Télétravail : quel rythme choisir ?

Publié le 20 juin 2017 Sylvie Laidet

Le télétravail, bonheur du travailleur moderne ? Peut-être, mais il faut bien avoir en tête qu’il n’existe pas qu’un seul type de télétravail. Cadremploi s’interroge sur les avantages et les inconvénients des différents rythmes de télétravail.
Télétravail : quel rythme choisir ?

Télétravailler 1,2, ou 3 jours par semaine, mais à jour fixe

Le principe : un avenant à votre contrat de travail précise qu’1, 2, ou 3 jours par semaine, vous bossez depuis chez vous, depuis un télécentre, ou encore dans un espace de coworking.

Les avantages : vous pouvez tabler sur une organisation compatible et stable avec votre vie personnelle. « Le salarié peut par exemple s’organiser pour assurer la sortie de l’école de ses enfants ces jours-là », illustre Jérôme Chemin, secrétaire national de la CFDT Cadres. Dans l’entreprise, votre planning est établi, votre manager mais aussi vos collègues, devraient faire en sorte de caler les réunions vous concernant les jours où vous êtes sur site.

Les inconvénients : en gravant dans le marbre les jours de télétravail, vous vous coupez de la possibilité de modifier ces dates pour raisons professionnelles ou convenances personnelles. « Pour changer de jour, le salarié doit en tout cas le notifier par écrit à son supérieur qui doit en prendre acte », souligne Yves Lasfargue, chercheur et directeur de l’Observatoire du télétravail, des conditions de travail et de l’Ergostressie (Obergo). Donc une formule à bien étudier avant de signer.

 

Télétravailler 1,2 ou 3 jours par semaine, mais sans jour fixe

Le principe : cette fois, l’avenant précise uniquement le nombre de jours de télétravail hebdomadaires, sans les nommer.

Les avantages : cette formule donne la possibilité de choisir de télétravailler par exemple lorsque vous planchez sur un dossier nécessitant une grande concentration, parfois rendue impossible en open space. Donc un ajustement au cas par cas. De même, si vous travaillez en mode projet, cela permet d’ajuster votre agenda à celui du reste de l’équipe. L’accord télétravail 2017-2019 de Voyages-sncf.com prévoit de 2 jours de télétravail non fixe par mois. « Nous avions testé un jour fixe par mois, or cela posait des problèmes d’absences en nombre sur certains jours », argumente Éliane Barbosa, DRH de Voyages-sncf.com.

Les inconvénients : « les managers peuvent tout à fait fixer ces jours sans demander l’avis du salarié qui perd ainsi en autonomie », regrette le secrétaire national de la CFDT Cadres. Et puis, côté articulation vie pro/vie perso, vous n’êtes plus en mesure d’anticiper réellement, car votre planning change au gré des semaines.

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Télétravailler plus de 3 jours par semaine

Le principe : cette fois, vous passez plus de temps en télétravail qu’au bureau.

Les avantages : beaucoup moins de temps de transport, donc moins de fatigue inhérente au stress du voyage, plus de nuisances sonores si vous exerciez par exemple en open space, et sur le papier, une capacité à articuler vos vies pro et perso comme vous le souhaitez… Bref, en théorie, la belle vie.

Les inconvénients : dans la pratique, tous les spécialistes s’accordent pour dire que télétravailler plus de 3 jours par semaine rime avec isolement du salarié. « On supprime ainsi tout lien social avec les collègues et toute autre personne de l’entreprise », insiste Yves Lasfargue. Vous vous coupez également des informations informelles qui circulent à la machine à café et entre les portes. Autre problème : la relation managé – manager. « En France, la culture du présentéisme est toujours très forte. Les managers veulent garder leurs équipes près d’eux. Si le manager est réticent à la mise en place de ce télétravail, il aura tendance à davantage fliquer son collaborateur, observe Jérôme Chemin. Se pose également la question de la charge de travail. « En télétravail illimité, le manager ne sait pas si le collaborateur est en sous charge ou surcharge de travail par rapport à ses collègues car il n’a pas de point de comparaison sous les yeux. C’est donc une situation délicate à gérer pour lui », soutient Yves Lasfargues de l’Obergo. Et puis, dans ce type de dispositif, vous risquez vous-même de vous laisser envahir par le travail.

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Disposer d’un compte épargne de jours de télétravail

Le principe : qu’il soit mensuel ou annuel, vous disposez d’un quota de jours de télétravail à ventiler. En plus de son accord triennal, Voyages-sncf.com a instauré le programme Homework, à savoir 24 jours de télétravail possibles par an. « Au départ, nous avions instauré 2 jours par mois. Mais les collaborateurs et les managers ont émis le souhait d’annualiser ce compteur. Pour eux, cette formule est plus souple et plus responsabilisante », explique la DRH.

Les avantages : pouvoir gérer son compteur de jours… au jour le jour. Chez Voyages-sncf.com, les demandes peuvent se faire la veille pour le lendemain mais doivent être validées par le manager. Idéal en cas d’impondérable personnel et/ou familial par exemple.

Les inconvénients : il ne s’agit pas d’un compte épargne temps. Les jours ne sont pas reportables d’une année sur l’autre. Donc de potentiels jours de télétravail perdus. 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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