Que faire si l'on n'a pas envie de reprendre le travail après un congé maternité ?

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Qui l'eût cru ? Alors que vous rechigniez à arrêter votre activité, vous n’avez finalement pas envie de reprendre le travail après votre congé maternité. Rassurez-vous, vous n’êtes pas la seule dans ce cas-là. Même celles qui aiment leur travail et apprécient leurs collègues passent par une phase de doutes à l’idée de laisser leur nouveau-né à un inconnu. Nous vous proposons, après avoir rappelé tout ce qui peut vous conduire à craindre ce retour de congé maternité, des conseils pour retrouver la motivation, mais aussi des solutions si reprendre le boulot comme avant est définitivement impossible.
Que faire si l'on n'a pas envie de reprendre le travail après un congé maternité ?

Comment expliquer ce manque de motivation pour le retour au travail ?

Le grand bouleversement

Donner la vie constitue forcément un bouleversement majeur dans une vie. Il y a d’abord ces très longs mois de gestation qui paraissent encore plus interminables lorsqu’on est malade (nausées, diabète gestationnel, rétention d’eau…). Il y a ensuite l’accouchement qui représente un traumatisme physique et psychologique pour beaucoup de femmes. Et si l’aboutissement est heureux avec la naissance de votre enfant, la période qui s’ensuit n’est pas un long fleuve tranquille.

Pour un premier enfant, il faut apprendre de nombreux gestes que beaucoup de parents ont peur de ne pas exécuter comme il faut. La cellule familiale est complètement chamboulée. Le couple est mis à rude épreuve puisque l’enfant devient central au sein de cette nouvelle configuration.

L’extrême fatigue

Les premières semaines de votre enfant sont pour le moins éreintantes, et c’est encore plus vrai pour la maman qui allaite. Car c’est elle qui nourrira son bébé à intervalles réguliers, la nuit aussi. Rappelons que dans les 16 semaines du congé maternité, 10 semaines sont en théorie attribuées à la période postnatale.

Or, en deux mois et demi, vous avez certes vécu de grands moments de bonheur, mais vous ne vous êtes pas arrêtée une seule seconde. Comment, alors, reprendre le travail dans de bonnes dispositions ? La fatigue tend plutôt à s’accentuer au cours de cette pause professionnelle, et plus les jours passent et plus vous n’avez pas envie de reprendre le travail après le congé maternité.

La culpabilité d’abandonner son bébé

Retourner travailler, c’est aussi avoir la très désagréable impression d’abandonner son bébé. Vous avez passé l’intégralité de ce congé à le couver, à le veiller, à le nourrir et, du jour au lendemain, vous devez le laisser à une tierce personne toute la journée durant.

Cette perspective ne vous enchante guère et personne ne peut vous jeter la pierre. Ce sentiment est tout à fait justifié et ce serait mentir de dire que les premiers jours de reprise du travail ne seront pas difficiles.

La crainte de ne pas réussir à conjuguer travail et maternité

Lorsqu’on est cadre dans une entreprise, on a des responsabilités. La hiérarchie compte sur vous, mais vous craignez logiquement de ne pas être totalement focalisée sur votre travail et que cela nuise à vos performances.

Vous appréhendez également de ne pas être à la hauteur lorsque vous rentrerez à la maison. Après une dure journée de labeur, être 100 % disponible pour votre enfant vous paraît tout aussi difficile.

La pression de la société

En plus de toutes ces difficultés, vous allez être exposée au regard de la société. Votre mère, vos amies, sœurs ou belles-sœurs ne pourront s’empêcher de donner leur avis sur la grande question : faut-il reprendre le travail ? Toutes argumenteront à grand renfort d’expériences personnelles. Il y aura celles qui vous diront qu’elles n’ont eu aucune difficulté à reprendre leur vie d’avant et l’auront même attendu avec impatience, car leurs premières semaines avec bébé n’ont pas été des plus réjouissantes.

