Qu’est-ce que la récession ?

Publié le 15 avril 2020 Fleur Chrétien

Alors que le FMI (Fonds Monétaire International) a publié le 14 avril 2020 les chiffres des perspectives économiques mondiales pour l’année 2020, le mot « récession » fait la Une de tous les journaux. La crise du Covid-19 et le « Grand Confinement » auront des conséquences économiques et sociales fortes, à l’échelle nationale comme au niveau mondial. Si elle est comparée à la Grande Dépression de 1929, cette crise du « Grand Confinement » n’en est pourtant pas au stade de dépression. Qu’est-ce qu’une récession ? Quelles sont les solutions pour en limiter les impacts ? Quand une récession se transforme-t-elle en dépression ? Décryptage avec Cadremploi.
Qu’est-ce que la récession ?

Qu’est-ce qu’une récession ?

La récession désigne un ralentissement du rythme de la croissance économique, qui génère un écart entre la croissance potentielle (estimée) et la croissance réelle.

Cette notion de récession, également désignée par les termes de décroissance, de régression ou de contraction, répond toutefois à des conditions qui varient en fonction des pays et des organismes.

En France, l’INSEE définit la récession comme une chute du PIB (produit intérieur brut) pendant au moins 2 trimestres consécutifs.

Pour l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), organisation mondiale qui rassemble la plupart des pays développés, une récession est une période d'au moins deux ans pendant laquelle l'écart de production cumulé atteint au moins 2 % du produit intérieur brut (PIB) et la production devient inférieure d'au moins 1 % à la production potentielle durant une année au moins (Cf Perspectives économiques de l'OCDE, vol. 2008).

Aux États-Unis, c’est le National Bureau of Economic Research (NBER) qui détermine le phénomène de récession en fonction d’une approche méthodologique portant sur plusieurs indicateurs. Ainsi, la récession désigne « une baisse significative répandue dans l’ensemble de l’économie qui dure plus que quelques mois et qui affecte à la fois le PIB, les revenus, la production industrielle, l’emploi et le commerce de gros et de detail ».  

La récession se distingue donc de la dépression par son ampleur et sa durée ; la dépression désignant une chute importante et durable de l’activité.  

Coronavirus : quelle va être l’ampleur de la récession mondiale ?

Publiées le 14 avril 2020, les perspectives mondiales du FMI tablent sur 3 % de recul de la croissance mondiale, soit une contraction de 3 % du PIB de la planète pour l’année 2020, sous réserve d’une chute de la pandémie sur le 2e semestre 2020.

Le FMI estime par ailleurs que les pays de la zone Euro seront les plus touchés, avec une contraction moyenne de l’activité de 7,5 %. En tête, l’Italie, qui subirait une chute de sa croissance de l’ordre de 9,1 % en 2020, suivie de l’Espagne avec une baisse de 8 %, la France avec une chute de 7,2 %, et le Royaume-Uni avec un chiffre de 6,5%. Aux États-Unis, la contraction de la croissance est estimée à 5,9 % pour 2020.

Cette baisse de croissance devrait se poursuivre en 2021. Pour la France, le rebond est estimé à 4,5 %.

Pour la cheffe économiste du FMI, Gita Gopinath, il s'agit de « la plus grande récession depuis 1929. (…) Un désastre rare, la pandémie du coronavirus, a abouti à la perte tragique d'un grand nombre de vies humaines. (…) le monde est entré dans le grand confinement. L'ampleur et la rapidité de l'effondrement de l'activité qui a suivi sont différents de tout ce que nous avons vécus dans notre vie ».

Les conséquences et les solutions pour endiguer la récession économique

Face à cette crise systémique qui touche le monde entier, les pays du G7 et du G20 se sont réunis afin d’apporter une réponse coordonnée.
Au niveau national, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a d’ores et déjà débloqué des aides massives de soutien et annoncé la priorité accordée à un plan de relance de l’économie. Cette solution du plan de relance avait également été adoptée lors de la crise de 2007-2009, appelée la Grande Récession. À l’origine : la crise des Subprimes aux États-Unis en 2006-2007, qui, combinée à des crédits faciles, une chute des actions, une baisse des prix des logements et une dérégulation des marchés, avait notamment entraîné une explosion du prix du pétrole et des produits agricoles. Une longue phase de récession avait alors débuté, d’abord aux États-Unis fin 2007, puis dans les pays de la zone Euro en 2008.

Le ralentissement du commerce international et la hausse du chômage figurent parmi les conséquences de cette récession, face à laquelle le Gouvernement français a répondu par des aides massives et une politique de relance de la consommation aux effets limités.

Face à la stagnation de l’économie et pour enrayer l’explosion de la dette publique, des mesures d’austérité ont alors été adoptées dans toute l’Europe, avec notamment une hausse des impôts et une baisse des dépenses publiques.  

Les évolutions de la récession : les différents scénarios possibles

Alors que les économistes espéraient une reprise en V, supposant une accélération vigoureuse de l’économie post-confinement, l’allongement de la durée du confinement rend ce scénario de moins en moins probable. Différents scénarios de sortie de crise sont envisageables :  

  • Le scénario en V : Ce scénario idéal suppose que la chute brutale de l’économie soit suivie d’une reprise tout aussi rapide grâce aux plans de relance.  
  • Le scénario en U : Les effets du confinement sur l’économie se font sentir sur quelques mois, avec un retour progressif à la normale.  
  • Le scénario de la courbe Virgule : Après la chute brutale, l’économie se relève doucement avec un niveau de consommation modeste et une posture frileuse. Inspiré du scénario en U, la courbe en virgule prévoit toutefois un retour à la normale beaucoup plus lent et progressif.  
  • Le scénario en L : Le scénario catastrophe, qui, sans soutien ni aides de l’État, installerait la crise durablement et transformerait la récession en dépression.  
  • Le scénario en W : La chute est suivie d’un regain temporaire de l’économie. Le retour à la normale se fait en 2 temps, sur une période beaucoup plus longue.  

À ce jour, le scénario de sortie de crise n’est pas connu. Seule certitude : les effets de la crise du Coronavirus se feront sentir au-delà de l’année 2020. Les entreprises vont devoir mettre en place un managements de crise.

Fleur Chrétien
Fleur Chrétien

Formée au journalisme et à l’édition, Fleur commence sa carrière chez Hachette Livre au département jeunesse. Après Bécassine et Franklin, elle s’immerge dans l’univers du luxe en agence de communication. Très vite, le digital devient incontournable. Petites agences et jolis clients - Harry Winston, Benjamin de Rothschild, l’Atelier BNP Paribas, Yann Arthus-Bertrand - permettent d’alterner réflexions stratégiques et création de contenu innovant. En 2010, Fleur fait le choix de l’indépendance. Elle se concentre alors sur son cœur de métier : donner du sens par le contenu. Cadremploi figure parmi ses heureuses collaborations.

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