Êtes-vous un corporate hacker, la tribu des nouveaux pirates de l’entreprise ?

Sylvie Laidet

"Coporate hackers", "corporate rebel", "déviants positifs", "game changer", etc. Peu importe comment on les appelle, ces salariés ont tous en commun une bonne dose de détermination, de capacité créative et sont relativement habiles pour jouer avec les limites. Leur objectif : transformer leur entreprise de l’intérieur, le tout avec bienveillance. Avez-vous le potentiel d’un corporate hacker ?
Êtes-vous un corporate hacker, la tribu des nouveaux pirates de l’entreprise ?

Symptôme 1 : être avide de changement

Pour vous, les organisations en place dans ce monde en mutation ne perçoivent pas les indispensables et nécessaires changements. Donc, vous, vous avez envie de faire changer les choses avant que le monde ne décide pour vous. « Notre objectif est de s’ubériser soi-même avant de l’être de l’extérieur. Pour cela, il faut casser la certitude que nous sommes les meilleurs et démontrer par l’exemple que des idées disruptives peuvent avoir de la valeur ajoutée pour les organisations dans lesquelles nous travaillons », explique Olivier Leclerc, co-fondateur des Hacktivateurs, une toute jeune association de corporate hackers, et également salarié d’un grand groupe industriel. « En parallèle de leur job, ils ont une capacité à twister le business model de l’entreprise », ajoute Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson Project. Dans de nombreux cas, ce sont eux qui, dans l’ombre, ont su réinventer un produit, un service, une relation client… Ils anticipent le futur de l’entreprise et ont décidé d’en être les premiers acteurs.

 

Symptôme 2 : ne pas avoir peur du court-circuitage 

Être corporate hacker suppose de savoir se jouer des procédures, process et autres règles bien établies. « Ils ont une capacité à s’extraire des règles statutaires et hiérarchiques de l’entreprise et n’hésitent pas à créer des courts-circuits », poursuit-elle. Le N+2 ne veut pas entendre le message ? Peu importe, ils filent exposer la proposition à son N+10 comme un électron libre. Peu importe la méthode, ce qui compte, c’est le résultat.  

 

Symptôme 3 : être bienveillant

Pour un corporate hacker, il ne s’agit pas casser ou de détruire le système dans lequel il évolue mais de le faire progresser favorablement. « Il n’est pas antisystème mais hors-système car il essaie de déformer le moule de l’entreprise pour le rendre plus performant. Il plaide pour un système plus agile. C’est un intrapreneur avec une dimension politique, un vrai militant du changement », insiste Emmanuelle Duez.

 

Symptôme 4 : assumer la prise de risque

Ah oui, c’est une autre condition sine qua non pour intégrer la tribu des corporate hackers : ne pas avoir peur de prendre des risques. Évidemment, on ne parle pas de risquer sa peau mais quand même, il faut être capable d’assumer les conséquences de ses actes. « Nous agissons par exemple sans la bénédiction du comité de direction donc sans budget dédié mais plutôt en mode frugal. Alors quand notre travail devient visible, il faut être capable d’assumer », insiste Olivier Leclerc. Pour organiser ses actions en interne (conférence, business jam, etc), ce corporate hacker use des moyens de l’entreprise en les détournant de leurs usages premiers. Ainsi pour inviter les participants au prochain business jam, il a créé un groupe ouvert à tous sur le réseau social de l’entreprise et les 60 premiers inscrits pourront y participer. « On navigue toujours entre deux eaux. En ne demandant pas l’autorisation de faire les choses, on ne prend pas le risque d’essuyer un refus et on ne se met pas en faute. Donc, on se réunit, et si un jour on nous interdit de le faire, on avisera », relativise-t-il.

 

Si vous présentez tous ses symptômes, vous êtes potentiellement un corporate rebel. Alors à l’abordage !

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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