre de vos échecs, ne pas persister dans la mauvaise voie par orgueil, rebrousser chemin à temps et prendre le temps en aval de tirer les leçons de cet échec, alors ce qui peut être considéré au départ comme une erreur peut se retourner en quelque chose de positif. » S’autoriser à échouer fait partie intégrante de la prise de décision, à condition que cet échec soit constructif pour l’avenir.

 

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Régis Delanoë
Régis Delanoë

Après un Master obtenu à l’Institut d’études politiques de Rennes, Régis Delanoë s’est mis à son compte en tant que journaliste indépendant. Multitâche, il travaille depuis plus de dix ans dans le vaste domaine de la presse écrite et web. Enquêtes, reportages, interviews et veille de l’actualité : il s’est notamment spécialisé dans le secteur de l’emploi et de la formation, s’intéressant de très près aux nouvelles tendances et aux évolutions à venir en la matière.

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