Mais il y aura surtout celles qui vous conseilleront de ne pas reprendre votre job, ou en tout cas pas sur le même rythme, car elles mourraient à l’idée de rater le premier rire de leur enfant ou ses premiers pas.

Vous pourriez vous sentir jugée à la simple évocation d’un retour vers votre vie professionnelle. Même le discours de votre mari peut, intentionnellement ou non, influencer votre choix, car il est lui aussi victime de notre société patriarcale.

Le coût élevé de la garde d’enfant

Une autre raison peut freiner votre retour de congé maternité : le budget garde d’enfants. Normalement, cela a été anticipé, sachant que pour bénéficier d’une place en crèche voire d’une nounou, il faut avoir réservé avant même la naissance de l’enfant. Le coût d’une crèche, du fait de ce mode de garde en collectivité, est le moins cher, mais reste très élevé.

Malgré le crédit d’impôt associé, cela représente un coût important pour un ménage. Non seulement il est difficile de laisser son bébé à des inconnus dans ce type de structure, mais en plus vous vous demandez à quoi bon payer cette somme alors que vous êtes la mieux placée pour le garder.

Et si vous devez recourir à une assistante maternelle, les prix sont encore plus élevés avec, pour certaines mères, la crainte que son enfant fasse un transfert et s’attache un peu trop à sa nounou.

Comment retrouver l’envie de reprendre le travail après un congé maternité ?

Faire le point sur sa nouvelle identité de maman et ses envies

Reprendre ou pas le travail, c’est la valse-hésitation ? Tentez de prendre du recul sur la femme que vous souhaitez devenir. Votre enfant est ce que vous avez de plus cher, mais votre emploi vous tient à cœur.

Il serait dommage de renoncer trop hâtivement à ce poste que vous aviez fini par décrocher après des années d’études et des expériences professionnelles moins intéressantes.

C’est pourquoi d’ailleurs certaines entreprises rallongent les congés des parents. Elles préfèrent accorder un délai supplémentaire que perdre de bons éléments qui ont été formés et sont parfaitement intégrés. Soyez au clair avec vos envies.

La difficulté reste de s’extraire de cette actuelle position de jeune maman. Rappelez-vous que celle-ci ne sera pas éternelle.

Suivre son instinct

Vous avez peur du regard des autres quant à votre décision d’aller travailler ? Peur d’abandonner votre bébé de même pas 3 mois ? Peur de ne pas pouvoir mener de front maternité et activité professionnelle ? Peut-être suffit-il de suivre votre instinct.

Faites abstraction de l’avis de vos proches et tentez de découvrir ce qui vous paraît être la meilleure solution à long terme pour vous, votre enfant et, plus globalement, votre foyer.

Identifier la cause de ce manque de motivation

Comprendre pourquoi vous n’avez pas envie de reprendre le travail après votre congé maternité peut vous permettre d’avancer et de prendre la bonne décision. S’il ne s’agit que d’une question de fatigue par exemple, sachez que cela ne durera pas. Rester à la maison et s’occuper de bébé H24 est aussi très fatigant.

Par contre, si c’est l’ambiance au travail qui se révèle être un frein, ou une charge de travail objectivement impossible à conjuguer avec une vie de famille qui pose problème, une solution doit être trouvée.

S’interroger sur ses possibilités financières

Même si les frais de garde sont élevés, pouvez-vous réellement vous passer de votre salaire ? Garder son enfant à l’issue du congé maternité est tentant, mais il faut se demander si votre situation financière ne risque pas d’en pâtir dans les mois à venir.

Déterminer le meilleur mode de garde possible pour son enfant et soi-même

Faire garder son enfant n’a pas que des mauvais côtés. Chez une assistante maternelle ou dans une crèche, l’enfant va se sociabiliser au contact d’autres enfants de son âge, apprendre des choses, utiliser de nouveaux jouets, bref s’épanouir.

Et s’il tombe malade assez souvent, c’est un passage obligé que vous ne ferez que retarder en le gardant à la maison.

