Les 4 signes qui montrent qu’un collaborateur va démissionner

Sylvie Laidet

En vous refaisant le film aujourd’hui, c’était pourtant clair comme de l’eau de roche : ce collaborateur allait vous coller sa démission. Et c’est d’ailleurs ce qu’il a fait et vous n’avez rien vu venir. Check-list des détails qui, à l’avenir devraient vous mettre la puce à l’oreille. Et vous permettre si besoin, de mettre en place une stratégie « reste à la maison ».

Managers, sachez guetter les signes avant-coureurs de la démission d'un de vos collaborateurs.

Les 4 signes qui montrent qu’un collaborateur va démissionner
Managers, sachez guetter les signes avant-coureurs de la démission d'un de vos collaborateurs.

Ils témoignent

  • Alain Humbert, coach en management bienveillant, gérant du cabinet Crono concept
  • Hymane Ben Aoun, présidente de la commission conseil en recrutement de Syntec Conseil

Signes de fuite

Si subitement, l’un de vos collaborateurs n’assiste plus aux réunions ou se pointe régulièrement en retard alors qu’avant, il n’en ratait pas un et était le roi de la ponctualité. S’il refuse de prend part à de nouveaux projets, pire, demande à être dessaisi de certains de ses dossiers, ça sent le départ à plein nez. S’il évite subitement les pots et autres afterworks festifs, alors qu’il était le boute-en-train de l’équipe, soyez vigilant. « Autre signe avant-coureur d’une démission : un salarié qui demande à passer à la semaine de 4 jours au lieu de 5. Cela signifie qu’il s’ennuie dans son job. Qu’une certaine routine s’est installée au point de réaliser ses missions sur 4 jours et plus sur 5. Le manager doit être vigilant car cette personne peut être sur le départ », analyse Alain Humbert, coach en management bienveillant et gérant du cabinet Crono concept.

 

Signes de saturation

Des clients se plaignent désormais de la qualité de son travail ? Il commet des erreurs impensables venant de lui il y a encore quelques semaines ? Il passe son temps à se plaindre et à râler ? Il ne répond plus rapidement à vos mails alors qu’avant il était au taquet ?  Il y a un loup. « Ce salarié produit en fait des signes de saturation. Son boulot ne l’intéresse plus vraiment. Pire, son job l’énerve. Il risque de passer à autre chose », insiste Alain Humbert,

Signes de contestation

D’habitude si calmé, posé, dans le compromis et l’empathie, il s’emporte rapidement (et pour trois fois rien) avec vous, ses collègues, ses clients… Bref, votre collaborateur est rapidement agacé ? Sa contestation inhabituelle devrait également vous mettre la puce à l’oreille.

 

Une présence renforcée sur les réseaux sociaux

« Une nouvelle photo de profil, la mise à jour de ses dernières expériences professionnelles, l’ajout de précisions sur son job actuel… peuvent signifier que ce collaborateur est en recherche très active. Certaines collaborateurs en poste vont même jusqu’à activer le macaron « à l’écoute de nouvelles opportunités », constate Hymane Ben Aoun, présidente de la commission conseil en recrutement de Syntec Conseil. Au moins là, le message est limpide !

Évidemment tous ces types de signaux faibles sont cumulatifs. Et plus leur nombre augmente, plus votre collaborateur est proche du départ.

Témoignage de manager : Fred*, associé d’une agence de communication

Deux fois ! Cela fait deux fois de suite que Fred ne voit pas le coup venir et se retrouve avec des salariés démissionnaires. « Le premier, un jeune consultant, était d’un professionnalisme à tout épreuve, tout se passait bien et il a démissionné. Si je refais le film, c’est vrai qu’il avait tendance à demander des jours de télétravail à la dernière minute. Sans doute pour passer des entretiens. Et on lui accordait car pour nous, l’important n’est pas la présence mais la réalisation des objectifs. Quand il était au bureau, il sortait effectivement beaucoup téléphoner à l’extérieur. Les dernières semaines, il s’était un peu renfermé sur lui-même. Son boulot était « flou », moins rigoureux. Il oubliait des détails. Ce qui ne lui était jamais arrivé avant », raconte Fred, un tantinet dépité. Pour la deuxième démissionnaire, même topo : un désengagement à peine perceptible au quotidien. Mais un faisceau de signes avant-coureurs, qui avec du recul, aurait dû lui mettre la puce à l’oreille.
*Le prénom a été modifié

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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