Salons de sieste : un concept à dormir debout

Publié le 27 octobre 2008 Tiphaine Réto

On vante de plus en plus les effets positifs de la sieste sur la santé, sur l'efficacité et même sur le sommeil. Les professionnels l'ont bien compris : Morphée peut désormais rapporter. En quelques années, plusieurs « salons zen » se sont ouverts à Paris pour proposer, notamment, des siestes à la carte. Une idée qui fait rêver... Sur le papier.

J'ai tout tenté. Caler ma tête entre le clavier de l'ordinateur et le pot à crayons Cadremploi ou me recroqueviller en lotus près des toilettes du troisième... ça n'y a rien fait. La rentrée à peine terminée, la fatigue, déjà, s'accumule. Et pour m'assoupir discrètement, le bureau n'est pas le meilleur endroit.
Alors pourquoi ne pas tester un « salon de sieste » ? Entre deux réunions et trois dossiers, je me décide à faire un saut en dehors du bureau pour piquer mon roupillon réconfortant. Pas de quoi culpabiliser ! Les meilleures études le prouvent : un quart d'heure de sieste au travail améliore l'efficacité professionnelle.


Dormir ? Oui, mais... dans un mois

A Paris, trois enseignes proposent ce type de prestation. Sur internet, la Bulle Kenzo présente bien. Un univers cocon installé dans l'un des anciens magasins de La Samaritaine. L'accueil y est délicat et affable. Dans un gigantesque loft blanc comme un nuage, deux belles sphères de douceur attendent le chaland fatigué : une bulle énergisante et une bulle zen. Enfin, « attendent », n'est certainement pas le mot. Le lieu est très couru et pas moyen de venir à l'improviste. Un délai d'un mois est au minimum nécessaire pour venir profiter de la Bulle Kenzo. « La sieste, confie la responsable, n'est pas notre cœur de métier. C'est un petit plus que choisissent certain clients en sus des massages et soins que nous proposons dans notre gamme. »


Réservez par téléphone... quand ça décroche

Tant pis, donc, pour la sieste en nuage. J'essaie d'appeler le salon Zenia, installé depuis 2007 dans le 9e arrondissement. A deux pas des Galeries Lafayette et en plein centre du Paris des affaires. Une bonne situation... Le téléphone sonne dans le vide. Une fois, deux fois, trois fois. J'abandonne et consulte les offres de Kiétud. La marque possède deux salons, l'un dans le quartier du Marais, l'autre près du rond point de l'Etoile, en haut des Champs Elysées. Mes nerfs commencent à se crisper. Cette fois, c'est un centre d'appel payant qu'il faut contacter pour réserver.


Mon cher repos

Premier essai, premier échec. Deuxième essai... Je respire. A l'autre bout du téléphone, un conseiller prend la communication. Oui, Kiétud propose bien un forfait sieste. A 30 euros la demi-heure (20 euros pour une première fois), je peux m'octroyer un repos bien mérité dès le lendemain, lovée dans une « Energy sphere ». « Il s'agit d'un confortable fauteuil acoustique qui vous relaxe totalement en atteignant votre inconscient, via des stimulations visuelles et des suggestions vocales », me promet la voix au bout du combiné... Avant de surenchérir : « Sinon, vous pouvez également essayer notre « cocon de flottaison », qui recrée les effets relaxants de la Mer Morte. »
Cette seconde possibilité coûte, bien sûr, presque trois fois le prix de la première. C'est dire si mon bien-être leur est cher. D'autant plus qu'il m'est demandé de donner directement mon numéro de carte bleue par téléphone. Le principe ne me plaît guère. A nouveau, je laisse tomber. Un dernier coup de téléphone à Zenia. Sans succès.
Résultat : j'ai la tête lourde et j'ai perdu ma journée. Si on me cherche, je suis au troisième. En position du lotus.

 

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Tiphaine Réto
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