Reprendre contact avec ses collègues de travail

Pendant un congé maternité, on a tendance à s’enfermer. On ne reçoit que peu ses amis et sa famille. On ne sort quasiment plus de chez soi, notamment lorsqu’il fait trop chaud ou trop froid dehors pour préserver la santé de bébé.

Dans ces conditions, il est encore plus difficile de se frotter à nouveau à l’extérieur. Appeler ses collègues de travail peut être une bonne transition. Leur dynamisme et leur envie de vous retrouver pourraient bien vous redonner un peu de motivation pour reprendre le boulot.

Connaître les obligations de son employeur

Il faut également savoir, si vous craignez un retour au travail trop abrupt, que votre employeur a des obligations. Le retour de congé maternité est en effet encadré par la loi. L’employeur ne peut ni vous licencier ni décompter vos congés payés.

Il doit au contraire vous permettre de retrouver votre poste dans les mêmes conditions de travail, garantir votre évolution salariale malgré votre congé, et même vous laisser la possibilité d’allaiter votre enfant grâce à une heure de pause par jour. Une visite médicale est également prévue.

Enfin, puisque beaucoup de jeunes mères se posent la même question que vous, votre employeur doit vous accorder un entretien professionnel destiné à évoquer la poursuite de votre carrière.

Dans l’éventualité où ces quelques conseils ne vous permettraient pas de prendre une décision, nous vous proposons un modèle de lettre pour demander un renouvellement du congé maternité.

Quelles solutions si vous n’avez pas envie de reprendre le travail après le congé maternité ?

Le congé maladie pour faire face à un problème de santé

Si vous n’avez pas envie de reprendre le travail après un congé maternité, c’est que vous êtes peut-être en proie à une dépression post-partum. Une nouvelle mère sur cinq est confrontée à ce problème de santé.

Ce phénomène n’est donc pas rare, et quand on sait qu’il atteint son pic trois mois après l’accouchement, on comprend mieux pourquoi il est si dur de reprendre le cours de sa vie professionnelle. Consultez un médecin. Il jugera de la pertinence de prendre un congé maladie.

L’aménagement des horaires pour garder du temps avec son enfant

Beaucoup de femmes réduisent leur temps de travail une fois qu’elles deviennent mères. Plutôt que tout arrêter, passer à mi-temps, voire à 80 % en travaillant quatre jours par semaine, peut constituer une solution plus ou moins pérenne.

Le télétravail pour rester davantage à la maison

S’il est impossible de télétravailler sur le long terme et s’occuper d’un enfant en bas âge, le recours au télétravail peut représenter une solution provisoire si l’on arrive à aménager son temps de travail en fonction des besoins de bébé. Mais attention, gare au surmenage !

La reconversion professionnelle pour embrasser une carrière plus en phase avec son nouveau statut de mère

Le grand bouleversement de la naissance vous a poussée à réfléchir à vos envies profondes et à envisager de changer de métier. Pourquoi ne pas demander un changement de poste au sein de votre entreprise plus en adéquation avec votre nouvelle vie de famille ? Pourquoi ne pas reprendre vos études ou passer le concours pour devenir institutrice et bénéficier de vacances élargies ? Pensez au bilan de compétences pour faire le point.

La création d’entreprise pour être libre d’organiser ses journées de travail en fonction de son enfant

L’idée de créer votre entreprise vous a toujours plu ? Ce moment spécial dans la vie d’une femme peut être l’occasion de se lancer. Vous pourriez par exemple travailler pendant les siestes de votre enfant. N’oubliez pas non plus de solliciter le papa qui est tout à fait capable de s’en occuper.

La démission pour profiter de son bébé

Votre décision est prise. Elle est radicale et définitive : vous ne reprendrez pas le travail. Mais est-il possible de démissionner pendant un congé maternité ? Oui, mais si c’est pour élever votre enfant, l’information à votre employeur doit respecter certaines règles. Retrouvez les modalités et lettres types pour démissionner pendant un congé parental.

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