Raccourcir votre préavis, les astuces qui marchent

Publié le 29 avril 2019 Pauline Bandelier

Bonne nouvelle… vous venez de décrocher le boulot de vos rêves. Seule ombre au tableau, vous êtes en poste, et vous devez commencer le mois prochain. Que faire ? Partir et payer à votre employeur les mois de préavis non effectués ou tenter de négocier ? Raccourcir votre préavis, les astuces qui marchent, Cadremploi vous dit tout !
Raccourcir votre préavis, les astuces qui marchent
  1. Préavis de départ : ce que dit la loi…
  2. Préavis : partir sans négocier, une fausse bonne idée
  3. Comment négocier la réduction ou la suppression de votre préavis de départ

Préavis de départ : ce que dit la loi…

Votre décision de démissionner ne vous donne pas pour autant le droit de partir sans vous retourner. Selon l’article L1237-1 du Code du travail, l’employeur et le salarié sont tous les deux tenus au respect d’un préavis de départ, dont la durée est en général de 3 mois pour un cadre en CDI (voir notre article Le préavis d'un cadre). Pour vous assurer de la durée de votre préavis, référez-vous vous à la convention collective de votre entreprise ou à votre contrat de travail.

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Préavis : partir sans négocier, une fausse bonne idée

Si vous partez sans respecter le préavis défini et sans l’accord de votre patron, ce dernier peut vous demander le remboursement des mois non effectués, et saisir le conseil de prud’hommes si vous ne le faites pas. Même s’il ne réagissait pas, Jean-Marc Lami, ancien directeur qualité et amélioration continue chez Chromalox-Etirex, rappelle que vous retrouverez peut-être l'un des cadres de votre ancienne entreprise sur votre parcours professionnel : « et là, l'image que vous auriez laissée peut se révéler catastrophique ». Il est donc préférable de négocier, quitte à payer. Ou idéalement de trouver un accord qui vous permettra de partir plus tôt, sans avoir à verser d’indemnités.

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Comment négocier la réduction ou la suppression de votre préavis de départ

Demandez la réduction ou la suppression de votre préavis

Première chose à faire, avant d’envoyer votre lettre de démission, allez voir votre patron pour lui expliquer la situation, le plus tôt possible. Celui-ci n’étant pas pris au dépourvu, il aura plus de chances de prendre en compte votre demande. Si votre boss accepte votre demande de réduction ou de suppression de votre préavis (il n’est obligé d’accepter ni l’un ni l’autre), pensez bien à ce moment-là à obtenir un accord écrit, seule garantie en cas de litige par la suite. Vous cesserez alors de travailler à la date à laquelle vous avez demandé de quitter l'entreprise. En contrepartie, votre employeur ne sera pas tenu de vous verser le salaire correspondant à la période de préavis non effectuée et vous ne percevrez pas l'indemnité compensatrice de préavis.

Utilisez les heures cumulées pour recherche d’emploi et vos RTT restantes

Certaines conventions collectives octroient aux salariés démissionnaires 2 heures par jour pour chercher un nouvel emploi pendant leur préavis. Si vous y avez droit, vous pouvez négocier avec votre employeur la déduction de ces heures, à condition de ne pas les utiliser, de votre préavis. Cumulées, elles représentent près de 3 semaines (si votre durée de préavis est de 3 mois). Les RTT, s’il vous en reste, peuvent aussi être comptabilisées pour réduire votre préavis, ce qui n’est pas le cas des congés payés.

Trouvez votre remplaçant et préparez la transition

Afin d’accélérer le processus, Daniel Combe, responsable des prestations conseil CV de la société SYNTHESUM, suggère de proposer à votre employeur de participer au recrutement et à l’intégration du nouveau collaborateur. Il a lui-même été recruté il y a quelques années pour remplacer un ingénieur d'affaires qui voulait réduire son préavis de trois à un mois. Par l’intermédiaire d’un ami, il a adressé son CV au collaborateur sur le départ, qu’il a rencontré ensuite en entretien avec l’employeur. Suite à l’entretien, Daniel Combe a été recruté et l’affaire a été bouclée en moins de 3 semaines.

Proposez un temps partiel provisoire à votre actuel et à votre futur employeur

L’objectif est donc « d’arranger » vos deux employeurs : celui que vous allez quitter, et auprès duquel vous êtes encore engagé, et celui que vous allez rejoindre. Une dernière solution existe : proposer aux deux parties un temps partiel (un mi-temps par exemple), à partir de la date d’entrée du nouveau poste et jusqu’à la fin de votre préavis. Vous avez des arguments pour vous : votre futur employeur appréciera que vous soyez force de proposition afin d’honorer vos engagements auprès d’un ancien employeur. Votre ancien employeur, lui, pourra entendre l’argument suivant : la période du préavis lui coûtera moins cher (puisqu’à mi-temps) et il sera assuré de votre grande motivation, indispensable à une bonne transition de poste. Bref, cette solution donnant-donnant est peut-être, pour vous, la bonne ?

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Pauline Bandelier
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