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Un bureau au top, ça rapporte ?

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Sylvie Laidet

Performance au travail, et si tout commençait par les bureaux ? Cet argument de poids en faveur de votre espace de travail est aussi le titre du dernier ouvrage d’Alain d’Iribarne, publié aux éditions Italiques. Le président du conseil scientifique de l’observatoire Actineo de la qualité de vie au travail nous explique pourquoi un bureau agréable est aussi rentable.

Dans quelle mesure la configuration des bureaux influe-t-elle sur la performance au travail ?

Alain d’Iribarne, président du conseil scientifique d’Actineo : la satisfaction au travail relève d’une interdépendance entre le cadre physique du travail, l’organisation du travail, la gestion des ressources humaines et le management. Il s’agit d’une logique systémique qui est optimisée si toutes les dimensions sont équilibrées et respectées. Sinon la performance se dégrade et le système peut se gripper. En revanche, si l’organisation du travail est efficiente, que les gens ressentent un bien-être au travail, ils sont davantage motivés, s’engagent plus pour leur entreprise, et souvent au-delà de leurs missions.

Existe-t-il des types d’organisation de l’espace plus « productifs » que d’autre ?

Oui : les open space intelligents, c’est-à-dire les espaces ouverts qui sont autre chose que de grands plateaux qui peuvent s'apparenter à un hall de gare, ont l’ambition de renforcer l’efficacité productive. Ce sont des open space qui ne tiennent pas uniquement compte du gain de m2 mais qui permettent de travailler dans de bonnes conditions en mode collaboratif inter services ou inter métiers.

Les entreprises se saisissent-elles réellement de ce levier d'efficacité que représente l'espace de travail ?

Elles se préoccupent de plus en plus de la question. Outre celle de l’efficacité, la souffrance au travail est devenue un sujet de société. Le législateur impose désormais une obligation de résultat dans le domaine du bien-être au travail et non plus une seule obligation de moyens. Et puis, les entreprises savent que cela impacte leur performance économique. Plus concrètement, ces projets relèvent d’une conduite du changement. Ils doivent donc être impulsés et acceptés par la direction générale mais aussi intégrer toutes les parties prenantes de l’entreprise. Les partenaires sociaux bien sûr, mais aussi des groupes de salariés qui s’expriment sur l’organisation du travail et le management.

Dans votre livre, vous dites qu’il n’y a plus un open space mais « des open space », pourquoi ?

La morphologie et la construction des espaces de travail varient selon l’activité de l’entreprise et en fonction des différents métiers. On ne fait pas travailler des comptables et des commerciaux de la même façon. L’organisation de l’espace est un véritable acte de management car cela suppose de définir les conditions structurelles de l’efficacité productive de l’entreprise.

Quid du développement des bureaux partagés ?

Le modèle « Accenture », avec des postes de travail non attribués à réserver par internet ou par téléphone, est fortement remis en cause.  Aujourd’hui, les postes de travail sont partagés au sein d’équipe comptant entre 5 et 10 personnes qui autogèrent le partage des bureaux. Ceci permet d’entretenir une vie sociale sans complètement dépersonnaliser l’espace. Avec le développement du télétravail, on assiste également à la mise en place de télécentres. Il s’agit de bureaux regroupés au sein d’un bâtiment souvent à proximité du domicile de nombreux salariés de l’entreprise. Cela réduit les temps de transport et la fatigue des salariés, l’entreprise y trouve donc également son compte. Avec une règle d’or, l’environnement de travail doit rester un lieu de socialisation.

Propos recueillis par Sylvie Laidet © Cadremploi.fr

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