Une reprise anticipée par les entreprises
Coté entreprises, si le recours aux mesures de chômage et d’activité partielle ont eu tendance à croitre jusqu’ici, depuis l’annonce de la date de début de déconfinement, les entreprises semblent avoir commencé à réintégrer une partie de leurs salariés. 15% des cadres déclarent être en télétravail avec activité partielle et 14% en chômage partiel, soit respectivement des baisses de 4 et 11 points comparé à l’étude Cadremploi datant du 14 Avril. Naturellement, le recours au télétravail lui repart à la hausse et 57% des cadres télétravaillent en ce début de 8ème semaine de confinement.
En parallèle de la réintégration d’une partie des salariés, les entreprises ont doucement entamé la réflexion sur le retour physique au travail. Plus d’un cadre sur 2 déclare d’ailleurs que le sujet de la reprise a déjà été abordé au sein de leurs entreprises. Parmi ceux ayant déjà eu des annonces concernant le déconfinement, 7 cadres sur 10 déclarent également que leurs entreprises dessinent d’ores et déjà les contours du plan de retour sur le lieu de travail.
Sans surprise et allant de pair avec les recommandations du gouvernement, plusieurs mesures organisationnelles et sanitaires sont déjà prévues par les entreprises. Parmi les principales mesures mises en place, on retrouve la limitation des effectifs au sein des locaux (69%), la mise à disposition de masques (74%) ainsi que de gel hydroalcoolique (79%), et enfin la poursuite du télétravail (79%) qui s’est imposé comme la norme depuis le 17 mars.
6 cadres sur 10 ne souhaitent pas retourner au travail
Si la date de déconfinement était attendue, elle n’a pas fait l’unanimité auprès des cadres et ils se montrent plutôt mitigés sur la question du retour au physique au travail. Face à cette éventualité, 36% a tendance à se montrer prudent et 34% d’entre eux sont même dubitatifs quant à cette reprise. En parallèle, seuls 4 cadres sur 10 déclarent souhaiter retourner sur leur lieu de travail à partir du 11 mai. La principale motivation étant de retrouver un rythme normal (57%) et également de retrouver un minimum de vie sociale.
Pour les cadres ne souhaitant pas retourner sur leur lieu de travail, contre toute attente, le premier motif avancé n’est pas sanitaire mais organisationnel. Bien que plus d’1 cadre sur 2 déclare qu’il ne souhaite pas revenir pour ne pas prendre de risque pour sa santé (54%), ni pour celle de sa famille (54%), le fait que l’organisation en télétravail fonctionne bien (74%) se positionne comme principale motivation de non-retour physique au travail.
Responsable des études pour Cadremploi